‹ Les origines des cultes révolutionnairesChapitre 78 sur 97 · I. Dans leur numéro i35, p. 277 et suiv · texte numérisé non relu

I. Dans leur numéro i35, p. 277 et suiv

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Le rapport de Français {de Nantes) du 26' avril ryga. — Le 26 avril 1792, Français (de Nantes), au nom du Comité des Douze, donna lecture d'un grand rapport sur les moyens de ramener la tran({uillilc dans l'intérieur du royaume '. Esquissant à sa manière l'histoire des religions, il dénonça les crimes des prêtres, ({ui avaient altéré la belle simplicité du culte des premiers honnnes, pour asservir et abrutir le peuple : « Nous sommes arrivés au point oîi il faut que l'Etat soit écrasé par cette faction, ou que cette faction soit écrasée par l'Etat...)) Mais coriiment écraser les réfractaires ? On leur interdira d'abord l'usage du confessionnal, puis on les internera au chef-lieu du département, et entin on les déportera. Seuls, les prêtres constitutionnels pourront dorénavant enseigner le peuple dans la chaire publique et dans la chaire secrète. Est-ce à dire qu'il faudra se borner à faire triompher ces derniers? Français (de Nantes) ne le pense pas. Les prêtres constitutionnels, malgré tout, sont des prêtres. Ils auraient grand besoin de se réformer eux-mêmes, et Français (de Nantes) veut espérer qu' « un jour, délivrés de leurs adversaires, environnés de plus de lumières et de moins de périls, ils diront avec Thomas Paine : a Tous les cultes qui rendent les hommes bons, sonf bons ». Autrement dit, il les voit déjà rejeter le catholicisme pour adhérer à la religion naturelle. Les applaudissements unanimes de l'Assemblée et des tribunes qui saluèrent ce vœu montrèrent qu'il était partagé par la plupart des patriotes.

Mais Français (de Nantes) ne compte pas seulement sur les bons prêtres pour ramener le peuple à la Constitution, il propose toute une série d'autres remèdes. Il voudrait qu'une fois par mois, la Législative adressât ofTiciellement aux citoyens des instructions, des conseils et

1. Le rapport est publié in-extenso dans le Moniteur du 28 avril 1792, réimp., t. XII, p. 229 et suiv.

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des monitoires. Ainsi, les Lég-islateurs deviendraient aussi les « précepteurs du peuple ». Leurs instructions périodiques sellaient lues avec avidité dans toutes les communes, dans loules les écoles, dans tous les clubs. Elles serviraient de point de ralliement à la divergence des opinions, et de contre-poison aux productions de l'esprit de parti. » En même temps, on obligerait les municipalités « à rassembler leurs concitoyens tous les dimanches à la maison commune, pour leur lire les lois qui auront été décrétées durant la semaine et leur donner des instructions relatives à la situation des afïaires en général, et à leur position en particulier ». — N'était-ce pas tracer six ans d'avance le programme des réunions décadaires du Directoire ?

Le rapport de Français (de Nantes) fut accueilli par une (( acclamation unanime », et l'Assemblée en ordonna l'envoi aux quatre-vingt-trois départements *.

Nouveau débat sur les réfractaires . — Le i5 mai, la discussion s'ouvrit sur le projet de décret qu'il avait présenté au nom du Comité des Douze. Isnard déplora, une fois de plus, l'erreur de la Constitution civile du clergé, il dénonça les intrigues et les trahisons de la Cour, et conclut, comme Français, en demandant la déportation des réfractaires. Le lendemain, Lecointe-Puyraveau, A^'ergniaud, venaient de conclure dans le même sens, quand le curé de Saint-Laurent, De Moy. monta à son tour à la tribune ". Alors que les précédents orateurs n'avaient regretté l'erreur de la Constitution civile qu'en passant et sans y insister, De Moy en lit le centre de son discours. Avec une grande force, il montra que la Constitution civile était en contradiction formelle avec la Déclaration des Droits, puisqu'elle créait en France un clergé privilégié. « Autrefois, s'écriait-il, on poursuivait comme hérétique, ou au moins comme schismatique, quiconque

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