ÉCOLES MESSINE ET ALLEMANDE
Afin d'éviter toute confusion, remarquons d'abord que le système d'écriture musicale désigné sous le nom de messin, étant une modification du système neumatique primitif, n'a pu se produire dès le commencement de l'école messine, dont l'importance date du temps de Charlemagne, avec les livres envoyés par le pape Adrien.
Les plus anciens manuscrits qui, à notre connaissance, peuvent être rattachés à cette école sont :
Pour la messe :
Paris (Bibl. Nat., lat. 9448). fin du x« siècle
[Origine : Prum.] Paris (Bibl. Nat., lat. io5 10). fin du xe —
[Origine : Echternach.] Munich (14083). xi^- —
Munich (14322). première moitié du xi"-' —
[Ces deux mss. sont originaires de St-Emmeran de Ratisbonne.]
Soit quatre manuscrits, auxquels on ajoutera le rituel-sacramentaire de Worms ou de Spire (Paris, Bibl. de l'Arsenal, (Jio), du ix° siècle, pour l'ancienne notation ; et, pour la notation dite tyiessinc :
Laon (239). x>-- siècle
Troyes (?22). xc —
Pour l'office :
Metz (80). xi« —
2D4 '-tS ORIGINES DU CHANT ROMAIN
Il est fort remarquable que ces manuscrits se rattachent plutôt à l'école française et à recelé italienne ; c'est seulement dans les plus récents que l'influence de Saint-Gall se fait sentir, autant du moins que nous avons pu en juger par ceux qu'il nous a été loisible d'étudier; aussi ne citons-nous pas ces derniers.
ÉCOLE SANGAI.LIENNE.
Cette école fameuse, qui peut sortir soit de l'ccoie messine, soit de l'école italienne, a la bonne fortune de posséder un manuscrit noté du ix« siècle : le 359, '^^ '^ bibliothèque de Saint-Gall. On a même, pendant longtemps, à la faveur de légendes que nous ne rencontrons pas dans les documents les plus anciens, supposé que ce livre avait été apporté à cette abba3'e par un chantre romain, à la fin du vin" siècle.
Ce manuscrit, toutefois, n'est pas un recueil complet, mais seulement un canlatorium, extrait ne contenant que les graduels, traits et alléluias. Il prouve que, dès la seconde moitié du ix' siècle, l'école de Saint-Gall cultivait ces embellissements de la mélodie, qui donnait à son chant cette grande dissemblance avec le vrai chant romain, signalée à la même époque par les chroniqueurs de Saint-Gall. En particulier, les sangalliens affectent de remplacer la note médiane du scaiidicus par le signe du salicits ou du quilisma. Le torculus y est souvent remplacé par le Irigou, et les notes instables y apparaissent bien plus fréquentes que dans les manuscrits des autres écoles. Mais l'ensemble de la ligne iTthmique et des groupements 3' est très pur.
Ces manuscrits contiennent, pour l'interprétation, les précieuses indications des lettres signijicath'es et des signes appelés à tort romanieus, dont il ne faut pas cependant exagérer la portée. (Voir p. 1 98 et s.)
Les meilleurs livres de cette école sont, pour la messe :
St-Gall (n» 339). xc-xiu siècle
St-Gall (n° 340). xic —
St-Gall (n" 376). XI" —
Kinsiedeln (no 121). m'' —
et, pour l'ofiice, le célèbre antiphonaire de Hartkcr, même bibliothèque, n"" 390-391, x'^-xi"' siècle.
Le 339 est préférable aux autres par le soin avec lequel il est écrit, et qui le rapproche des manuscrits parisiens ; il a conservé dans les chants du 3*= ton et certaines formules du 8°, le si comme dominante au lieu de Vut plus récent, mais il ne donne pas tout au long les formules vocalisées des graduels et des alléluias.
Le 339, le 390-391 de Saint-Gall et le 121 d'EinsicdcIn ont été publiés par la Paléographie musicale. En se reportant à ces reproductions photographiques, on se rendra compte facilement des conclusions mal
fondées des mensuralistes, qui ont été jusqu'à prendre le même signe dans plusieurs acceptions très différentes, ou l'ont reproduit avec des modifications faites de leur propre autorité (i).