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croyances obligatoires devront être étroitement liées à des pratiques régulières correspondantes.
Ainsi M. Durkheim considère la religion comme un fait social qui n'a rien de mystérieux. Le fait religieux est de toutes les époques et de toutes les civilisations. Il se manifeste dans les sociétés en apparence les plus incrédules, les plus irréligieuses. Il a pour origine, non des sentiments individuels, mais des états de Fàme collective et il varie comme ces états'. Étant essentiellement humain, le fait religieux est éternel. Il durera aussi longtemps qu'il y aura des hommes. C'est la société qui prescrit au fidèle les dogmes qu'il doit croire et les rites qu'il doit observer. «Rites et dogmes sont son œuvre' ». La notion du sacré est d'origine sociale. A l'étudier de près, on voit qu'elle n'est (( qu'un prolongement des institutions publiques ' » .
Autres caractères du fait religieux. — A cette définition, que je fais mienne, j'ajouterai quelques traits. Le j)hénomène religieux s'accompagne toujours, dans sa période de formation, d'une surexcitation générale de la sensibilité, d'une vive appétition > ers le bonheur. Presque immédiatement aussi, les croyances religieuses se concrétisent dans des objets matériels, dans des symboles, qui sont à la fois des signes de ralliement pour les croyants et des sortes de talismans, en lesquels ils placent leurs espérances les plus intimes et que par conséquent ils ne souffrent pas qu'on méprise ou qu'on méconnaisse. Très souvent encore, les croyants, surtout les néophytes, sont animés d'une rage destructrice contre les sym])oles des autres cultes. Très souvent enfin, ils mettent en interdit, (juand ils le peuvent, tous ceux qui ne i)artagent pas leur foi, (|ui n'adorent pas leurs symboles, et ils les frappent, pour ce seul crime, de peines spéciales, ils les mettent hors la loi de la communauté dont ils font partie.