‹ Les origines du droit de régaleChapitre 38 sur 87 · Hist. de Languedoc, t. ii, Pr., 156, col · texte numérisé non relu

Hist. de Languedoc, t. ii, Pr., 156, col

2. Dipl. de Carloman, 4 juin 881, pour l'église de Narbonne, rappelant que l'archevêque Sigebode « qusedam receperit ad augmentum suse ecclesias beneficiola » (t. v, 3, col. 69).

3. Une pièce attribué à Angilran de Metz, datée du 18 mai 787, et qui est évidemment un faux très postérieur, édicté en faveur du monastère de Saint- Nabor : « Caetera vero ecclesiae bénéficia... abbas et fratres in perpctuum possiderent » (Calmet, Hist. de Lorraine, t. i, Pr., p. 293).

4. Charte d'Héricus, évêque de Langres, qui, à la prière du laïque usurpateur des dîmes de Vabbatiola, concède aux chanoines « beneficium abbatiolsB sancti Martini decimasque » (Pérard, p. 63).

5. « Fridcricus dux beneficium jam dictœ abbatise, tantum tcmpore vitae su», teneat...; Gerardus episcopus et ecclesia ipsius prsebendam monachorum in vestitura possideat et quantum ex bénéficie ipsius abbatiae a jam dicto duce consequi poterit » (973, Mon. Germ., Diplom. regum. Germ., t. ii, 62, p. 72).

de cette casa^. Cession est faite, en 892, à l'église Saint- Etienne de Lyon d'une église sise hors les murs, avec le petit bénéfice qui appartient à celle-ci^. Le monastère de Saint-Julien de Tours devient propriétaire, en 939, d'une église et de tous les biens qui constituaient le preshyteriurn et le beneficium de cette chapelle ^. Vers 949, Maymbodus, évêque de Mâcon, et ses chanoines accordent à un fidèle l'église de Saint-Étienne à Lantigné, avec le beneficium dû à cette chapelle, avec tous les biens et dîmes en dépendant ^. En 958, un certain Gausbert demande à l'évêque de Mâcon pour ses deux fils, en précaire, une colonica qui est la propriété de Saint-Vincent de Mâcon; elle faisait partie de la dotation du chapitre et appartenait au bénéfice de l'église de Saint-Germain de Tramayes^. Le beneficium de l'église de Savigny dépendait de Saint-Marcel de Chalon; avec l'assentiment du comte Robert, qui détenait Vabbatia du monastère, l'évêque fit cession, en 960, à deux personnages, de la chapelle, de son bénéfice et de ses dîmes ^. En 986, l'évêque de Nevers donne à son chapitre les autels, dîmes, oll'randes de deux églises dont déjà ses chanoines avaient les bénéficia '. Les revenus de l'autel s'ajoutèrent à ceux

1. Charlo dv Caribcrnus : (t eedo capellam meain... ciim ipso beneficio qiiod ipsi oasœ rospirit » [CaH. SaiiiZ-Julien, éd. Doniol, 77, p. 97).

2. Dipl. de Louis 1" Aveugle, 18 mars 892 : « curu benefitiolo ad ipsani pertinente » [Cnrl. de Grenoble, éd. Marion, 31, p. 72).

3. Charte de Hugues le Grand : « cuni omnibus presbyterii capellae ac benefieii circumquaque adjacentibus rébus » (Hist. de France, t. ix, p. 722). Le presbyteriiini, c'est le bénéfice du prêtre desservant, comme Vepiscopium est le bénéfice de l'évêque. La même évolution des idées a engendré Vepiscopium, Vahbalia et le presbyleriurn. Mais, à la ditïérence du bénéfice de lévêque, de labbé, celui du prêtre rural, le presbyterium, se distingue, comme le marque clairement le texte cité, du beneficium de l'église.

4. Notice : « concesserunt capellam cum beneficio sibi debito et rébus et decimis sibi pertinentibus » [Cari. Sainl-Vincent, éd. Ragut, 9, p. 8).

5. « Ex rébus sancti Vincentii, de ratione fratrum, quod est de beneficio ecclesie sancti Germani » (413, p. 238).

6. (.harte de Froger, évêque de Chalon : » capella... et pertinet ejus beneficium ad abbatiam sancti Marcelli » ( Gall. christ., t. iv, Instr., col. 226).

7. i' Dédit ad supplément um vicias canonicorum sancti Cyrici quarumdam ecclesiarum altaria cum decimis et oblationibus, cunctisque ad ea pertintntibus. «luariim etiam bénéficia ipsorum erant canonicorum « [Gall. cfirisl., t. XII, Instr., col. 319K

des biens-fonds qui constituaient les bénéfices de ces églises. Très souvent aussi, dans la seconde moitié du X® siècle, des évêques cèdent à une communauté monastique les droits qu'ils possèdent sur des églises rurales de leur diocèse, attendu, disent-ils, que les moines sont déjà en possession des bénéficia de ces chapelles^.

Le bénéfice d'une église rurale dépend de celle-ci et suit les destinées de l'église qui a elle-même un propriétaire laïque ou ecclésiastique. Aussi appartient-il souvent au bénéfice d'une église cathédrale ou monastique, à un episcopatus, à une ahhatia. Le bénéfice de l'église de Saint-Germain de Tramayes était compris dans l'avoir de Saint-Vincent de Mâcon, c'est-à-dire dans le bénéfice des chanoines. Celui de l'église de Savigny a ppartenait à Vabbatia de Saint-Marcel.

Ainsi les biens d'un évêché, d'une abbaye constituent à la fois le beneficiiXm de l'église et celui du prélat qui la gouverne. Mais ce n'est pas seulement au sens restreint de temporel d'une église que Vabbatia et V episcopium constituent le bénéfice d'un prélat, c'est aussi au sens plus large d'établissement religieux.

D'un monastère ou d'une abbaye — de l'un ou de l'autre, car souvent les deux termes sont des synonymes — on dira que cet établissement constitue le beneficium de l'abbé. En 844, cession fut faite de la cellula sancti Saturnini, bénéfice d'un certain Waldremar^. Les bénéfices

1. Le 11 juin 992, Gérard, évêque de Toul, donne à Saint-Bénigne de Dijon es dîmes d'une église : « et quia beneficium ipsius capellse ad prsedictum

locum respiciens erat, altare quod juris erat episcopi, perpetuo monachis concessit » (Pérard, p. 166). Le 15 mai 956, l'évêque de Mâcon, Maymbodus, cède à Cluny, aux dépens de la cathédrale Saint- Vincent, les dîmes de deux églises : « nam predia earum sancti Pétri (Cluniacensis) erant » [Chartes de Cluny, 1000, t. ii, p. 94-95). Ces predia représentent évidemment le beneficium. Une notice de 962-963 rapporte la donation faite par l'évêque de Mâcon, Adon, au même monastère, de six églises : « Quod si querit quis cur tôt ecclesias simul dédit... pontifex, sciât veraciter quia bénéficia earum proprii juris Pétri et monachorum erant « (1139, p. 230). L'évêque fait facilement abandon des droits qu'il conserve sur des églises dont le temporel, le bénéfice, est déjà aux mains des moines.

2. En 844, en vertu d'un échange, on remet à la cathédrale de Tours Saint-Maurice et à l'un de ses établissements sujets la cellula sancti Saturnini ^^ quod est beneficium Waldremari » [Cart. Cormery, éd. Bourassé, 15, p. 31).

ecclésiastiques que tient Bérarius, ce sont des monastères et des cellse appartenant à l'église du Mans^ Hadrien II souhaite que, parmi les bénéficia dont Hérard de Tours est prié de se dessaisir en faveur d'Actard de Nantes, figure le monastère que cet évêque exilé gouvernait autrefois au diocèse de Tours ^. Le bénéfice accordé à Rothade consiste semblablement en une abbaye. Nicolas I^^ songe évidemment au gouvernement de quelques monastères quand il écrit que les archevêques de Trêves et de Cologne déposés par lui ne pourront jamais reprendre possession de leur siège, mais mériteront d'autres bénéfices d'administration ecclésiastique^. Si Vabbatia d'un monastère constitue pour un évêque qui a perdu son siège un autre bénéfice, c'est que la jouissance de l'évêché de Trêves ou de Cologne est aussi dans la pensée du pape un bénéfice. Jamais pourtant les textes ne disent expressément d'un episcopatus qu'il forme le bénéfice de l'évêque, mais certainement, dans les idées des laïques et du clergé du ix^ siècle, la charge d'administrer un évêché, une abbaye, une paroisse constituait un honor *, un beneficium.

Souvent, quand les textes marquent clairement qu'une abbaye est occupée à titre de bénéfice, il faut entendre qu'elle est tenue en bénéfice du roi. La plupart des monastères royaux en effet sont cédés en bénéfice par le roi qui, agissant à titre de propriétaire, accorde à ses fidèles

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