‹ Les origines des cultes révolutionnairesChapitre 6 sur 97 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

d'un même besoin, riimour de la patrie. Avec celle explicalion, l'essentiel dans ces tentatives religieuses n'est plus la lutte contre l'Eglise, mais la défense de la France nouvelle. Je suis sur ce point tout-à-fait d'accord avec M. Aulard, mais je crois qu'il reste un pas de plus à faire, qu'il faut rattacher le mouvement d'où est sorti le culte de la Raison au grand courant des Fédérations et qu'il est possible de déterminer d'une façon plus précise ce qu'il y a d'essentiel et de commun dans tous les cultes révolutionnaires. Oui, c'est l'amour de la patrie qui est la partie vivante de la religion révolutionnaire, M. Aulard a raison de le proclamer, mais un amour de la patrie entendu d'une façon très large, un amour de la patrie qui englobe avec le sol national l'institution politique elle-même.

Les historiens catholiques. — Pour les écrivains catholiques, c'est la haine et non l'amour qui a donné naissance aux cvdtes révolutionnaires, la haine forcenée de l'Eglise catholique.

Grégoire, dans sa confuse, mais précieuse Histoire des Sectes, distingue à peine entre les inventions d'Hébert, de Robespierre, de La Révellière-Lépeaux, il mêle les périodes, classe arbitrairement les faits, ne voulant que mettre en relief la violence de la « persécution ».

M. Jules Sauzay, dans sa grande Histoire de la persécution révolutionnaire dans le Doubs, si solidement documentée, M. Ludovic Sciout, dans ses difï'érents ouvrages^ ne sont pas animés d'un autre esprit.

M. l'abbé Sicard est le premier des écrivains catholiques ([ui soit entré un peu profondément dans l'étude de la religion révolutionnaire, et, à cet égard, son livre A la recherche d'une religion civile ' mérite qu'on s'y arrête. Sans doute, il confond souvent les époques, il généralise et systématise, mais il a bien marqué toute l'importance qu'eurent jusqu'à la fin les fêtes civiques, les « institutions »,

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