‹ Les origines des cultes révolutionnairesChapitre 7 sur 97 · I. iSp"), in · texte numérisé non relu

I. iSp"), in

lO LES ORIGINES DES CULTES REVOLUTIONNAIRES

aux yeux des révolutionnaires de tous les partis, et il a montré avec beaucoup de force que le but qu'ils se proposaient n'était pas lant de détruire le catholicisme que de le remplacer, qu'ils eurent l'ambition de régénérer l'àme française, de la refondre par des institutions dans un moule nouveau. Non sans intelligence, il a essayé d'analyser cet idéal commun à tous les révolutionnaires, de déterminer les dogmes de la religion civile qu'ils s'elforcèrent d'instituer, de décrire ses rites, ses cérémonies^ ses symboles. Mais s'il a bien mis en lumière le côté positif de la religion révolulioimaire, il la considère lui aussi comme une création arliticielle des politiques. Il n'a vu ni son origine spontanée, ni son caractère mystique, ni sa vie même. En un mot, la religion révolutionnaire n'est pas à ses yeux véritaJjlement une religion.

Caractères du fait religieux. Définition de M. Durkheim. — Qu'est-ce donc qu'une religion ' ? A quels signes reconnait-on les phénomènes religieux et retrouvons-nous ces signes dans les diverses manifestations de la foi révolutionnaire ?

Dans un remarquable mémoire paru dans V Année Sociologique-, M. Emile Durkheim a détini d'une façon très originale et avec des arguments très solides, à mon sens, ce qu'il faut entendre par religion et faits religieux.

L'idée du surnaturel, explique-t-il tout d'abord, la croyance en Dieu n'ont pas eu dans les manifestations de la vie religieuse le rôle prépondérant (ju'on leur accorde

1. Il est bien entendu que nous n'envisageons ici le phénomène religieux qu'en tant que phénomène social, et que nous laissons de côté la « religion intérieure », sentiment individuel, conception chère à beaucoup de protestants.

2. Sous ce titre : De la définition des phénomènes religieux. Année .tociologiqnc, t. II, Paris 1899, in-8.

Page 1