Cf. plus haut, p. 162, n
2. Dipl. du 26 août 832 : « mox ut divina dignatio nos, paterna sede suscepta, imperialibus sceptris inniti voluit,...adnionasticaî institutionis normani corrigendam duos religiosos et vencrabilis vitœ viros, Bcnedictum et Arnulfum abbatcs, constituimus, qui per nostrum... imperium seduli huic negotio studiose insistèrent » {Hist. de France, t. vi, p. 577).
3. Loc. cit. Précédemment, en Aquitaine, les réformateurs avaient de la même manière introduit la réforme dans une cella appartenant à des monastères qui ne l'acceptaient pas, à Cormery et à Nouaillé, dépendances de Saint- Martin de Tours et de Saint-Hilaire de Poitiers. Cf. p. 161, n. 1, et p. 162, n. 2.
4. Aux termes d'un diplôme du 29 juin 822, l'abbé de Saint-Amand s'est présenté devant l'empereur « una cum Aldrico misso nostro, quem ad prœdictum cœnobium direximus ad ordinem regulae saneti Benedicti confirmandum » (p. 530). Un peu plus tard, Aldric, devenu archevêque de Sens, réforme le monastère de Saint-Denis, mais de concert avec Ebon de Reims, et surtout, semble-t-il, en qualité de métropolitain (voir le dipl. cité note 3).
5. Smaragdus est chargé à Moyenmoutier d'établir une mense (cf. Frotharii cpist., XXI, Epist., t. V, p. 290); à Saint-Claude, de procéder en 819 à l'inventaire des biens [Catal. ahh., Script., t. xiii, p. 744).
6. D'après l'une des formulœ impériales que l'éditeur date de 818, l'abbé de Saint-Lézin d'Angers, Ingilfrédus, est allé en Bretagne « in Dei servitio et nostro » (6, Zeumer, p. 291). L'éditeur estime qu'il est allé réformer les monastères bretons. Toutefois, il est bien douteux que cet abbé soit un régulier, car les religieux de Saint-Lézin sont dits clerici et ne suivaient pas, par consé(|uenl, les préceptes de la stricte observance.
passage de ces délégués. Vraisemblablement il n'en fut pas question encore lors de l'assemblée de 816. C'est seulement à l'issue du synode de 817 que Louis le Pieux décréta cette rigoureuse inspection. Les délégués des moines de Reichenau ont eu le temps de se rendre à Inden, d'y étudier la pratique de la règle et ils estiment que leurs frères pourront encore s'y exercer, avant que n'arrivent les missi royaux. Cette inspection, bien que le soin d'y procéder ait été partagé entre des moines probablement nombreux, a dû d'ailleurs se prolonger. Benoît d'Aniane s'est sans doute donné à cette tâche jusqu'à sa mort (11 février 821) i. A Sainte-Colombe, il applique vraisemblablement une ordonnance impériale qui n'a été promulguée, semble-t-il, qu'après Noël 818.
(A suivre.)
Emile Lesne,
recteur des Facultés catholiques de Lille.
1. Ardon, xlii, Script., t. xv, p. 219; Chron. de Ripoll-Aniane, 821 {Ainpliss. coll., t. V, col. 915).
BULLETIN CRITIQUE
Abbé J.-Th. Welter. — Le Speculun» laicoruin. Edition d'une collection (i'Exempla composée en Angleterre à la fin du xiii^ siècle. — Paris, A. Picard, 1914. In-8^ de xxxiv-171 pages.
Cette édition du Spéculum làicorum que M. l'abbé Welter, s'échappant pour quelques instants de la bataille de Verdun, a présentée i Paris le 27 mai 1916, comme thèse complémentaire pour le doctorat es lettres, est le cinqu en e fascicule d'une collection qui formera un corpus complet de tous les recueils d'exempla. On sait de quelle importance étaient ces recueils pour les prédicateurs du moyen âge, qui s'en servaient couramment dans la composition de leurs sermons. Ils fournissent à l'historien moderne d'abondants et pittoresques renseignements sur la société et les mœurs de cette époque.
M. Welter étudie tour à tour dans son Introduction la personnalité de l'auteur, la date de la compilation, ses procédés littéraires, fait la description et le classement des dix-huit manuscrits qui subsistent, et dégage quelques-unes des données historiques que l'on peut tirer de ce recueil favorisé d'une vogue constante jusqu'à la veille de la Réforme. Jean de Iloweden ne serait pas, comme l'ont pensé certains critiques, l'auteur du Spéculum làicorum. Tout ce que l'on peut affirmer, dit M. Welter, c'est que le compilateur était anglais, affilié à un ordre mendiant et probablement franciscain. Il écrivit entre 1279 et 1282 pour un de ses confrères adonné au ministère apostolique. Il traite, non pas toute la théologie dogmatique et morale, mais seulement cette dernière pour l'instruction des ignorants : ad erudicionem rudium. Il y a là un argument de plus en faveur de la composition de cet ouvrage par un franciscain et pour un franciscain dont l'apostolat était surtout populaire et dont la prédication conformémcnl ;i leur règle, devait surtout développer les sujets de morale.
Le traité lui-même comprend 87 chapitres ou sujets de préilicatioti disposés par ordre alphabétique. Cha([ue chapitre se compose de trois parties : ime définition a\(M' dixision du sujet, des
LES ORDONNANCES MONASTIQUES
DE LOUIS LE PIEUX
et la TSLotitia de Servitio Monasteriorum ^
Sitôt après les fêtes de Noël (fin décembre 818 et janvier 819^), se tint au palais d'Aix un grand synode où l'empereur avait convoqué, avec ses optimales, de nombreux évêques, abbés, canonici et moines, et où il se proposait de compléter l'œuvre générale de Téforme entreprise à la fois dans les chapitres des églises épiscopales, les collégiales et les monastères d'observance régulière ^. L'empereur y reçut les rapports des missi qu'il avait envoyés dans les diverses régions de son royaume *. Les moines désignés par lui pour la visite des monastères réguliers furent probablement entendus eux aussi.