DEUXIÈME PARTIE
ensemble, point de serments jurés entre les mains des mis des autres en signe d'union, en signe d'égalilé, en témoignage, en garantie d'une sincère et éternelle fraternité. ' o La Religion nationale existe, il n'y a qu'à la perfectionner et qu'à la compléter. Il faudra tout d'abord la dégager de l'alliage impur des autres religions, la rendre tout à fail laïque : « Cet autel, au haut duquel vous hissez le prêtre romain avec son diacre, son sous-diacre, et toute sa suite de lévites en tuniques et en aubes, pour y inesser \ nous appelons cela l'autel de la Patrie. Quoi ! La France est donc un pays d'obédience et totalement sous la dépendance du Pontife romain, de ses cardinaux et de ses prélats ! ' » Arrière donc le prêtre ! Les cérémonies civiques seront présidées à l'avenir par le magistrat, ou le vieillard le plus vénérable, par le patriarche de la cité, qui ouvrira la cérémonie par une antique à la Liberté recouvrée. La jeunesse chantera ensuite le respect dû à la famille et à la cité. Des orateurs liront au peuple l'histoire des événements mémorables qui ont fondé la Liberté. Ainsi, la Nation aura aussi son culte, sa bannière, une bannière sous laquelle tous les Français, sans distinction de culte, viendront se ranger ! Le culte national, De Moy l'espère bien, remplacera peu à peu tous les autres. « Les faquirs et les bonzes, cette nuée d'individus stériles et hypocrites, avares et malfaisants » disparaîtront enfin devant la Philosophie et la Raison, et la régénération sera accomplie !
La portée du livre de De Moy fut considérable '.
2. Isnard avait déjà employé ce néologisme. Voir plus haut, p. 94.