‹ Les origines des cultes révolutionnairesChapitre 60 sur 97 · I. Moniteur, réimp., t. X, p. 434, Séance du 21 novembre · texte numérisé non relu

I. Moniteur, réimp., t. X, p. 434, Séance du 21 novembre

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sociale ». Que les philosophes prennent garde. S'ils

placent le peuple entre la Religion et la Constitution, son choix n'est pas douteux ! Mais la Constitution elle-même n'est-elle pas sortie directement « de ce grand et immortel ouvrage qu'on appelle l'Evangile ? » Les prêtres constitutionnels ont toujours enseigné au peuple l'amour de la Constitution : « Si vous leur ôtez le titre qu'ils ont si bien mérité, si vous leur ôtez cette arme bien plus puissante que les baïonnettes , vous compromettez la trancjuillité publique, vous licenciez tout à coup la plus grande force qui •a g-ai^anti la Révolutioji ' ».

Le discours de Lamourette lit une grande impression. Faisant trêve à leurs secrets désirs, bon nombre de philosophes se rallièrent à la proposition d'Albitte et ajournèrent pour d'autres temps la révision et la suppression du culte ofticiel. En vain, Gohier essaya de répondre à Lamourette : « Je réponds que si quelque chose est dangereux, c'est de l'aire des lois qui présentent au peuple des idées vagues et des principes arbitraires. Je réponds que corriger une épreuve, ce n'est pas rétrograder, mais aAancer à grands pas dans la carrière de la Législation. Il n'y a plus de corporation du clergé, il n'y a donc plus de Constitution civile du clergé ; il ne doit donc plus y avoir de serment particulier pour les prêtres... » Gohier fut applaudi, l'Assemblée ordonna l'impression de son discours, comme elle avait ordonné Timpression du discours de Lamourette. Mais Cambon, d'un mot bref, trancha le débat : o Vous allez mettre le feu dans le royaume. La Constitution est perdue, tout est annulé ! » Un grand tumulte s'éleva. Merlin et A'ergniaud approuvèrent l'observation de Cambon : « Vous perdez les prêtres assermentés, sans espoir de regagner les autres », dit le premier, et le second ajouta : a II n'est pas question de raisonner sur les principes et je ne crois pas qu'il s'élève dans la raison d'aucun de nous aucun

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