Moniteur, réimp., t. X, p. 189, Séance du 21 octobre
3. Le Moniteur dit Huret. Il y avait deux Huguet, l'un député de la Creuse, l'autre des Ardennes. Voir Kuscinski, Len députée à V Assemblée Législative, 1900, in-8°.
DEUXIKMK l'A RI IF. 9I
autre chose que l'exercice des vertus sociales ; pour le particulier ({ui les professe, elle est son opinion, son temple est dans son cœur, son culte est son préjugé, la liberté en est le prêtre '. »
Ducos réclama la laïcité complète de l'Etat : « Séparez de ce qui concerne l'Etat tout ce (|ui concerne la religion : assimilez la manifestation des opinions religieuses à la manifestation de toutes les autfes : assimilez les assemblées religieuses à toutes les autres réunions de citoyens ; que toutes les sectes aient la liberté de choisir un évêque ou un iriian, un ministre ou un rabbin, comme les sociétés populaires, par exemple, ont la liberté d'élire dans leur sein un président et des secrétaires: (|ue la loi s'adresse toujours au citoyen et jamais au sectateur d'une religion quelconque ; entin, que l'existence civile et politique soit absolument indépendante de l'existence religieuse -. »
Lequinio soutint que tous les cultes, au fond, se valaient et sembla les renvoyer dos à dos. Il rappela que, « dans toutes les religions, la multitude a toujours été victime de son ignorance et que des Ilots de sang ont coulé, que des millions d'hommes se sont déchirés parce qu'ils ne s'entendaient pas ^ ». Son discours parut si hardi que des miu'uuu'es l'interrompirent. Sans doute, les députés ne voulaient pas encore avoir l'air devant le pays d'approuver la campagne antireligieuse. Mais, en dépit de leurs réserves calculées, ils laissaient percer de plus en plus leurs véritables opinions.
Deux jours après, dans un vigoureux discours, Ramond lit le procès à la Constitution civile, « au nom de la philosophie ».
A la logique des orateurs a philosophes », les évèques et prêtres députés n'avaient rien à répondre. Audrein, l'un d'eux, se bornait à demander à l'Assemblée d'écarter