‹ Les origines du droit de régaleChapitre 24 sur 87 · Bas Kirchenrecht, t. I, p. 6o/i, n · texte numérisé non relu

Bas Kirchenrecht, t. I, p. 6o/i, n

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Reims est primate II est l'un des premiers, des plus anciens et des plus honorés parmi les primats, puisque déjà saint Rémi remplissait les fonctions de vicaire du pape pour les Gaules. L'église de Reims ne possédait au commencement du pontificat d'Ilincmar d'autres privilèges authentiques que le privilège aujourd'hui perdu qu'avait reçu Tilpin avec le pallium et qui reconnaissait simplement à son église la qualité de métropole. Pour résister aux prétentions des églises voisines el faire tourner les tendances des Décrélales isidoriennes au profit de la sienne, llincmar a, semble-t il, composé ou fait fabriquer les deux privilèges d'Ilormisdas et d'Hadrien.

Ce travail fut exécuté peu de temps avant qu'Hincmar écrive cette lettre à Léon IV. En effet les Fausses Décrétâtes ne sont certainement pas antérieures à 847 et n'ont été connues qu'aux environs de85o2. Le faux privilège d'Hadrien qui en subit l'influence était donc un tout nouveau-né quand, en 852, la correspondance d'Hincmar accusait la connaissance qu'avait cet archevêque des Fausses Décrétâtes et de lia lettre d'Hadrien.

La date oii Hincmar se préoccupe pour la première fois d'établir la primatie de son siège est donc celle où le faussaire a travaillé. Quelques années seulement après son é'iévation, alors qu'il cherche à réparer le dommage causé à son église pendant la vacance du siège, on s'explique qu'il ait besoin d'un privilège interdisant toute dlvisio des biens. A l'en croire, il n'a sollicité des privilèges du siège apostolique que parce que son diocèse et sa province étaient divisés entre deux royaumes. Le pseudo-Hadrien en accordant à la province de Reims une sauvegarde contre toute

I. LV Capit., iC : (( AUarnen, vclis noiis, saiictus Hormisda papa iibi oslendet priin.itoin csso hujus provincia» ilhim qui in sedo boali lleinigii... esl ordiiialus cpiscopus » (col. 338). llincmar cilc ensuite m extenso le privilège.

a. Cf. P. Fournier, Elude sur les Fausses Décrélales, p. 37.

[4b8] LA LETTRE INTERPOLÉE 1)' HADRIEN T A TTLPIN 45

menace d'un démembrement répond exactement au souci dont Hincmar était possédé au temps où il demandait à Léon lY un privilège qu'il n'obtint que de ses successeurs. C'est en supposant le faux fabriqué à cet instant qu'on s'explique le mieux les particularités du récit, spécialement la transposition de l'histoire d'Ebbon en celle d'Abel et de Rigobert. Les malheurs d'Ebbon sont encore présents alors à toutes les mémoires et il est très naturel qu'Hincmar lui-même se soit figuré sous les nriêmes couleuis l'histoire des anciens évêques de Reims. Ebbon est mort le 21 mars 85i ^ ; en 852, l'archevêque qui détient son siège peut par conséquent désormais regretter que des archevêques de Reims aient été jadis déposés sans jugement régulier et sans intervention du pontife romain. Hincmar va en effet solliciter et obtiendra en 855 de Benoit III, puis de Nicolas I des garanties expresses à ce sujet pour lui-même. Il est à cette heure exactement dans la situation où s'est trouvé Tilpin qui fort heureusement, suivant le récit du pseudo-Hadrien, a pu occuper solidement un siège où Abel après Rigobert n'avait pu se maintenir. Au même titre que Tilpin est le successeur légitime d'Abel et de Rigobert, chassés de Reims sans forme de procès, Hincmar occupe le siège d'où Ebbon avait dû descendre. Il a obtenu lui aussi des restitutions à la suite de la divisio qu'avait favorisée la vacance du siège, après l'expulsion d'Ebbon comme après le bannissement d'Abel. Ainsi que Tilpin, il a déjà partiellement rétabli l'ordre dans sa province, la discipline parmi son clergé. Toutefois il y a présentement, comme au début du pontificat de Tilpin, des clercs qui refusent de se laisser corriger et juger par l'ordinaire. Peu de temps après avoir écrit à Léon IV au sujet des privilèges de son église, Hincmar traduira, le 26 avril 853, devant un concile réuni à Soissons et il y déposera des clercs ordonnés par Ebbon. Ceux-ci avaient reçu aussi certains

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