‹ Les origines du chant romain; l'Antiphonaire grégorienChapitre 51 sur 65 · II. — Le livre des antiennes et des répons · texte numérisé non relu

II. — Le livre des antiennes et des répons

§ I. — L'AVENT (l).

On nomme ainsi, du mot latin Adventiis, les semaines qui se présentent avant la célébration de la fête de Noël : nous avons déjà vu l'antiquité de cette célébration (2).

L'antiphonaire grégorien s'ouvre par les chants de la messe du IV" dimanche avant Noël, nommé depuis : I" dimanche de l'Avent. Quelques critiques ont fait une difficulté de ce que les sacramentaires romains les plus anciens font commencer ce temps liturgique cinq semaines avant Noël ; mais il faut remarquer que leur cinquième dimanche avant Noël

(i) On pourra s'en tenir, pour les mélodies, aux éditions de Solesmes, quant à la liturgie actuelle {Liber Gradualis, 2' édition, 1S95). Elles reproduisent les manuscrits les meilleurs, sauf en quelques détails modifiés déjà au xi« siècle, comme la note ut substituée à si dans quelques formules des troisième et huitième tons ecclésiastiques : ainsi, à l'introït DiU-xisti, mentionné plus bas, il faut, pour avoir la physionomie originale de la mélodie, mettre si à la place d'ut aux syllabes [dile] xi [sti iusti] tiam et 0 [disti, etc.]. Quelques mots ont aussi été victimes des injures du temps ou de corrections malheureuses, et par conséquent la mélodie qui les revêtait : . ces cas sont cependant très rares; ainsi, à l'ofrertoire du prcmierdimanche del'Avent, il faut restituer aux premiers mots : /lii /e Domine Icvavi. Ces détails seront en général remis en l'état premier dans l'Edition Vaticane officielle en cours de publication. 11 faut noter aussi que les offertoires étaient autrefois pourvus de versets disparus de la liturgie, et qui n'ont pas encore été édités.

(2) Page 237.

n'est pas autre que le dernier après la l^entecote. ou le Ji manche après saint Martin des autres livres. Le collecteur de l'antiphonaire a donc parfaitement bien fait de commencer l'Avent par les chants du quatrième dimanche avant Noël.

Ce collecteur n'a pu ëlre que saint Grégoiiele Grand ou quelqu'un qui a travaillé sous son inspiration, pour les raisons déjà exprimées (voyez surtout page 237).

Nous considérons donc comme formant incontestablement le recueil giégoricn, aux messes du temps de IWvent :

1° Les introïts, répons-graduels, oiVertoires (i) et communions des quatrième, troisième, deuxième (2) dimanches avant Noèl (premier, deuxième et troisième dimanche de l'Avent) ; des mercredi, vendredi et samedi desQuatre-Temps, de la vigile de Noël (3); l'introït (4), le répons (41 et la communion (4) de la fête de sainte Lucie, placée entre le deuxième et le troisième dimanche (l'offertoire Offerenlur iisx emprunté à la station ad sanctam Mariam du premier janvier).

2° Les versets alléluiatiques Ostende et Excita, tous deux adaptés à des formules préexistantes; on les employait à volonté aux diverses messes (5).

(1) L'ofTertoiic AJ IcDotninc a été publié avec ses versets par Dom Polhier, liev.du ch. grùi;., Vlll" année, p. .(g.

{2) Lesplus anciens mss. non notés termi^ient ainsi 1 offertoire de ce dimanche : Averlisti caf'livitalem plebi tuae. Verset : Opt-niisti... i'ani tuam, ifinisisti iiii.juil.Ttem flebi tuae. Ceux qui ont la notation : avertisti captiv. Jacob, remis, ini.]. picb. t. Verset : Operuisli... iram tuam, et reprise de remisisti.

(3) L'antienne d'offertoire delà vigile s'arrêtait aux mois principes i>estr,is ; ce qui suit formait le premier verset après lequel on reprenait 1 antienne. L'antienne et ce verset sont chantés de suite dés le x' siècle.

(.) ) Dilexisti ; dilexisli ; Jiffux.i est ; les deux premiers textes ont été depuis placés au Commun des vierges, où on les trouvera ; le dernier à la léte de sainte Anne, quoique inc niplei ; on le trouvera dans une étude de Oom Pothier, Rev. du cit. f:rig., II« année. n° i 2.

(5) Pièces ajoutées : verset alléluiatique Laet.^tus sum, emprunté à la série des alléluias de circula aivii (voir plus loin).

La messe tout entière du dimanche après Icî Quatre-Temps. Cette messe a commencé à être en usage dans diverses églises particulières, et a compris divers chants :

." vin« siècle; comme le samedi précédent, avec le seul graduel .1 suiiimo coclo (missel de Uheinau).

2" IX'' siècle : introït Rorjte, du mercredi précédent, ou A/e»isn(o {inédit', compositio.n nolvei. le donnée avec d'assez nombreuses variantes par les mss., au contraire des chants proprement grégoriens ; gradoel Prope est, du mercredi ; allcluia Jubilate (de circule anni) ou Mémento noslri, adapté à la mélodie d'Os/eii Je ; offertoire Ave Maria, emprunté ù 1 Annonciation (quelques mss. n'ont pas la phrase ùominus tecum) ; communion, Ecce vir^'o

3° X' siècle : alléluia \''eni Domine, adapté à Adducciitur régi ; ce verset se terminait primitivement à plebi tuae.

.^" Enfin, la messe romiine en usage comprend liorale ; l'rope est : l'eni Domine ; Ave Maria ; Ecce virgo.

x" siècle : alléluia Crasiina die de la vigile de Noèl. adapté sur des mélodies préexistantes, variables suivant les églises.

l.E KKlF.RTOlRi; GUÉGOKIhN 2 5o

Le TEMl'S DE NoEI..

Le jour de Noël comporte la célébration de trois messes solennelles: il! primo galli canlii, iii primo manc (ou mane prima), in die. A Milan, il n'y a qu'une messe ; l'usage de célébrer plusieurs messes solennelles à certaines fêtes à cause de l'affluence des fidèles était couramment en usage à Rome au v'^ siècle ( i ). On lit encore à l'office de la nuit de Noël un sermon de saint Grégoire le Grand mentionnant les trois messes de la fête, raison pour laquelle il est obligé de raccourcir son homélie sur la leçon de l'Evangile lue à cet office : Quia., largieiile Domino, missarum solemnia 1er hodie celcbratiiri siimus, loqiii diii de erangelica lectione non possumus. (Brev. Rom.jadlII" noct.)

Au répertoire grégorien appartiennent les messes et chants propres des fêtes suivantes du cycle de Noël, sauf les exceptions indiquées :

NoEi, : première messe (l'alleluia Dominus dixit est sur le ton d'Osleiide); seconde messe (l'alleluia est emprunté à la série dominicale primitive (2); troisième messe (3).

Saint Etienne (c. c. ; s. l.) (4), sauf l'olfertoire, qui était primitivement/// virtule (ou dans certains manuscrits Gloria et honore), tous deux passés au Commun des saints (5).

SaintJEAN(c. c; s. l.) deuxmesses: inprima missa ; in secundamissa. Les chants de la première comprennent l'introït Ego aulem; le répons Jusliis ut palma, passés au Commun des saints ; l'offertoire Gloria et honore et la communion Magna, empruntés à la vigile de saint Jean Baptiste. Seconde messe, la messe actuelle, sauf le répons-graduel : Domine, praevenisti, passé au Commun (6) ; l'offertoire Juslus ul palma est emprunté à la fête de saint Jean Baptiste.

Saints Innocents (c. c. ; s. l.?1, sauf le trait et l'alleluia; l'antiphonaire grégorien portait cette rubrique : Gloria in exeelsis non eanilur neque Alléluia, sed quasi p}-ae Irislilia dies ille deducitur (7).

(i) Texte de saint Léon, cité page 236, note 4.

(2 L'offertoire de cette messe l'ait aussi partie, à Milan, du cycle dominical primitif.

(3) C'est sur la mélodie de l'alleluia de cette messe, seul alléluia original du jour, qu'on chante les versets correspondants des fêtes qui suivent : saints Etienne, lean, Innocents, Syhesire, TEpiphanie, etc.

(4) Nous indiquons par D. M., C. C , ou S. L., les saints dont on trouve la mémoire soit dans la Deposilio mjrtyruiii, soit le Calendrier de Carthage, ou le Sacrameniaire Léonien ; v. page 2 18.

(5) Addition : .x"^ siècle, offertoire Elegerutit (nombreuses variantes), resté en usage.

(61 Addition : x" siècle, graduel E.ïi// sermo (variantes de texte), resté en usage : cf. Rassegra gregoriana, (Rome) année 1905, col. 57, article de Dom Maurice.

{7I Addition : ix' s., trait EJJudeiuiit (resté en usage) ; alléluia Te maityium ou Lciudale pueii (resté en usage), ou quelque autre, empruntés tous à des messes plus anciennes. En certaines églises, pourcfianter un verset alléluiatique tout en suivant la rubrique, on remplaçait le momllcluia par Laus tihi Cliiiste (S. -G ail, 359). NoiUer écrivit aussi une prose pour ce jour sur /.oms tihi Christe (éditée, texte et musique, par Dom Gatard, .1 nuimuil of grcgoiian climt, Rome et Tournai, 1903, pages 3J-]-325:.

2Go I.IÎS ORIGINES DU CHANT ROMAIN

Saint Sylvestre : l'ofleitoire /7/;'t'»/ (cf. Verilas) et la communion Beatiis seri'us sont empruntés aux très anciennes fêtes de saint Clément et de saint Sixte, qui sont dans le sacramcntairc léonien ; l'introït et le graduel sont propres.

Dimanche après Noël : l'allcluia et rolTcrtoire, dans les anciens livres comme maintenant, sont empruntés à la seconde messe de Noël, les autres chants sont propres.

i'"" janvier : Slalio ad sjiicta}?! Mariam. Cette fête, qui est la commémoraison primitive de la Vierge Marie, antérieure à toutes les autres, a disparu graduellement de la liturgie à mesure que les autres solennités allaient développant la liturgie mariale : il en subsiste encore aujourd'hui cependant quelques oraisons et des antiennes de l'office. La messe très ancienne (i) de cette fête, dont les chants sont passés au Communies vierges, étaitainsi composée : introït VitUitm titiim; répons Diffusa est, avec le Specie tua et le Proptcr rcrilalcm (2); offertoire Oljcrentur (3) ; communion Simile est.

L'Ei>ii>HANiE ou Théophanie. Messe entière.

P'' dimanche après l'Epiphanie ou 2'' après Noël. La fin du texte de l'introït paraît avoir été primitivement: cujus imperium manet (ou non deest) in aeternum\ le graduel est le reste d'une ancienne composition très étendue : voyez page 76; l'alleluia Jubilate est de la série dominicale. L'offertoire répète deux fois les mots Jubilate Deo, avec une variation plus ornée (4).

2" dimanche après l'Epiphanie ou 3' après Noël. L'alleluia est emprunté à la série dominicale ; l'offertoire a la même caractéristique que le précédent.

Saint Marcel, pape. Fête marquée au sacramentaire gélasien et célébrée du temps de saint Grégoire : introït Statuit; répons Liveni ; ces chants ont passé au Commun. L'offertoire et la communion sont empruntés à d'autres fêtes.

Sainte Prisque. Fête marquée au sacramentaire grégorien. Elle a

(i) Voyez page .jS.

(2) Chants qui ont formé depuis deux graduels: Diffusa et Specie. chacun avec le verset Propter.

(3I Devenu Alferentur ; les paroles pont e.im sont une addition. Voyez page 258.

(.)) Saint KiÏLix [in Pincis). Cette fête, qui suit le dimanche dans les mss. de l'antiphonaire, parait postérieure à saint (jrcgoire. Cependant, il y a une homélie de saint Grégoire [fuir. Lat., LXXVI, II 20) pour la fcie de saint Félix, confesseur. Mais on n'a pas encore identifié ce Félix ; est-ce celui de la fête du mois de janvier i La messe est formée de chants empruntés (') à des fctes plus anciennes, sauf l'introït Os justi, qui peut dater du vu" siècle.

{') Il est fort remarquable que les diverses copies de l'antiphonaire grégorien, dont nous avons très soigneusement collationné les meilleures, ne s'accordent pas du tout sur le choix de ces emprunts, preuve qu'ils étaient (.liisa./ libitum. Il e»I possible que les autres chants de ces fêtes soient plus anciens, quand on retrouve la ni ntion de ces fêtes dans la Depoutio Mart)rum : cependant nous en douions beaucoup, car précisément les ch.nts aioutés sont presque toujours des introils, olTerloircs et communioni, genres ajoutes au service liturgique seulement à partir de l'an 400 environ.

comme chants propres l'offertoire F/7/ae reginn et la communion Feci iudicium; les autres chants sont empruntés à d'autres fêtes.

Saints Fabien et Sébastien (d. m.; s. l. ?). Chacun de ces saints avait une messe propre dans les anciens sacramentaires ; dans le grégorien ainsi que dans l'antiphonaire, ils sont réunis en une même commémoration, et les chants de la messe empruntés à des fêtes préexistantes de plusieurs saints mart\Ts, excepté la communion Multitudo, qui est donc grégorienne.

Sainte Agnès {d. m.; c. c. ; s. l.?). Nous avons déjà parlé de cette solennité très ancienne (iv= siècle) ; comme chants propres : l'introït Me expec'ai'eriint,V offertoire Offereiitur (i), i^"' ton, ancien psaume entre les lectures (voir page 77); la communion Qitiuque ; le graduel est emprunté à la fête du i^'' janvier. L'offertoire est passé à la fête de sainte Agathe, instituée par saint Grégoire; les autres chants au Commun.

3" dimanche après l'Epiphanie ou 4^ après Noël.

Les plus anciens manuscrits donnent à ce dimanche le vieux graduel [trait] à plusieurs versets De iiecessitatibus, des Quatre-Temps de Carême; mais déjà, au cours du ix^ siècle, il est remplacé par Timebunt, de la série dominicale. La communion est peut-être grégorienne, mais nous paraît plus récente, et se présente dans les manuscrits avec deux chants différents (2).

Saint Vincent (c. c). Fête du sacramentaire grégorien. Le graduel propre est le Posuisli (inédit) (3); les autres chants sont empruntés à des fêtes plus anciennes.

Sainte Agnès 2° (ancienne octave). Chants empruntés au 1" janvier et au 2 février.

La fête de I'Hypapanti (Rencontre) de Tenfant Jésus et de saint Siméon (la Purification de la sainte Vierge, dans la liturgie plus récente). Les chants les plus anciens de la messe sont l'introït Sitscepimtis, le répons Siiscepimus, la communion Responsiim. Les mss. donnent l'offertoire Diffusa est; cependant le missel de Rheinau donne Tollite, emprunté à la vigile de Noël (4).

(i) Remarquons la similitude d'inc!y>i7 de cet offertoire avec celui de sainte Lucie. Dans les manuscrits, ils ont souvent pris l'un la place de l'autre, ainsi que dans les livres actuels.

{2) C'est le cas de plusieurs communions qui, en Carême, ont remplacé les anciens textes extraits des psaumes.

13 On le trouvera dans les mss. reproduits parla Paléographie musicale, ainsi que la plupart des autres chants ainsi désignés.

(4 Additions : vii= siècle, la procession ordonnée par Serge, avec les antiennes gréco-latines Ave gratia plena et Adorna.

vin=-i.x« siècle : on emprunte l'alleluiaà la nouvelle fête delà dédicace de Sainte-.Marie; le trait à la Quinquagésime.

ix» siècle : nouveau trait compilé pour la lête, Audi filia, et antienne processionale Res/ioHsum elle n'est ni dans tous les mss , ni dans les plus anciens,. L'alleluia actuel est une adaptation postérieure.

2(J2 I.i;s ORIGINES UU CHANT ROMAIN

îi 3. — Le temps de i.a Septuaglsime et dl' Cakême.

Sainte Agathe (c. c). Nous saisissons ici sur le vif une fête romaine qui, marquée déjà au sacramentaire gélasien, subit un nouveau lustre du temps de saint Grégoire. On a rappelé plus haut comment ce pape avait un culte pour la martyre sicilienne et travailla à le propager: nous avons de ses lettres au sujet d'envoi de reliques de la sainte. (V. page ()G.)

Déjà une petite chapelle catholique en son honneur existait à Rome ; mais une église plus importante y était détenue par les Goths ariens encore nombreux, sous le même patronage. Or, c'est Grégoire qui annexe au patrimoine papal Sainte-Agathe-des-Goths, en fait la dédicace solennelle (ann. 591-592) (i), et insère le nom de la martyre au canon romain.

D'autre part, la chaleur si particulière des chants liturgiques en l'honneur de sainte Agathe a frappé les musiciens, et on a supposé l'introït, avec grande vraisemblance, comme étant l'adaptation latine d'un tropaire grec, emprunté peut-être à une liturgie de Sicile (2).

Mais il ne nous semble pas qu'on ait songé à rattacher les particularités de ce chant au fait historique dont nous venons de parler, et auquel il s'adapte si bien, les Goths ariens tirant leur origine liturgique de Constantinople. Le répons-graduel est également, avec quelques formules romaines, tout extraordinaire dans l'ambitus des mouvements mélodiques et l'emploi de formules absolument spéciales.

Nous serions tout prêts à voir, au moins dans l'intro'ït Gaiidcaimis (3) et le graduel Adiurabit, l'adaptation au rit papal de chaiils oiipniuU's il la lititrij^ie arienne de Sainte-Agathe-des-Goths.

Cette messe, ainsi que toutes celles qui suivent, n'ont pas d'alleluia, mais le trait : celui de la pi'ésente iète était Qui .';t';;;/;/a»/ ,• l'otTcrtoire, empruntéà sainte Agnès; la communion, propre, Q»/ me dii;-uatiis fiierit.

Le Gaiideamus a été appliqué depuis à beaucoup d'autres fêtes, à cause de son caractère de joie solennelle ; le graduel et le trait sont passés au Commun.

Saint Vai.entin. Ce prêtre martyr était célébré dans le sacramentaire gébsien; il a dans l'antiphonaire grégorien plusieurs chants spéciaux, passés depuis au Commun : intro'i't /;/ virttite, répons Bcatus vir, trait Desideriiivi; l'olfertoire et la communion sont empruntés à d'autres fêtes.

(r Lib. Pont., éd. cit., I, 3:3, n" H, Cf. Diilo^ues, III, 301 (I\Ur. Ljt.. LWVII, 2S8 ; cl Icure, IV, 19 (id., 688).

(-•) Dom Piutiicr, Rei'ue du ch. grég., ^'^ ann., 1896, p. 81 ; Dom Cagin, Paléogr. vitisic ,\. 16; U<im H. Leclercq, article sur lV1ii/i/>AoH(iir«, dans le Dict. d'urch. du. et Je lit., c. 2.)5i-J^.'>2 ; iJom Morin, Revue béuédictinc, 1890, p. 196-202.

(3) Le texte ancien portait simplement à la seconde phrase : sub honore .'\i;cith.ie vuiilyris.

Sur la Chaire de saint Pierre, v. page -2 17 ; la messe actuelle est d'institution postérieure.

Il faudrait peut-être placer ici la fête de l'Annonciation, quoique son origine grégorienne soit plus que douteuse (i); mais l'histoire musicale de l'antiphonaire n'y est intéressée que par un point: l'offertoire Are Maria{2)^ fort belle et très expressive composition, d'un st3'le moins ancien que les autres chants, et que nous attribuerions plus volontiers à l'époque de Serge I", vers la fin du vii'= siècle. Tous les autres chants sont empruntés à des messes plus anciennes : mercredi des Quatre-Temps de l'Avent, station du i'^'" janvier, Purification.

Les messes dominicales et fériales de la Septuagésime au Samedi saint. Ces messes sont des plus intéressantes à étudier au point de vue de leur histoire liturgique et musicale: on sait déjà que, parmi elles, s'en trouvent quelques-unes des plus anciennement organisées dans la liturgie (3) ; au point de vue général, elles ont beaucoup emprunté aux séries dominicales ; leurs chants spéciaux sont : tous les introïts et communions, et un certain nombre de graduels, traits, offertoires; leur ordonnance actuelle est restée, à peu de chose près, l'ordonnance que nous admettons comme grégorienne. Nous considérons donc comme originales toutes les messes et chants suivants :

Dimanches : Septuagésime, Sexagésime (ofTertoire emprunté à la série des dimanches), Quinquagésime.

Mercredi, commencement du jeûne (4) (des Cendres) ; vendredi (5).

Il faut distinguer très soigneusement la désignation in capite jejunii de Vinitium Qiiadragesimae. La première marque, comme à Antioche, l'anticipation du jeûne, l'autre le début de la saison liturgique ; cette distinction s'est perpétuée dans les rubriques actuelles. L'ordonnance de la distribution des cendres est en partie empruntée à l'ancien Ordo pénitentiel : ses chants, à une série des chants de procession.

Dimanche, commencement du Carême (Quadragésime) (6); lundi, introït, offertoire, communion V'occ mea{'j)\ mardi, introït, communion;

( 1) Voir page 113.

(3) Certains mss. ne donnent pas la phrase Dominus tecuin; Cf. ce qui est dit de la version simple, page 238.

(■<) Voir pages 230 et s.

(4I C'est le jour où commence la fameuse série des communions tirées des psaumes, étudiées par Dom Cagin, Un mot sur /'« Antiphonale missarum », Solesmes, 1890. Addition : xii' siècle irait Domine non secunJum: vui" siècle, messe du jeudi, chants empruntés aux dimanches.

{5) La messe du samedi est une addition ; ses chants répètent ceux du vendredi.

(6) Nous élèverions un doute sur l'authenticité grégorienne du répons-graduel, qui fait double emploi avec le trait qui le su't, et n'est pas sur le même chant dans tous les manuscrits. Cf. Uist. du ch. lit. à Paris, p. 59.

(7) Disparue du rit romain et remplacée, avec quelques autres, par une antienne tirée de l'évangile : Amen dico ; ce texte, et les autres du même genre que nous signalerons, sont avec deux chants différents dans les divers mss., et du même style que le Mirahuntur déjà cité page 261, note 2 : vii-vin« siècle. Cependant, certaines des antiennes primitives ont élé conservées en quelques rits particuliers, tels la liturgie dominicaine.

mercredi des Quatre-Temps, le deuxième graduel est à plusieurs versets, l'offertoire est commun avec le mercredi du jeûne de septembre (i) ; vendredi, l'offertoire est commun avec celui du vendredi du jeune de septembre ; samedi, introït, communion ; les quatre graduels sont parfois pris quale roliieris, dans la série dominicale ou aux Quatre-Temps de septembre ; cependant les mss. qui en indiquent de spéciaux s'accordent généralement pour donner Propitius, Dirigatiir, et souvent Protector; le trait avec l'offertoire sont pris à ce mC-me samedi de septembre, comme aussi au samedi du jeune après la Pentecôte.

Dimanche vacant (2); lundi, intr., grad , comm. ; mardi, intr., off., comm. ; mercredi, intr., comm. (3); vendredi, intr, comm ; samedi, intr., comm. (4).

Troisième dimanche, offertoire emprunté à la série dominicale ; lundi, messe complète; mardi, id., sauf offertoire ; mercredi, intr., comm. (5); vendredi, intr., comm. (6); samedi, messe complète (7).

Quatrième dimanche : la messe de ce dimanche nous paraît devoir être entièrement attribuée au temps de saint Grégoire; tous les chants et les lectures sont choisis spécialement en vue de la station à l'église Sainte- Croix-de-Jérusalem, réglée par saint Grégoire. Le répons offre la particularité d'être tiré d'un des psaumes des degrés, c'est le seul dans ce cas ; son genre mélodique est également tout à fait à part. Il peut avoir été emprunté directement à la messe du dimanche après saint Michel, (V. page 239, note 5). Lundi, intr., comm. ; mardi, intr., grad., comm. ; mercredi, très ancienne messe de la tradition du Symbole aux catéchumènes (8); vendredi, intr., comm. (9); samedi, messe liée étroitement au catéchuménat; l'introït Sitieiites se retrouve dans la liturgie mozarabe comme antienne pour le baptême (10).

(i) Voir page 227. Addition : viii= siècle, messe du jeudi, comme plus haut. (2) Addition : vin- X" siècle, introït, graduel, offertoire, communion, empruntés au mercredi précédent ; trait Coiifitemini (resié en usage] ou Dicit Dominus muUeri (inédit), selon les mjs. (3/ Addition : viii' s., comme plus haut.

(4) La communion originale, qui devait être prise du psaume 12, a disparu, remplacée (vuvMi'-' s.) par Oportet te ; mêmes particularités que ci-dessus.

(5) Addition : vm' s., jeudi, comme plus haut.

(6) Communion disparue (psaume 16), remplacée, vn-vni' s., par Qui bibciil ; mêmes particularités que ci dessus.

(7) Communion disparue (psaume 17), remplacée par Nemo te, comme ci-dessus.

(8) Communion disparue (ps. 2.0 , remplacée, vu-viir s. par Lutum fecit. Addition : vni" s. jeudi, comme au.x semaines précédentes ; ce jeudi a un chant spécial, Tintroït l.aetetur cor : rien n'en distingue la mélodie des pièces du fonds grégorien, mais elle a un rapport assez étroit avec l'introït de la Dédidace, lête ajoutée quelques années après saint Grégoire ^v. plus loin) ; l'oflerloire actuel est un verset détaché d'un offertoire plus ancien (Cf. Dom Pothier, Revue du cli,int grégorien, IV« année, p. 162), et il se présente dans les mss. avec de nombreuses variantes pour l'adopter à sa nouvelle fonction : verset transformé en antienne.

(9) Certains mss. ont gardé l'ancienne communion AJjutor meus; d'autres l'ont remplacée, vu-viir s., par Videns Dominus ; mêmes particularités que ci dessus.

(10) Paléographie musicale, t. \, p. 40. Le psaumechanté avec celte antienne était autrefois le 22'', Dominus régit me ; c'est maintenant le 77', Attendite. Cf. p. 232 et 234.

Dimanche Mediaiia (de la Passion); lundi, intr., grad., comm.; mardi, intr., grad., comm.; mercredi, messe complète (i) ; vendredi, messe complète; samedi, vacant (2).

Dimanche des Rameaux (3) et jours suivants, messe complète. Le mercredi a deux graduels, dont l'un à plusieurs versets (nommé maintenant t}-ait, comme le De necessitatibus du mercredi des Quatre- Temps).

Le jeudi emprunte son offertoire au 3° dimanche après l'Epiphanie; sa messe est suivie d'une procession à laquelle on chantait une hymne de saint Grégoire: Rex Christe factor omnium (4). Cf. page 233.

Le Vendredi saint, l'office se présentait différemment que dans l'office du matin de la liturgie actuelle. Il y avait en effet une triple réunion : 1° l'antique synaxe sans consécration, terminée après le chant de la Passion ; 2° les oraisons solennelles; 3° l'adoration de la croix et la communion du prêtre (messe des présanctifiés); ces trois fonctions ont été depuis réunies en une seule. La première comporte deux chants de répons-graduels à plusieurs versets (conservés sous le nom de trait), dont la teneur a changé trois fois; les plus anciens livres donnent en premier lieu celui du mercredi, et en second le Domine audivi actuel (5)..

La seconde partie ne comporte pas d'autre chant que les récitatifs des oraisons; la troisième n'avait qu'z/;/ seul chant, l'antienne Ecce lignum crucis, mais chantée avec les innombrables versets du psaume Beati immaculati, ou le ^S3i\imt Deus misereatur (6).

(1) Addition : vin» s., jeudi, comme aux autres semaines.

(2) On a pris assez tardivement l'usage de répéter ce samedi la messe du jour précédent.

(3) Nous n'avons point de renseignements anciens sur les détails des chants de la bénédiction et de la procession des Rameaux. L'antienne Hosaniia est certainement fort ancienne (v. pages 40 et 41) ; les antiennes Pueri Hebraeortim, Cuiii ciii^'elis et Turba multa, les répons In monte. Ingrédients, sont empruntés à l'office ; le CoUegerunt (antienne avec verset, et non pas répons, comme portent les livres actuels), les antiennes Cum appropinquaret, Cum audissct, Ante sex dtes, Occurruni ne sont données que par des mss. du xi^ siècle, bien que certaines de ces pièces paraissent beaucoup plus anciennes, en particulier Cum audisset et Occurritnt tuibai:, dont le cachet byzantin ou oriental est très reconnaissable, et à rapprocher des antiennes de procession de la fête du 2 février. L'hymne Gloria laus est du ix= siècle ; elle a été composée par Théodulfe, évèque d'Orléans. D'anciens livres donnent aussi une hymne de saint Grégoire le Grand : Magnum salutis pretium ; on peut remarquer que dans les anciens Ordos de cette cérémonie, les petites antiennes Pueri, etc., sont toujours répétées avec les versets de psaumes qu'on leur joint. Voyez sur l'origine hiérosolymitaine de cette cérémonie, Dom Cabrol, Les origines liturgiques, r^aris, 1906.

I4) Une mélodie do cette hymne a été éditée par Dom Pothier, Revue du chant grégorien, XI" année, p. 139.

(5) A la fin du vni'= siècle, le premier était Domine audivi, et le second Qui habitat, du premier dimanche de Carême, remplacé en quelques églises par une nouvelle compilation (nuperrime compHatum) Eripe me, restée en usage. (Voir page 248.)

(6) Les autres chants de la fonction actuelle sont peu à peu ajoutés pendant le ix« et le x« siècle ; la plupart sont empruntés à d'autres sources très anciennes, .'\insi, les admirables versets du Trisagion ont été pris aux anciennes liturgies mozarabes et gallicanes ; les belles hymnes Pange lingua et Vexilla régis sont de saint Fortunat, évèque de Poitiers, à la fin du vi" siècle; mais tandis que le Vexilla se présente toujours avec la même mélodie, l'autre hymne reçoit plusieurs notations; cependant, pour l'adoration de la Croix, dès le milieu du ix^ siècle, elle a partout la même mélodie.

2()r) LES ORIGINES DU CHANT ROMAIN

Le Samedi saint, la fonction est restée dans son intcgritc, sauf le baptême et la conlirmation des catéchumènes.

!; 4. — Di; P.vciLts a la Pkntkcôte.

Lesmesses actuelles représentent l'ordre grégorien, sauriesalleluias(i). Les alléluias primitifs de ce temps sont en même temps les seuls qui furent d'abord usités, et nous avons pu remarquer que les alléluias de l'antiphonaire grégorien déjà rencontrés sont souvent calqués sur la mélodie de ceux-ci ; voici donc leur liste :

Le jour de Pâques, à la messe, alléluia à deux versets: Pasflia uoslrtiin et Epulcmiir [2); au grand office vespéral, entre les psaumes et pendant la procession, les alléluias déjà cités pages 73 et 80 ; les versets en étaient dits, soit le dimanche, soit pendant la semaine de Pâques, en latin et en grec. Cf. appendice, n" V.

Aux messes de Foctave et des dimanches du temps pascal, on ne rencontre guère qu'un alléluia spécial à ce temps : Lauda Jérusalem, qu'on retrouvera souvent plus tard parmi ceux du c\'cle dominical. A la tin du viii' siècle, apparaît VEduxil (3) et le Suri\'xil... Pelro. Les autres versets servaient aux dimanches après Pâques, aussi bien qu'aux autres dimanches de l'année, qualc voliieris, quand il n'y en a pas ou qu'on ne veut pas en chanter d'autres, savoir :Jubihite Deo ; Laiidale Doininum omnes aiifçeli ; Dominus regnavit, exsiiltet ; Doinimis regnavil, decorem (de la procession pascale).

Dans la liturgie actuelle, il n'y a que le samedi de Pâques qui ait conservé deux versets primitifs : Haec dies et Laudate pueri ; deux autres versets, Redemplioiiem (3*^ dimanche) et Dextera (4" dimanche), sont empruntés au cycle dominical.

Après le cinquième dimanche, l'antiphonaire grégorien contient les (êtes suivantes qui ont des chants spéciaux :

Saints TuiURCE, Valérien et Maxime (s. i..) : introït Sancli lui, communion Gaudele; l'offertoire Laetamini est le même que celui des saints Félix et Adaucte (4). Ces deux fêtes figurent du reste parmi les plus

(i) Voyez pages 78 ei 7g la curieuse ordonnance des formules mélodiques des graduels de la semaine pascale.

{2) Ce dernier verset a disparu de la liturgie : publié dans la Trihioie de Sjiiil-Cerv.iis, \'U' année, p. 268

(31 Edité dans la Tribune de Sjiiit-Gervais, art. cit., p. J71 ; au i.x" siècle, on niei sur la même mélodie Cantate Domino. Dom Pothier y a également adapté Sacerdos, pour la messe votive pro eligendo Sumnio Pontijlce, et Quia factus es, pour la fête de saint Jean de Capistran. Au ix" siècle, on rencontre aussi le Surrexit... qui pro nobis, actuellement au mardi de Pâques; les autres alléluias spéciau.x au temps de Pûques commencent à apparaître dans la seconde moitié du x' siècle et aux époques suivantes. Ces compositions, quoique avec des caractéristiques de style difTérenl, conservent cependant le même disposition organique que les anciens alléluias, lémoignanl d'une tradition toujours vivace dans la composition et l'interprétation mélodique et rythmique.

(.)) Ces chants et la plupart de ceux des fêles suivantes ont passé au Commun.

LIi RÉPERTOIRE GRÉGORIEN 267

anciennes commémoraisons de martyrs au sacramentaire léonicn.

Saint Georges (s. l.) : introït Pi-otc.\isli\ oïï. Confitebiintur -^ comm. Laetabitiir.

Litanie majeure ( i) : messe complète, qu'on chante également aux Rogations, d'institution postérieure dans l'ordre romain.

Saints Philippe et Jacques : intr. Exdamavenint ad te; comm. Tanto tetnpore (2).

Saints Gordien et Epimaque : chants empruntés à d'autres fêtes.

Saints Pancrace, Nérée et Achillée : intr. Ecce ociili Domini (3).

L'Ascension de Notre-Seigneur (4) ; le dimanche dans l'octave (5), sauf les alléluias.

Saint Urbain : chants empruntés.

La Vigile de la Pentecôte, la Pentecôte et sa semaine, sauf l'ordre actuel des alléluias : le jour de la fête, Emitte actuel et Spii-iliis Domiiii replevit (6); les autres jours, alléluias du cycle dominical.

On peut remarquer que les offertoires du mercredi et du samedi, Quatre-Temps dans le sacramentaire et l'antiphonaire grégoriens (7), sont les mêmes que ceux des Quatre-Temps de Carême et de septembre: on dit de même, le samedi, le psaume Laudate entrait, commun à tous les samedis de jeune solennel. Après ce samedi commence la série des fêtes de saints pour tout le reste de l'année ecclésiastique ^8).

(i) Voir pages 2196! 2^2 sur les origines de celte solennité. Addition : saint Vital, vn' ou vin" s , o(ï. RspUti sumus, inédit ; comm. Ego sm?7i 7>itis, emprunté à un répons de Toifice de nuit.

(2) L'alleluia actuel est une adaptation de la mélodie Benedictus es.

(3) Addition : xv s., alléluia Hiiec est veia fraternitas.

(4) Additions : commencement du vn'= siècle, fête de la Dédicace de la basilique de Sainte- Marie aux-Maktvrs (le Panthéon) ; messe actuelle de l'anniversaire d'une dédicace. Les pièces de chant de cette fête sont sensiblement dans le même style que les pièces grégoriennes, mais a ec cette particularité que les textes sont empruntés de préférence à d'autres livres que les psaumes : en particulier le répons graduel est le premier qui ne soit fjs pris dans l'Ecriture sainte; cf. page iii. -- viif-ix' s , les Rogations, la Vigile de l'Ascension, chants empruntés à d'autres offices, sauf l'introït Omnes gentes, probablement nouvellement composé.

(5) Les mss anciens contiennent un double offertoire : Viri Galilaei, étudié et reproduit par Dom Pothier, Rev. du ch. grégfXi" année, p. 14g ; VAscendit, resté en usage, reproduit par Dom Polhie'" avec un ancien verset, même revue, IV' année, p. 131.

(6) Édité dans la Tribune de Saint-Gervais, XI" année, p. 20g, article sur Les clumls de Li Pentecôte ; tiré à part, page 2.

Additions : xi" siècle, alléluia Veni sancte Spiritus ; il serait possible que cet alléluia fût du roi Robert le Pieux ; xiii= s , prose Veni sancte Spiritus.

(7) Cf. Egbert, loc. cil. ; v. page gi .

|8) Addition : certains mss. marquent ici la messe de la sainte Trinité, chantée maintenant pour le dimanche octave de la Pentecôte, qui était primitivement vacant, comme tous les dimanches après les samedis de Quatre-Temps. Cette messe est de la fin de viii= siècle, et a pour auteur le célèbre Alcuin : les textes sont adaptés à des mélodies préexistantes : l'introït Benedicta sit sur Vlnvocabit me du i»' dimanche de Carême, le répons-graduel Benedictus es sur le Constitues de la fête des SS. Apôtres, l'alleluia emprunté à l'office de la veille, l'offertoire Benedictus sit sur le Constitues des .apôtres; la communion Benedicimus n'est pas, à proprement parler, une adaptation mais une imitation du Feci judicium de la fête de sainte Prisque. Cette messe marque la voie d'un genre nouveau, m souvent malheureux : l'adaptation pure et simple d'un texte quelconque à une mélodie quelconque. Dans l'ancienne école, les adaptations ne se faisaient qu'avec des mélodies de style psalmique ou de genre hirmique, composées précisément dans ce but, de sorte que la place

§ 3. — Le temps après la Pentecôte.

Ce temps s'ouvre par la fête des saints Pierre et Marcei.lin (Marcellin, Pierre et Erasme), avec la messe encore conservée dans nos livres : les deux chants propres à cette fête sont l'introït Clamavenmt iusti, et le graduel qui commence par les mêmes mots, extrait d'un ancien chant orné du ps. 33 (i).

Saints Nabor et ses compagnons : les chants de cette messe sont empruntés à la très vieille fête des IV Couronnés et à l'octave des apôtres.

Saints Marc et Marcellien : comm. Amen dico vobis, la même par laquelle on a remplacé le chant primitif du premier lundi de Carême. Autres chants empruntés.

Saints Gervais et Protais (c. c.) : intr. Loqiietur Doniinus paceiu. Fête d'origine milanaise.

Vigile et fête de saint Jean Baptiste (c. c; s. l.) tous les chants (2).

Saints Jean et Paul, sauf l'alieluia; la vigile et le jour des saints Apôtres Pierre et Paul (d. m.,c. c, s. l.); la commémoration de saint Paul, sauf l'alieluia et l'offertoire, qui était lu omuem ierram. La plupart des chants de ces trois dernières fêtes sont passés au Commun.

Saints Processe et Martinien : intr. Judicant saiicti; grad. Exitllabiint; comm. Anima noslra (inédite); même offertoire qu'aux saints Jean et Paul.

L'octave des Apôtres : intr. Sapicntiam ; grad. Justorum animae\ oft. Exiiltabiint ; comm. Justorum auimae. Les chants de cette messe sont passés à différentes fêtes demartj'rs, et sont maintenant remplacés par d'autres; il serait néanmoins possible que ces chants fussent eux-mêmes empruntés à ces messes de mart3TS : on restituerait alors l'introït à la fête des saints Félix et Adaucte; le graduel aux saints Gervais et Protais ou aux saints Gordien et Épimaque, avec la communion ;

des accents mélodiques concordât généralement avec celle des accents du texte, et les coupes des phrases les unes avec les autres (reste de la vieille tradition juive'. Ici, au contraire, on place indistinctement des syllabes faibles à la place des syllabes fortes du texte auquel on emprunte sa mélodie, et vice vena ; et si les phrases ne concordent pas, on ajoute ou on supprime, ou mieux encore, on coupe dans le vif ; la fin de la première phrase de V Invocabit devient le début de la seconde dans le Benedicta sit ; dans l'offertoire, ce découpage est encore plus extraordinaire, et nuit beaucoup à la forme de la mélodie. Toutefois, le graduel est d'un excellent effet. .\u xiii" Biécle, on pratique de même pour la nouvelle fête du Saim-Sacrement, mais l'adaptation est beaucoup moins heureuse. Quelquefois, cependant, ce procédé a produit d heureux résultats : dans les offices modernes, on peut citer comme modèles de goût dans l'adaptation l'introït et le graduel de lafctede l'Immaculée Conception, calqués par Dom Pothier, I un, sur l'inlroft du V* dimanche après Pâques, et l'autre, sur le graduel des Apfltres.

(i) Voir page 17. Addition: vii> s. (année 6^8) SS. Prime et Félicien, avec des chants (empruntés) qui varient suivant les mss. ; le graduel actuel Confitcbuntur est une adaptation très postérieure du Deus vitam meam, au 3" lundi de Carême.

(2) On a composé pour cette fôte, dans le cours du moyen âge, un certain nombre d'alleluias qui ne sont pas restés en usage.

LE RÉPERTOIRE GRÉGORÏEN 269

l'offertoire aux saints Nabor et ses compagnons. Il faut remarquer que cet offertoire est une adaptation très large de VOfferentiir des vierges (v. page 260). C'est la seule, croyons-nous, qu'on puisse signaler dans le vieux fonds grégorien pour une mélodie de ce genre ; elle est de beaucoup supérieure à celles d'Alcuin, et il faut être averti pour s'apercevoir de son caractère particulier; peut-être cette particularité indique-t-elle une addition du cours du vn'= siècle, comme on en signalera ci-dessous des exemples (i).

Sainte Praxède : chants empruntés (2). Saints Simplice et ses compagnons : chants empruntés. Saints Abdon et Sennen (d. m.) : off. Mirabilis. Saint Etienne, pape (s. l.) : intr. Justits ut palma; grad. Justus non conturbabitur (incipit modifié : Justus cum ceciderit non collidetui-) ; comm. Qiiinque talenta. Saint Sixte, pape (d. m.; c. c,;s. l.) : off. Inreni, qui faisait primitivement partie d'une même composition avec le Veritas de saint Clément; comm. Fidelis servus. Saints FélicissiME et Agapit (d. m.; s. l.) : intr. Salus autem; comm. Ego vos elegi., actuellement à la fête des saints Sept Fondateurs des Servîtes. Ce groupe de fêtes est parmi les plus anciennes célébrées à Rome. (V. pages 218 et 21g.)

Saints Cyriaque et ses compagnons (d. m.) : messe actuelle (sauf toujours l'alleluia). Vigile, fête et octave de saint Laurent (d. m.;c. c; s. l.), id. Saint TiBURCE : grad. Os justi;comm.. Posuisti. Saints Hippolyte et Cassien (= Pontien ; d. m. ; c. c. ; s. L.) : intr. Justi epulentur, actuellement à la fête des saints Marias et compagnons ; comm. Dico autem (3).

Saints Agapit (s. l.); Timothée (4) (d. m.; c. c. ; s. l.); chants empruntés. Sainte Sabine : intr. Cognovi; comm. Principes persecuti sunt. Saints Félix et Adaucte (s. l.) : intr. (5) ; grad. C loriosus ; off. Laetamini; comm. Qitod dico i'obis{6).

(i) Addition ; vu' siècle, les SS. Sept Frères Martyrs : intr. LauJate pueri ; comm. Quicumque fecerit. Ces saints figurent cependant déjà dans la Depositio Martyrum du iv° siècle (v. page 218), mais non pas dans le recueil léonien.

(2) Addition ; vn« siècle, s. Apollinaire : comm. Semel jiiravi.

(3) Addition : vu' siècle, I'Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie : grad. Propter ; comm. Dilexisti, adaptée à la communion Ab occultis du 4' lundi de Carême, et à celle de la sainte Croix ; le graduel est moitié adapté sur des formules ordinaires, moitié composé à nouveau dans une forme peu tonale ; l'introït et l'offertoire étaient ceux du i" janvier. On n'a conservé de cette messe que le graduel.

(4) Le 359 de Saint-Gall indique un graduel Pretiosa, verset Ctedtii, qui n'est pas noté, et ne reparaît pas ailleurs ; ce texte vient-il d'un usage local très ancien, pour la lète de ce martyr célèbre ?

(5) V. page précédente, à l'octave des SS. Apôtres.

(6) Addition : vn"= siècle (?). saint Gorgo.n (d. m ) : intr- Gloria et honore, inédit : ofF. Posuisli, adapté à celui du lundi de Pâques Mais les deux additions principales de cette époque sont la fêle delà Nativité de la sainte Vierge, et la lête de la sainte Croix. La première n'a pour la messe aucun chant particulier, dans les plus anciens manuscrits ; les chants actuels sont des aJjplatioiis postérieures ; la seconde a loffertoire Protège, composition nouvelle, la seule de cette

270 IKS ORIGINES nu CHANT ROMAIN

Saints CoRNKii.i.E et Cvi>kii;n (h. m.; c. c. ; s. i.."!: intr. SaccrJotcs l)ci; grad. Sacerdoles eiiis.

Saint NicoMÈDE : intr. Laetabilur. (Sainte Euphémie [c. c ; s. i .] : emprunts.) Saints Côme et Damien, id.

La dédicace de la basilique du Saint-Ange (saint Michel archange) : messe actuelle (i) sauf alléluia. (V. page aSq, note 5, et page 2()4.)

Saint Ccsaire : emprunts (2); saints Quatre Couronnés (d. m.; s.l.) : intr. lutret; grad. Vindica ; comm. Posucrunt; chants passés à diverses fêtes de martyrs. Saint Théodore: emprunts. Saint Menne : id. Sainte Cécile (s. L.) ; messe actuelle; saint Clément (n. m. ;c. c. ; s. l.) ; id. Saint Chrysogone (c. c. ; s. l.) : intr. Jusliis non conlurbabihir ; grad. Gloria et honore; off. Desiderium, qui a les plus grands rapports avec VJn virilité: le texte de ces deux offertoires est emprunté au même psaume. La vigile et le jour de saint André (c. c. ; s. l.) : messes actuelles (sans l'alk-Iuia) ; les deux communions ont été interverties.

§ C. — Les messes des dimanches et les allelutas.

L — Les viesses des di))!anc/ics.

L'ordonnance des messes des dimanches a fort intrigué les savants qui se sont occupés de la question. Les mss. des antiphonaires pas plus que des sacramentaires ne concordent parfaitement sur ce point, et la raison en est assez simple. Lorsque Alcuin fit l'édition supplémentée du sacramentaire grégorien (3), il se trouvait en présence de ce problème: l'édition officielle du sacramentaire grégorien ne contenait pas de messes pour les dimanches/'er annum, de la Pentecôte à l'Avent ; mais le sacramentaire gélasien en donnait seize : dans les églises qui sui-

messe; les alléluias sont d'un choix postérieur. Cette fête de la sainte Croix, dont la célébration se répandit en mémoire de la victoire d'Héraclius, empereur d'Orient, sur Chosrocs, roi des Perses, en 628, sous le titre d'Exaltation, existait déjà dans les églises d'Orient au moins celles du patriarcat d'Antioche ; c'était primitivement V anniversaire de la dédicace de l'église du Calvaire, à Jérusalem. Héraclius choisit ce jour pour y reporter solennellement le bois de la sainte Croix, reconquis sur les Perses, qui l'avaient enlevé au temps de son prédécesseur Phocas. Sur la célébration, vers l'an 500, de l'anniversaire de cette dédicace, voyez la note de la page 216 sur les homélies de Sévère d'Antioche.

(i) Addition : i\'-\' siècle, SS. Simon et Jude, comm. Vos qui secuti. Dom Poihier a écrit une remarquable étude sur cette antienne et les modifications dont elle a été lobjet au cours des âges : l\'ev. du ch. grc^., 1X« année, p. 1.19.

(2) La fête de Toi s les Saints n'a été ajoutée que dans le cours du 1x1^ siècle ; elle n'est entrée définitivement dans l'oflice que du temps de Grégoire IV, en 835. Cependant, déjà, Alcuin s en était fait le propagateur. Dans le rit en usage, l'introït, le graduel et l'oflcrioirc sont empruntés à d'autres fêtes: l'alleluia et la communion peuvent cire du xi° siècle.

(3I V. page 93.

lE RÉPERTOIRE GRÉGOFdEN 27 I

valent le rit romain-grégorien, on avait continué de se servir de l'ancien sacramcntaire pour ces messes des dimanclies. Or, quand il y avait plus dé seize dimanches non concurrents avec une fête, les églises des Gaules, et peut-être d'Angleterre, au lieu de reprendre une des messes déjà célébrées, en ajoutaient un certain nombre d'autres, prises de difterents endroits ou composées h nouveau, de manière à compenser la différence.

Saint Grégoire n'avait pas cru devoir modifier l'ordre gélasien, se contentant sans doute de ses seize messes dominicales : Alcuin, en publiant un supplément au sacramcntaire grégorien, enrichit ces messes jusqu'à en faire monter le nombre à vingt-trois ou vingt-quatre ; il fallut donc, en conséquence, pourvoir aux chants de cette série nouvelle.

Nous avons déjà fait remarquer que les antiques séries des seize ou dix-sept introïts, graduels, offertoires, communions, tirées des psaumes, propres aux messes du dimanche, en correspondance absolue avec le missel gélasien, doivent donc être aussi considérées comme formant nécessairement le fonds du livre de chant grégorien. (V^ page 239.)

Dès lors, trois hypothèses se présentent :

i" L'antiphonaire grégorien ne contenait que ces séries : hypothèse peut-être trop rigoureuse;

2° Saint Grégoire établit lui-même l'ordre des vingt-trois ou vingtquatre dimanches pour le livre de chant, sans toucher cependant au sacramcntaire : cette hypothèse nous paraît difficilement justiciable ;

3" Aux antiques séries dominicales où l'on puisait ad libitum, le collecteur de l'antiphonaire a ajouté quelques autres chants, soit également ad libitum^ soit fixés à certains temps de Tannée. Quand on établit l'ordre actuel des dimanches, on combina entre eux ces chants en y mêlant d'autres empruntés à divers offices, de façon à arriver au chiffre voulu. Cette combinaison ne s'est pas faite partout de la même manière; les mss. mettent tantôt les chants à la suite les uns des autres, en ne tenant compte que de Tordre numérique des psaumes ; d'autres les classent d'après leur rapport avec la prière ou la lecture qu'ils accompagnent. Cet arrangement est peut-être le plus près de l'ordonnance ancienne.

Tout semble justifier la troisième hypothèse. Les chants non psalmiques, propres à ces dimanches, se réduisent à :

Introïts :

XIX» dim., Sattis popiili

(agraphon).

XX« dim., Omnia quae fe-

cisli (Dan. 3).

XXIe dim.. In voltinlate tua

(Esth. i3.) Dernier dim., Dicit Domi-

nus (Jer. 29).

Offertoires :

Vile dim., Sicut in liolo-

causto (Dan. 3).

XVII' dim., Oravi Deum

(Dan. 9).

XXI» dim., Vir erat (1)

(Job i).

XXII' dim., Recordare (2)

(Esth. 14).

Communions (3) :

Amen dico vobis (.Marc, 1 1 1

Dico vobis (Luc. i5).

Honora Dominum[Pvov.Z .

Pjnein de coelo (Sap. 36).

Panis quem ego (Joar,. 6).

Primumquaerile[MzlÛi.6).

Qiii mmducat iJoan. 6).

Or, à part le Salus populi. chant non scripturaire (4, et les deux extraits de saint Jean, spécialement choisis en vue de la communion, ces textes sont empruntés aux livres de l'Écriture sainte lus dans le même temps de l'année :

Évangile du dernier dimanche :

Evangile d'un dimanche (pas le même dans les divers lectionnaires) :

id.

Dimanches d'août. Proverbes :

— Sagesse :

Dimanches de septembre, Job :

Esther : \ '"i^-

( Off.

( Intr.

Dimanches de novembre, Daniel : } Off.

(Off.

Comm. Amen dico vobis.

Comm. Dico vobis.

Comm. Primum quaerile.

Comm. Honora.

Comm. Panem.

Off. Vir erjt.

In voluntale.

Recordare.

Omnia.

Oravi.

Sicul.

L'introït Dicit Dominus est extrait du prophète Jérémie, qui n'est plus lu en novembre avec les autres prophètes : d'ailleurs, ce texte, qui appartient à la vieille série ambrosienne (v. page 220), a dû être choisi spécialement pour le dernier dimanche (cinquième avant Noël), oij on fait le récit du jugement dernier.

Si ces chants, à un moment donné, ont été fixés à un dimanche de la série après la Pentecôte, ce ne peut être que par oubli de leur place primitive, ou mieux, pour donner une rigidité absolue à l'ordonnance des chants des dimanches. Avant cette fixation, nécessitée par le cadre des vingt-trois ou vingt-quatre dimanches, ces chants étaient donc forcément exécutés dans une récurrence différente, suivant les années.

(1) .Nous avons publié deux versets de cet offertoire dans: Cours théorique cl pratique, page 129 ; et la composition entière, transcrite en notation moderne, dans Chants liturgiques anciens, pages 7 et s., Clichy, 1899.

(2) Dom Pothiera publié un verset de cet offertoire, Rev. du ch.grég., IV« année p. 161. On comparera avantageusement le Recordare au répons de l'office composé sur les mêmes paroles ; Processionale ni07iasticuin, Solesmes, 1S93, P* ' '5*

(3) Ces communions figurant dans les mss. à' des jours différents, (donc, ne liguranl pas en cette qualité dans l'œuvre originale; nous les classons par ordre alphabétique.

(41 Voyez l'article Agrapha, dans le Dictiunn. J'.jr^h. chr. cl Je lil.

LK RÉPERTOIRE GRÉGORIE.N 27O

avec ceux des séries psalmiques qui n'étaient fixés à aucun jour. Comme on l'a déjà dit, les manuscrits ne s'accordent pas sur ces choix.

Telle a donc été nécessairement l'ordonnance primitive de l'antiphonaire, pour les chants des dimanches j^e?- aiuium : les séries (i) que nous avons déjà reproduites, des seize ou dix-sept introïts, graduels, offertoires, communions, concordant avec l'ordre gélasien respecté par saint Grégoire, et, à la suite de chacune de ces séries, les chants ci-dessus correspondant aux lectures, et les chants ad libitum. Mais ces derniers chants sont-ils tous de l'édition primitive de l'antiphonaire? Nous ne pouvons avoir de guide certain sur ce point. Lorsque les styles des diverses époques du chant de ce livre qu'il est possible de préciser auront été suffisamment étudiés, il sera peut-être possible de le faire. En tout cas, leur présence dans tous les manuscrits anciens nous est une preuve qu'ils sont bien romains et qu'ils étaient en usage dans la seconde moitié du viii' siècle (2).

En tenant compte du critérium des styles, nous proposerions comme classification provisoire de ces chants : ceux qui sont du même style que le reste de l'antiphonaire; ceux qui se rattachent aux additions signalées dans les paragraphes précédents. Les chants que nous avons en vue se partageraient ainsi : Recordare et Oravi, style des additions de la fin des vn^-vm' siècles; Sicut, Paiiem, Pauis, style des additions du cours du vn^ ; Dico autem se rattache tout à fait aux autres communions tirées de l'Évangile et introduites dans la liturgie du Carême; Honora a quelque parenté avec les chants de la dédicace; les autres chants ne me paraissent être distingués des chants proprement grégoriens, et pourraient être du premier fonds. En particulier, Amalaire, que nous avons toujours trouvé si bien renseigné, attribue formellement à saint Grégoire le Virerai. (V. référence page i55.)

C'était entre ces deux séries que prenaient place les trois messes du jeune de septembre et celle du dimanche post sanctum Angeluin. Encore maintenant, ces messes font groupe et s'intercalent parmi les autres, précisément au moment où s'achève, avec le xvii^ dimanche, la série d'introïts tirés des psaumes,

IL — Les alléluias.

Les versets d'alléluias, dont la multiplication est l'effet des réformes de saint Grégoire le Grand, sont placés à la suite des autres chants, par

(i) Page 259.

(2) Cette remarque n'est pas inutile, car, à la même époque, certaines églises des Gaules avaient précisément ajouté à l'antiphonaire grégorien des pièces, d'ailleurs disparues, et d'origines très douteuses ; v. Agobard, archevêque de Lyon en 814-840, De correct. Antipit., c. vu, ix, etc. {Pat. LaU, CIV, 330.)

séries dans lesquelles on a pris ad libitum. Ils se présentent dans cet ordre :

1° Alléluia per circulum a}!iii, pour le cycle de l'année;

2" Pour un martyr ou confesseur;

3° Pour plusieurs saints ;

4° Pour une vierge.

C'est dans cette partie que le répertoire romain n'a cessé de s'accroître presque indéfiniment dans tout le cours du moj'en âge. Il est difficile de rencontrer deux antiphonaires qui donnent la même suite de ces compositions.

Certainement la liste originale du n° i ne comprenait que celle donnée plus haut, pour Pâques, car on retrouve ces alléluias partout, et chantés dans tous les temps de l'année.

Autour de cette série primitive on ne cessa de composer de nouvelles pièces.

Les plus anciens manuscrits de l'antiphonaire s'accordent sur la liste suivante, représentant Fensemble des alléluias composés depuis la fin du VI» siècle (saint Grégoire) jusque dans la seconde moitié du viii' (l'astérisque indique les versets primitifs) (i) :

Deus judex, III (2).

Diligam Ci).

In te Domine (4JI, VI.

Te decei, y. Replebimiir , X.

Attendite (plus en usage).

Exsultjte, XI.

Domine Deus salutis, XII (5).

* Dominus regnavit, decorem, Noël.

* Venite exsultemus, y. Praeocctipemus,

* Quoniam Deus, XV.

* Dominus regnavit, exsultet (mél. de

Haec dies), III ap. Epiphanie.

* Jubilate (6), I Epiphanie.

Confitemini, XIX (7).

Paratum, XX (S).

Qui liment, XXII (q).

Laudate Dominum {2 chants), plus en

usage (10).

Laetaïus sum, f. Stanles (11), II Avent. Confitebor tibi (plus en usage).

Adorabo, Dédicace.

Lauda anima (plus en usage).

Qui sanat ( id. ).

Qui posuit (12), pour la paix (i3).

(I) Les versets doubles ne sont pas restes en usage dans la liturgie actuelle. Le chiffre romain qui suit l'indication des versets indique le dimanche où on les trouve actuellement.

(2 Addition : Kn x= s. ; Verba mea, 1, et Domine Deu:> meus, IL

(3) IX' s., 2« moitié: Domine in virtute, V. Le verset Diligam n'est plus en usage : Dom Pothier en a réédité la mélodie sur ExaUabo te (fête du saint Nom de Jésus).

(<))Id. : Omiies gentes,V\\, qui parait emprunté à la procession pascale (Voyez .appendice, n" V), Cl Eripe me, \X.

(5) IX'' s. : Domine refugium, XIIL

(6) Fin X' s. : Domine exaudi, XVII.

(7) VIII' s. : Confiteantur (plus en usage).

(8) Ce verset ne se rencontre pas partout. Certains mss. ajoutent ici le Laudate pueri et Vin cxitu (XXI) de Pâques.

(9) vm' s. : Rcdemptionem, III" ap. Pâques.

(10) IX" s., 2" moitié ; Dextera Dei, IV' ap. Pâques.

(II) Id. : Deprofundis, XXIIL

(12) Ce verset, à partir de la seconde moitié du ix' siècle, est souvent accompagné du Laud.i Jérusalem du temps pascal.

(13) Addition, vui" siècle, fin, Cantate, .XVl, adapté sur Qui timent ; les anciens livres ren-

Pour les fêtes des saints martyrs et confesseurs :

Beatus vir, qui suffert.

Beatiis vir, qui timet.

Gloria et honore, n'est plus en usage.

Invcni David (mélodie de Dies, de Noël).

Justum deduxit (id. plus en usage).

Justus non conturbabitur ( id. id. ).

Justus ut palma (i).

Pour plusieurs saints :

Exsultabunt sancti (plus en usage).

Gaudete iusti.

Justi epulentur.

Mirabilis Dotninus.

Sancti tui. Vox exsultationis (2) (plus en usage).

Pour les vierges :

Adducentur régi (mélodie de Paratum).

Diffusa est gratia(mé\. de Haec dies). *

Specie tua (id.).

Tel est le nombre relativement restreint des versets alléluialiques contenus dans les plus anciens livres, et qui nous présente déjà certainement un développement du genre depuis saint Grégoire jusqu'à Adrien.

Au point de vue musical pur, ces pièces présentent un très grand intérêt, car elles partent de la formule ornée psalmique ou hirmique primitive pour arriver à une forme entièrement libre, caractérisée surtout par l'abondance et la justesse d'expression de la l'ocalise. La vocalise elle-même finit, en certains cas, par l'emporter, et, à la fin du viii^ siècle, et au ix% donne naissance au genre séquence, d'où sortira, dans le cours du même siècle, la prose.

Par les timbres mêmes employés dans les premières proses, nous avons un critérium très précis de l'exactitude de la tradition musicale et de l'enseignement rythmique et tonal de l'école grégorienne, ces timbres, d'abord vocalises, n'étant que les développements mélodiques d'un thème d'alleluia. L'étude de ces compositions et de ces formes nouvelles ne rentre pas dans le cadre de cet ouvrage.

,S 7. — Les antiennes de procession.

Enfin, la première partie de l'antiphonaire se clôt par la série des antiennes litaniales ou processionnelles. L'ancienneté de leur usage

ferment un autre chant, très orné, avec un second verset Notum. Voyez Appendice, n» V.

Certains mss. renferment des alléluias qui leur sont particuliers et ne sont pas restés en usage. Les autres versets qui ne figurent pas dans cette liste et les suivantes et sont au romain actuel datent au plus totdu xi" siècle.

(i) Additions principales: vm' s. Elegit te (mélodie de Reiemptionem, liste précédente; n'est plus en usage) ; ix" s., Mémento Domine ; fin x', Justus germinabit ; x\', Posuisti.

(2).\dditions principales : ix« s., Te martyrum ; x«, Preliosa, deux mélodies. Pour les ApOtres : iîp-x' s., Coeli enarrant ; Nimis honorait sunt, f, Dinumerabo.

n'est pas à démontrer : nous avons déjà envisagé certains introïts comme n'étant autre chose que les antiennes de la fin delà procession, alors que le clergé entre à l'église. On a vu saint Grégoire prescrivant la « litanie septiforme », et ses envoyés débarquer en Angleterre au chant de la litanie Deprecamiir, qui figure justement en notre antiphonaire. Plus tard, Serge I" prescrit des processions nouvelles, qui donnent lieu à la composition de chants d'un style différent du précédent.

Dans leur ensemble, les antiennes de litanie doivent donc être considérées comme faisant partie du vieux fonds grégorien.

Leur usage élait surtout propre aux jours de pénitence, de supplication publique, dans les fériés des jours de jeûne. Quand la procession approchait de l'église où devait être célébrée la messe, on interrompait le chant des antiennes, pour dire la litanie simple, avec les invocations du peuple en réponse à celles de la Scliola cantoninu terminées par le Kyrie eleison. Quand on était entré dans l'église, au chant de l'introït, on ne disait pas ces jours-là le Kyrie, dit précédemment (1).

Un second usage de ces antiennes était fait pour les transports solennels des reliques des saints, et particulièrement celui qui a lieu à la dédicace d'une église.

Il y a donc dans les antiennes litanialcs des œuvres d'un caractère de tristesse et de supplication, et d'autres d'un caractère de jo\'eux triomphe. La plupart ont disparu de la liturgie actuelle, avec les cérémonies qu'elles accompagnaient : aussi n'en donnerons-nous pas ici la liste; nous mentionnerons seulement celles qui sont encore usitées ou qui ont été rééditées en ces dernières années :

I» Les antiennes de dédicace, toujours en usag^ au pontifical. 2° Exsurge Domine, Rogations et diverses autres processions. 3" Parce quem redemisti (2).

Clemcntissime, exaudi (3).

Dimitte, Domine (4).

Deprecamur te (5).

In sanctis (6).

Exaudi nos (7).

Les antiennes de la bénédiction des cendres sont données aussi par divers manuscrits comme litaniales.

(i) Ordos, passim.

(2) A. Gastoué, Les Piinci/'aux Chjiils lilui^'i.jues, Paris, igo'j, page 179 (en notation moderne); Paris, 1904, page 179 (en notation ancienne". (5) IJ., éd. 1904, page 179.

(4) Vjriae preces, Solesmes, 3' éd., 1S92, page 254.

(5) Dom Pplhier, kiv. du ch. ^rcg., II« année, page 139.

(6) PiocessionaU iiît/iiusi/cum, Solesmes, 1893, page 20S. 17) /''., page 49.

LA SECONDE PARTIE DE L ANTIPHONAIRE (rESPONSORI AL).

II est beaucoup plus malaise de fixer avec précision l'ordre original de la seconde partie du livre des antiennes et des répons que celui de la première.

Deux causes principales ont en effet contribué à troubler l'ordonnance des manuscrits de chant ancien qui nous sont parvenus.

La première est que ces livres ont été écrits tantôt pour l'ordre séculier, tantôt pour le monastique, qui diff"éraient, et diffèrent encore, dans l'attribution des antiennes et des répons aux diverses parties de l'office. Des livres monastiques ont pu être transcrits d'après des livres séculiers, et ptce versa, chaque copie étant modifiée d'après l'ordre liturgique auquel elle devait servir.

Une seconde cause est qu'on n'a pas craint d'augmenter les offices et les chants de cette partie, tandis qu'on touchait à peine à la première.

Aussi une certaine confusion règne-t-elle dans les manuscrits du responsorial; on en aura une idée en étudiant l'office de Noël d'après le dépouillement de plusieurs manuscrits déjà publié par un de nos savants confrères (i).

Ainsi, il est impossible de fixer avec certitude l'origine, le choix et l'ordre des chants des premières vêpres, sauf l'antienne Z)«w orttis fiicrit h Magnificat. Aux nocturnes et aux laudes, les manuscrits s'accordent sur le choix et l'ordre des invitatoire et antiennes, pour l'office séculier; on peut noter que les répons Hodie nobis coeloriun n?.v et Hodie uobis de coelo sont le premier et le deuxième; qu'au second nocturne, il y a toujours au moins un répons en l'honneur de la Vierge Marie, généralement Beata Dei Genitrix ; qu'au troisième on trouve toujours le Verbum caro ; que l'antienne de Benedictus est Gloria in excelsis, et que les cinq antiennes des psaumes, à vêpres, sont fixes. C'est tout ce que nous savons avec certitude sur l'ordre des chants, et il en est à peu près ainsi pour tous les principaux offices. Cependant, disons que cette matière a été jusqu'ici peu travaillée, et que l'étude comparée des manuscrits séculiers anciens pourra faire jaillir la lumière, sans oublier cependant que la liturgie monastique a reçu, elle aussi, l'empreinte grégorienne.

Toutefois, ce qui ressort de cette étude est, de prime abord, que les antiennes et les répons de l'office, dans l'antiphonaire grégorien, à part quelques exceptions, n'ont pas de place déterminée (2). Les églises ont choisi ce qui leur convenait le mieux.

(i) D'' Wagner : Ursprung uni Eiitivicldung des Lititrg. ges., Kribourg en Suisse, lyui, p. 177 et s. ; ou édition française : Origine et développement du chant liturgique, trad. J. Bour, Tournai, 1904, p. 174 et s.

(2) Seuls les psaumes, les anlienncs qui en sont tirées et les antiennes ii Magnificat et Benedictus ont une place tixe.

Ainsi, encore à la fin du x* siècle, l'antiphonaire monastique écrit à Saint-Gall par le bienheureux Hartker contient des séries de ce genre : pages 34 et suivantes, pour la semaine la plus proche de Noël, sous le titre j-espons., douze répons sans désignation spéciale, et pages 40 et 41 , pour la même semaine, douze antiennes 0(i) à vêpres, sans autre indication; ainsi encore, quelques pages plus loin, le troisième nocturne de Noël est suivi de dix répons ; un siècle et demi plus tôt, l'antiphonaire de Charles le Chauve met au même endroit dix-sept répons. D'ailleurs, les uns et les autres des manuscrits mettent souvent un certain nombre d'antiennes à Mcig-nijîcat et à Beuedictiis, jusqu'à douze et plus. Mais, à part quelques exceptions, tous ces répons et antiennes, bien que dans un ordre différent (2), se retrouvent dans la plupart des manuscrits, ce qui témoigne de leur origine grégorienne, quoique d'arrangements postérieurs quant à leur ordre dans l'exécution.

Cette diversité dans l'arrangement des chants de l'office faisait déjà le désespoir des érudits du i.x" siècle ! On pourra lire dans l'ouvrage d'Amalaire déjà cité (3) de très intéressants renseignements sur ce sujet. Mais le travail de cet auteur et les indications données par d'autres nous signalent un certain nombre de pièces et d'offices ne remontant pas à saint Grégoire, et cela est fort précieux, puisque par là nous savons que ces auteurs avaient des mo^-ens de renseignements qui nous font maintenant défaut.

Nous savons donc ainsi que ne sont pas grégoriens :

1° Les offices des fêtes pourvues de chants propres, ajoutés depuis saint Grégoire (voir les notes sur l'antiphonaire des messes), savoir : la Dédicace ; la Purification, la Nativité, l'Assomption, la sainte Croix, du temps de Serge P'' ; l'office de la Trinité, d'Alcuin, la Toussaint, un peu plus récente ;

2" Les répons du temps de la Passion qui ne sont pas tirés de l'Evangile ou des Prophètes;

3° Les antiennes des matines de Pâques et de Pentecôte, celles de Benedictus et de Magnificat des dimanches ; ces antiennes furent apportées de Rome en France au temps des papes Etienne et Paul (vers l'an 760), inais n'étaient pas incorporées dans la liturgie officielle, et ne figuraient pas dans les exemplaires de Tantiphonairc grégorien envoyés par Adrien à Charlemagne;

(i) On nomme ainsi les antiennes commençant par O : O Sapientiii ; O Adonai ; 0 Radix Jesse ; etc. Une antienne du même genre et presque de la même mélodie fut chantée par Kéde au moment de sa mort, témoignant déjà de la fixité, au cours du vin'" siècle, de certains chants de rantiphonairc-rcsponsal (voir page 90).

(2) Et encore les mûmes répons se chantent-ils avec divers versets.

(3I De OiJine Antiphonarii (Patr. Lai., t. CV, c. 135S). Cf. plus haut, p. 229-230.

LE RÉPERTOIRE GRÉGORIEN 2-]q

4° Les séries de répons sur les histoires de l'Ancien Testament, sauf quelques pièces des dimanches avant Pâques (i).

5° Quelques pièces telles que le répons Aspiciens, au début de l'Avent, et le répons Gaude, Maria Virgo.

On peut ajouter à cette liste :

6° Les offices propres à certaines églises ou à certaines contrées, qui furent composés vers la fin du viii" siècle et au ix", à l'imitation des chants grégoriens, en utilisant parfois des éléments locaux préexistants, comme ceux de saint Denys, de saint Maurice, de saint Martin, etc. ;

7° Les offices, même romains, propres à certaines églises, et qui ne cadrent pas avec les messes du sacramentaire et de l'antiphonaire, tels que ceux de saint Sébastien et de saint Hippolyte ;

8" Enfin, les offices de fêtes très anciennes à Rome, ou introduites par saint Grégoire, mais composés d'extraits des Acta sanctorum non lus à cette époque dans les églises papales, comme ceux des saints André, Clément, Cécile, Lucie, Agnès, Agathe, Laurent. Les offices de saint Pierre et de saint Paul sont du même style que les précédents. Cependant, nous avons déjà dit comment ces offices pouvaient être contemporains de saint Grégoire, et pouvaient même l'avoir eu pour auteur, en tant qu'offices monastiques.

On a donné une autre raison pour les reporter aux temps les plus anciens de la fixation de l'office romain : si les règles canoniques ne laissaient pas lire dans la liturgie officielle les actes des saints, rien n'empêchait les musiciens d'y puiser pour le texte de leurs compositions. Cette raison, d'apparence séduisante, ne nous satisfait pas, les répons, par exemple, qui sont tirés des actes, se liant à leur lecture d'une manière très étroite, puisque le rôle liturgique de ce genre de répons est précisément de partager par des chants le long récit desdits actes. Aussi, préférons-nous conclure ou que ces chants sont originaires des églises monastiques romaines, dans lesquelles rien n'empêchait de lire ces actes, ou qu'ils datent du temps où ces actes furent introduits dans la liturgie papale. De façon ou d'autre, lesdits offices dateraient au plus tard du cours du vii"^ siècle, ce qui n'empêche plusieurs de leurs parties de pouvoir remonter beaucoup plus haut (2).

Après avoir ainsi écarté tout ce qui, dans les anciens livres, était déjà reconnu, vers l'an 800, comme n'étant pas de l'édition grégorienne, et tout ce qui est susceptible de ne pas y avoir figuré, nous considérerons comme grégoriens tous les autres offices, savoir :

(i) Voir page 230.

(2) Ainsi, le verset Solve, jubente Deo, à la fête de saint Pierre, se lisait au vn<= siècle dans la bibliothèque de Saint-Pierre de Rome; mais le répons Qui regni claves, du même oflice, est partiellement emprunté à une inscription de la fin du v" siècle, dans la même église. Cf. Batiffol, Hist, du br. romain, p. 254.

2So I.ES ORIGINES DU CHANT ROMAIN

Les offices de l'Avent et du temps de Noël, avec ceux des saints Etienne, Jean et Innocents ; mais une partie seulement des chants de la Purification (i) ;

Les antiennes et répons psalmiques du fonds primitif des dimanches et fériés per aumim et du temps pascal ;

Les offices de la Septuagésime à la Pentecôte, sauf les antiennes et répons plus haut signalés;

Les antiennes et répons pour les fêtes des saints au temps pascal ;

L'office de saint Jean Baptiste;

Peut-être une partie des offices de saint Pierre et de saint Paul ;

L'office de saint Michel ;

Les offices des apôtres, confesseurs, mart\rs, vierges, en qui nous avons vu, avec d'autres liturgistes, les offices primitifs des saints Pierre et Paul, Jean, et autres célébrés à Rome de longue date, remplacés, vers le vil' siècle, par les offices nouveaux tirés des Actes. C'est même, croj'onsnous, la raison pour laquelle les offices nouveaux répètent constamment les timbres d'antiennes des autres offices (2).

L'office des morts, en tenant compte des réserves exprimées pages 243 et 244.

Une partie des antiennes pour les cantiques Bciiedicite, Beiiedictus, Mai^iiijïcat, tirées de ces cantiques et dont quelques-unes seulement sont restées en usage dans l'office férial.

Les invitatoires ordinaires.

Quant aux hymnes, elles étaient complètement en dehors de l'ordonnance de l'antiphonaire (v. page ()d).

Telle nous considérons avoir été l'ordonnance de la seconde partie de l'antiphonaire grégorien; tels furent les modèles offerts aux compositeurs liturgiques des temps postérieurs, modèles que fréquemment ils copièrent ou imitèrent, souvent égalèrent, parfois dépassèrent, en tirant des efforts des générations précédentes les matériaux de nouveaux développements, de nouveaux styles, témoignant de la vitalité artistique et de la souplesse des formes du vieux chant chrétien, héritier direct de la Grèce et de l'Orient.

(1) Ainsi la série O aJmiijbiU commercium, que nous disons aussi acluellemcnt au i"^ janvier, doit être rapportée au style gréco-latin du temps de Serge I".

(2) Ainsi : Tu es Feints, à la (été de saint Pierre, est sur ICcce sjcerdos des confesseurs ; la quatrième antienne de saint Jean l'Apôtre, sur celle qui lui correspond dans la série Iloccst praeceplum ; etc.

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