III
Décret de Nicolas P^ exemptant les monastères des Gaules.
Le privilège de Saint-Calais est en relation textuelle très étroite avec un décret d'ordre général relatif à la liberté des monastères des Gaules qui aurait été envoyé par Nicolas P*" et le siège romain au roi Charles et aux églises de son royaume pour être confirmé par l'anathème de tous les évêques ^
Ce document, sous la forme où il nous a été conservé, est de facture très composite. Il comprend d'abord un premier morceau qui est une reproduction partielle du faux décret deCjlrégoire P*" : Quam sit necessariura^.
p. 21 ; Les Actes des évêques du Mans, 1894, p. 36) a donné quelques traits d'une démonstration qu'il serait possible de fortifier encore sur plusieurs points.
1. J. W. 2733. « Istud decretum missum est a S. Nicolao et a S. sede Romana Karolo régi Francorum gloriosissimo regnis et ecclesiis sub anathemate omnium episcoporum confirmandum. » (Martène et Durand, Veterum scriptorum amplissima collectio, t. I, p. 152). Cette pièce a été tirée par Martène et Durand du cartulairede Prïmi, rééditée d'après leurpublication par Mansi (t. XV, col. 675), et plus récemment par Beyer dans le Mittelrheinische Urkundenbuch, t I, p. 112. Vraisemblablement, le moine de Prùm qui a composé le cartulaire utilisé par les deux Bénédictins, a jugé cette pièce intéressante pour tout monastère susceptible d'être menacé par le pouvoir épiscopal et l'a insérée pour cette raison dans le recueil de titres de l'abbaye.
2. J. \V. 1366. MiGNE, t. LXXVII, col. 1340, d'après l'appendice VII de l'édition des Bénédictins de Saint-Maur. Dans l'édition des Monum. Uenn., Hartmann n'a pas reproduit cette pièce, attendu qu'elle ne ligure pas dans le Registre du pape.
[334j E. LESNE 33
Ce faux décret parait être lui-même une seconde édition d'un premier travail qui consista à souder deux lettres authentiques de Grégoire P' ^, l'une relative aux privilèges d'un monastère de Ravenne et adressée à Tévêque Marinianus -, l'autre envoyée à l'évêque de Rimini, Castorius, au sujet des exemptions d'un monastère de cette ville ^. Le texte ainsi obtenu, complété par quelques autres emprunts à la correspondance de Grégoire *, enrichi de formules plus impératives ^, fut en outre retouché en vue d'étendre à tous les monastères les droits que ce pape reconnaissait aux deux établissements. Le rédacteur de cette pièce fausse la présenta comme une seconde lettre adressée au même Castorius*'. La dernière partie de la lettre prend déjà la forme d'un décret annoncé par un titre « de privilegiis monasteriorum «. C'est vraisemblablement l'embryon du décret Quam sit necessarium.
Le rédacteur de ce décret reproduit le texte de la fausse lettre à Castorius dont il était sans doute aussi l'auteur "'^ en
1. Cf. Greg. Reg., éd. Hartmann, t. I, p. 348, note de la lettre V, 49, et J. W. 1366.
2. Reg. VIII, 17, éd. Hartmann, t. II, p. 19. Cette lettre a VIncipit du décret Quam sit necessarium.