‹ Les origines des cultes révolutionnairesChapitre 51 sur 97 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

nationale aura maintenu à ciiacun la liberté entière de suivre et d'inventer telle relij^ion qui lui plaira ; (|uand chacun paiera le culte qu'il voudra suivre et n'en paiera point d'autre, et quand les tribunaux puniront avec rigueur les persécuteurs et les séditieux de tous les partis. Et si des membres de l'Assemblée nationale disent encore que tout le peuple français n'est pas assez mûr pour cette doctrine, il faut leur répondre : cela se peut, mais c'est à vous à nous mûrir par votre conduite, par vos discours et par les lois ». Et pour conclure, il demandait, lui aussi, que les actes de l'état-civil fussent enlevés aux prêtres.

Discussion sur les prêtres à la Législative. — Au moment même où André Chénier écrivait cet article, s'ouvrait à la Législative une longue et orageuse discussion sur les prêtres réfractaires. Pendant plus d'un mois, les partisans de la rigueur et les partisans de la liberté, entrechoquèrent leurs arguments dans une mêlée âpre et confuse '.

Finalement, les Girondins crurent trouver une solution mixte, etle décret du ^9 décembre 1791 ' donna une satisfaction du moins apparente aux deux partis. Pour sauvegarder le principe de la liberté des cultes, tout en autorisant les mesures de coercition, les Girondins avaient eu l'idée d'exiger des prêtres réfractaires, à la place de l'ancien serment de la Constitution civile, le serment civique pur et simple. Si les réfractaires refusaient le nouveau serment, ils seraient frappés non plus comme prêtres, mais comme mauvais citoyens. Rousseau n'avait-il pas démontré dans le Contrat social que la Société avait le droit de rejeter ceux de ses membres qui refuseraient de reconnaître ses lois fondamentales? En refusant de souscrire le pacte social, les réfractaires se mettraient

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