‹ Les origines des cultes révolutionnairesChapitre 56 sur 97 · Monitpw* réimp., t. X, p. 227, Séance du 27 oclojjre · texte numérisé non relu

Monitpw* réimp., t. X, p. 227, Séance du 27 oclojjre

92 LES OKiaiNKS DKS CL'I.TES UEVOLUÏIONNAIUES

la reli.y:ioii de ses débats et de « reconnaître les services rendus à la Révolution par les prêtres assermentés » '. Prenant texte de l'annonce de la démission récente du métropolitain de Rouen, il lit craindre aux patriotes d'autres démissions de prêtres assermentés. Si le mouvement se jiçénéralisait, que deviendrait la Révolution ? En un mot, il eut Fair de plaider pour la Constitution civile les circonstances atténuantes. Il invoqua en sa faveur des raisons politiques, il ne prit pas corps à corps l'argumentation de ses adversaires.

Le fougueux Fauchet, qui parut plusieurs fois à la tribune, ne lit pas autre chose. Il prononça une véhémente philippique contre les réfractaires, qui « voudraient nager dans le sang des patriotes ' », qui « travaillent à renverser l'éditice des lois », et il réclama la suppression de leurs pensions. Mais il n'essaya pas de répondre aux partisans de la laïcité de l'Etal.

Les autres évêques constitutionnels qui prirent la parole, Torné, Bertrand, etc., tout en désavouant la plupart le langage intolérant de leur collègue Fauchet, imitèrent son silence sur la question brûlante. Avec Audrein, ils estimaient, sans doute, que la Religion n'aurait rien eu à gagner à cette controverse. Sans provoquer leur riposte, Gensonné put, à son tour, dénoncer la Constitution civile, cette erreur politique qui troublait le royaume et mettait la Révolution en danger. « Séparons, disait-il, de la religion tout ce qui tient à l'ordre civil, et lorsque les ministres du culte, que la nation salarie, seront réduits à des fonctions purement religieuses, lorsqu'ils ne seront plus chargés des registres publics, de l'enseignement et des liôpitaux, lorsqu'ils ne seront plus dépositaires des secours que la nation destine à l'humanité souffrante , lorsque vous aurez détruit ces corporations religieuses de prêtres séculiers, absolument inutiles,

I. Moniteur, réimp., t. X, p. 28^, Séance du 3 novembre, a. Moniteur, réimp . t. X, p. 21S, Séance du afi f)ctobre.

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et cette nuée de sœurs grises, qui s'occupent moins de soulag-er les malades que de répandre le poison du tanatisme, alors, les prêtres n'étant plus fonctionnaires publics, vous pourrez adoucir la rigueur des lois relatives au serment ecclésiastique... ' » Ce n'étaient pas là des conceptions à longue échéance, des menaces vaines, — Gensonné proposait par décret de charger le Comité de h'gislation de présenter le plus tôt possible un projet de h)i sur « les moyens de constater civilement les naissances, décès et mariages », et un autre projet de loi sur la suppression des dernières corporations relig^ieuses. Il demandait enfin la nomination d'une commission de douze membres, pour s'occuper « de l'examen et de la révision des lois faites par le corps constituant sur l'organisation civile du clergé... »

L'Assemblée entra dans les vues de Gensonné : elle ordonna l'impression de son projet de décret, et charg^ea son Comité de législation de lui présenter un rapport sous huitaine.

Le Comité s'exécuta le i4 novembre. Le projet de décret qu'il présenta fit leur part aux réclamations des partisans de la laïcité, dans son article III, ainsi conçu : « Il sera incessamment fait une loi pour régler la manière de constater les actes de naissance, mariage et sépulture ». Le projet, cependant, fut mal accueilli, parce qu'il ne proposait que des mesures anodines contre les réfractaires. Isnard.dans un de ses beaux mouvements oratoires, proposa des mesures nouvelles. Son discours improvisé est peut-être le plus important de cette discussion, non seulement parce qu'il laisse percer à plusieurs moments l'arrière-pensée des philosophes, mais encore parce qu'il eut sur les événements une intluence décisive.

Le discours d' Isnard du 14 novembre. — Pour justifier les mesures d'exception qu'il jugeait indispensables contre les réfractaires, Isnard posa la question sur un terrain nouveau. Jusque-là, le débat avait porté tout entier sur ce dilemme

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