DEUXIÈME PARTIE
et de joindre ces deux ressorts dans la même main. La puissance civile sera pour lors dans son plus grand état de force ' ».
La Constitution civile. — Les philosophes de la Constituante adoptèrent ce programme et le mirent en pratique. La Constitution civile du clergé l'ut destinée dans leur pensée à é[)urer le catholicisme et à le mettre en harmonie avec le nouveau régime. C'était une œuvre définitive dans la pensée des gallicans, chrétiens sincères, qui la votèrent, ce n'était qu'un prélude, (pi'un travail d'approche pour les philosophes, qui joignirent leurs suffrages aux leurs.
Déjà, en refusant de proclamer le catholicisme religion d'Etat, les philosoi)hes de la Constituante avaient réservé l'avenir. Le lo février 1791, ils tirent bon accueil à la pétition des quakers (pii deuiandaient : i" d'être dispensés du service militaire, inconq^atible avec leur religion ;
2° De pouvoir enregistrer leurs naissances, mariages et sépultures d'après leurs propres maximes et que leurs registres lissent foi en justice ;
3*^ D'être dispensés de toute fornude de serment'.
Ils firent meilleur accueil encore au rapport où Durand de Maillane demandait la laïcisation du mariage '■'. Après Varennes enlin, ils conservèrent leur traitement ecclésiastique aux chanoinesses qui se marieraient, ce qui était une atteinte indirecte au célibat ecclésiastique *.
1. Mémoires de l Académie de Nîmes, "/ sér., t. XVI, p. 281, cité par Lévy Schneider, Le Conventionnel Jeanbon-Saint-André, 1901, in-8", p. Sy.
2. Pétition respectueuse des amis de la Société chrétienne appelés quakers, prononcée à l'Assemblée nationale, Jeudi 10 février lygi, iu S . (Bib. nat., Lb3y 4606). Le Président de 1 Assemblée répondit en distinguant les principes religieux des maximes sociales et en assurant les pétitionnaires que leurs demandes seraient soumises à la discussion.
3 Chargé d'examiner les réclamations du comédien Talma contre le curé de Saint-Sulpice qui refusait de célébrer son mariage, pour la seule raison qu'il était comédien, Durand de Maillane avait proposé « que tout mariage fût valable aux yeux de la loi par la seule déclaration qu'en feront les parties, dans la forme même que la loi leur prescrira ». (Voir son rapport à la Bib. nat., Le-9 loia). L'Assemblée lit bon accueil au projet, sans l'adopter formellement. Elle inscrivit toutefois dans la Constitution cette phrase : « La loi ne considère le mariage que comme contrat civil ». Constit. de 1791, titre II, art. 7.