‹ Les origines du chant romain; l'Antiphonaire grégorienChapitre 13 sur 65 · A. B. iiSy 3o. A. Sai · texte numérisé non relu

A. B. iiSy 3o. A. Sai

28 A. B. iEn>2

^^pg^^^N^^gjiPP'^^PP^^gHjj

L'e.xamen de ces transcriptions, rigoureusement faites sur les originaux, ne fait que confirmer la préexistence des formes rjahmiques très libres déjà constatées plus haut ; dans les formules de cantillation recueillies par Munster et Kircher, la division du temps se révèle — quoique rare — plus fréquemment que dans les formules plus anciennes notées à la fin du moyen âge. C'est, on nous permettra de le dire, une constatation précieuse, pour la tradition religieuse dans la musique médiévale ; et quant à ces mélodies en elles-mêmes, elles sont bien un anneau de la « chaîne de la tradition » en matière de chant, pour employer un langage talmudique.

La tonalité de ces formules, appliquées surtout aux psaumes, appelle d'intéressantes remarques : elle est analogue aux tons ecclésiastiques 2"^ (protus plagal) et 5" (tritus) ;or, ces tons sont ceux des trois quarts des répons-graduels de la liturgie romaine, ces extraits de psaumes qui nous viennent précisément en ligne droite de la synagogue (i).

Ces formules se réfèrent à ces gammes (2) :

(magen aboth)

OU transposé en ut

En y joignant deux autres gammes usitées dans les chants juifs, nous aurons le système tonal général de la synagogue:

Mais cette dernière gamme est une échelle moderne, employée surtout par les juifs de Palestine (3).

Tel est, dans l'état des recherches actuelles, ce que nous savons de plus précis et de meilleur sur l'ancienne tradition cantorale de la synagogue (4).

Page 1