‹ Les origines des cultes révolutionnairesChapitre 61 sur 97 · DEUXIEME PARTIE lOI · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE lOI

nuage à leur égard. ^lais il s'élève une grande question de fait, c'est de savoir si l'application actuelle du principe ne serait pas une occasion donnée au fanatisme de secouer ses torches'... » La Législative se rangea à cet avis et la réforme de la Constitution civile du clergé fut « indéfiniment » ajournée.

Les jours suivants, les philosophes lancèrent encore quelques attaques à la Constitution civile et même à la Religion. Le 24 novembre, Guadet, répliquant à Lamourette, s'écriait : « Ce n'est pas aux yeux de la théologie qu'il faut examiner cette question [de savoir si le culte des assermentés est le même que celui des réfractaires], c'est aux yeux de la philosophie et de la raison, car la théologie passera et la raison est éternelle -. » La phrase était applaudie à plusieurs reprises. ^Nlais comprenant enfin le danger de cette discussion qui durait depuis trop longtemps, l'Assemblée clôtura brusquement le débat, le 29 novembre 1791.

Les résultats. La pj^opagande civique. — Ce grand débat n'en eut pas moins une portée considérable. D'abord il était apparu très clairement que la Constitution civile du clergé n'était plus maintenue que provisoirement, faute de mieux, par simple nécessité politique. La question de la laïcité de l'État avait été posée devant le pays, et si la Législative ne l'avait pas résolue de suite, ce n'était pas qu'elle fût hostile au principe, mais qu'elle tenait seulement son application pour prématurée.

L'œuvre religieuse de la Constituante était donc condamnée. Mais avant de la détruire, la Législative pensait à la remplacer. Puisque le clergé constitutionnel s'était

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