‹ Les origines des cultes révolutionnairesChapitre 8 sur 97 · PREMIERE PARTIE II · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE II

d'ordinaire. Il y a, on effet, des relig^ions comme le l)oiulhisme, le jaïnisme, qui ofl'rent aux hommes un idéal loul humain. L'idée de Dieu esl bannie de leurs dogmes essentiels. Dans les cultes tolémiques, ro])jel de l'adoration est une espèce animale ou véi<élale. Dans les cultes agraires, c'est sur une chose matérielle, sur la végétation par exemple, (|ue s'exerce directement l'action religieuse, sans l'intervention d'un principe intermédiaire ou supérieur. M. Durkheim tire de ces faits cette conclusion que « loin d'être ce qu'il y a de fondamental dans la vie religieuse, la notion de la divinité n'en est en réalité qu'un épisode secondaire ' ».

C'est par leur forme et non par leur contenu ([u'on reconnaît les phénomènes religieux. Peu importe l'ohjel sur lequel ils s"aj)pli(|uenl, <|ue cet objet soit une chose, une notion de l'esprit, une aspiration surnaturelle, « on appelle phénomènes religieux les croyances obligatoires, ainsi que les pratiques relatives aux objets donnés dans ces croyances ' ». Croyance obligatoire pour tous les membres du groupe, voilà le premier caractère du fait religieux ; pratiques extérieures également obligatoires ou culte, tel est le second caractère. « Les croyances communes de toute sorte, relatives à des objets laïques en apparence, tels que le drapeau, la patrie, telle forme d'organisation politique, tel héros ou tel événement historique, etc., sont obligatoires en quelque sens et par cela seul qu'elles sont communes, car la communauté ne tolère pas sans résistance (ju'on les nie ouvertement... Elles sont dans une certaine mesure indiscernables des croyances proprement religieuses. La patrie, la Révolution française, Jeanne d'Arc sont pour nous des choses sacrées, auxquelles nous ne permettons pas qu'on touche'. »

Il est vrai que pour former une religion véritable, ces

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