‹ Les origines des cultes révolutionnairesChapitre 70 sur 97 · I. Réimp., t. XII, p · texte numérisé non relu

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liques s'embrassaient à la fête d'inaug-uration du buste de Mirabeau '. Thévenet, curé de Salagnon, près Bourgoin (Isère), protestait dans le journal contre l'emploi de la langue latine dans le culte, et son confrère Dupuis, curé de Droyes, imitait son exemple \

Les Révolutions de Paris vitupéraient sans relâche contre la «corporation des théopliages ». Dans leur numéro 144 ^ elles citaient avec éloge, comme un exemple à suivre, la conduite philosophique des habitants de Vaudreuil, près d'Epernay, qui, après la suppression de leur paroisse, s'étaient assemblés et avaient nommé curé l'un d'eux, un manouvrier du nom de Pierre Bonnet, Dans un numéro suivant ', elles donnaient à un article anticlérical cette conclusion : « Pourquoi ne pas le dire ? n'en est-il pas bien temps ? Tout prêtre est sot ou fourbe, il n'y a point d'intermédiaire ». Il était difficile de déclarer au clerg-é, à tout le clergé, une guerre plus implacable.

La Fête-Dieu à Paris en ijQ'2. — Encourag-é par l'attitude de la Législative, par les nouvelles venues des départements et par le ton de la presse, P. Manuel résolut de frapper un grand coup le jour de la Fête-Dieu. Sur son réquisitoire, la municipalité parisienne prit, le ie> juin 1792, un arrêté destiné à enlever à l'Eglise constitutionnelle le caractère officiel dont elle était encore revêtue \ Jusque-là, les autorités, escortées de la garde nationale, avaient figuré au premier rang des cortèges religieux, les jours de grandes fêtes. Désormais, les autorités s'abstiendraient d'y paraître en corps. Les citoyens ne seraient plus forcés de tendre ou de tapisser l'extérieur de leurs maisons, « cette dépense devant être purement volontaire et ne devant gêner en aucune manière la

i. Feuille Villageoise du jeudi 3 mai 1792, article sur « les progrès de la tolérance ».

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