Voir ci-dessus, p. 161 et
2. Hist. civile, ecclés. et littéraire de la ville de Nîmes, t. i, Preuves, p. 2.
3. M. Piickert remarque (Ucber die sogenannte Notitia, Berichie, Leipzig, Phil. Classe, t. xxii, p. 48) que, dans la notice de 813, les harones viennent prendre place après les comités que signale seulement le passage correspondant de la chronique de Moissac (éd. améliorée de Pertz, Script., t. ii, p. 259). au
Revue d'histoire de l'Église de France, 1920, t. vi. 29
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qui d'ailleurs est parfois fautive ^, est ici traitée cavalièrement ^. Un autre historiographe, dont l'œuvre nous est connue par un manuscrit du monastère de RipoU et qui a travaillé aussi soit sur la chronique de Moissac soit sur une source commune, prend semblablement de grandes libertés avec les dates. Mais, tandis que l'annaliste de Ripoll fait des emprunts à maintes autres sources ^, le chroniqueur de Saint-Gilles ne possède, en dehors de la Notitia, aucune information qu'on ne retrouve dans la chronique de Moissac. Son œuvre, dont sans doute la dernière partie seule a subsisté (de 813 à 818), est apparentée de beaucoup plus près à cette chronique qu'aux annales conservées par le manuscrit de Ripoll ; elle dépend peut-être directement de l'ancienne chronique qu'ont utilisée les autres annalistes ^.
lieu de presbyteri et diacones que donne la chronique de Ripoll (Martènc et Durand^ Ampliss. coll., t. v, col. 912) ; que, dans la notice de 817, les missi des chroniques citées, expression qu'on ne connaît plus alors, sont remplacés par les milites. De même en 813, le coiwentus magnus populi des chroniques apparentées devient le cofu^entus magnus prelatorum. Toutefois, l'expression harones n'est nullement étrangère à la langue du ix® siècle (« cum inlustribus viris et sapientibus baronibus vestris », Consilium Karolo datum, 856 : Capit., t. II, p. 424) et peut avoir appartenu à la rédaction primitive,
1. On a vu plus haut (p. 165, note 2) que la chronique de Moissac attribue à l'année 815 le synode réformateur de 816.
2. La chronique de Saint-Gilles, éditée par Ménard, attribue à l'année 817 des faits rapportés dans les mêmes termes par la chronique de Moissac à l'année 815.
3. Cette chronique est désignée d'ordinaire sous le nom de Chronique d'Aniane. Pertz [Script., t. i, p. 282-313) et dom Bouquet [Histor. de France, passim) l'ont fondue avec la chronique de Moissac, telle que l'avait éditée François Du Chesne au t. m des Historiœ Francorum scriptores coetanei. Des extraits en sont publiés parmi les pièces justificatives de l'Histoire du Languedoc (t. ii, col. 1-12) ; Martènc et Durand ont édité intégralement, au t. V de V Amplissima collectio (col. 883-916), le texte fourni par le manuscrit unique qui provient du monastère de Ripoll. Cette chronique contient des renseignements qui intéressent spécialement Aniane. Comme le manuscrit de la chronique de Moissac a été trouvé aux archives de ce monastère, on lui en attribue le nom. Il convient aussi de désigner par le nom du monastère de Ripoll, où le manuscrit s'est conservé, une chronique qui peut-être a été rédigée à Aniane. Elle rapporte aux années 816, 818, 821, 838, les données que la chronique de Moissac date respectivement de 815, 816, 817, 818. L'annaliste dont l'œuvre a trouvé place aux archives de Ripoll utilise en o.utre la Vie do Charlemagnc par Einhard, colles do Benoît d'Aniano et de Guillaume de Gellone (cf. Hist. du Languedoc, loc. cit., note 2).
4. La chronique édiléo par Ménard no ronformo aucune dos doiuiéos intéressant Aniane propres aux annalos de J^ipoll, et quand il y a divorgonce
Dès 1629, la Notitia avait été publiée par Sirmoiul. Elle a été, dit-il, tirée autrefois (olun depromptam) du monastèfe de Saint-Gilles. Il la livre au public avec les fautes qui la déparent, en attendant qu'un meilleur exemplaire en soit découvert ^. André Du Chesne, qui l'édite en 1636 d'après un codex du monastère de Saint- Gilles sans faire mention de la publication de Sirmond, avait sous les yeux soit un manuscrit de la même famille, soit plus probablement le même manuscrit, qu'il déchiffre sans le secours de son devancier et parfois autrement que lui ^. Tous les éditeurs postérieurs, anciens et modernes, à l'exception de Ménard, se sont contentés de repro-
importante de leçon entre la chronique de Moissac et celle de Ripoll^ le chroniqueur de Saint-Gilles reproduit le texte de la première. Cf. Pûckert, loc. cit., p. 48, note 6. Cet érudit estime pourtant que la chronique de Saint-Gilles donne quelques variantes propres au manuscrit de Ripoll-Aniane. Le clironiqueur de Saint-Gilles a d'ailleurs des leçons à lui particulières, « supra thronum » au lieu de super, et d'autres qui sont dues peut-être soit au rajeunissement du texte, soit au souci d'abréger. La formule annalistiquc de la Notitia « anno vero incarnationis Domininostri Jesu Christi » ne se rencontre exactement identique dans aucune des deux autres chroniques, où on lit « anno ab incarnatione Domini » (Ripoll : Martène, loc. cit., col. 883, 912, 913 ; Moissac : Script., t. i, p. 290, 291) ; « anno incarnationis dominicae » (Ripoll : loc. cit., col. 886 ; Moissac, p. 289) ; « anno incarnationis Domini » (Moissac : loc. cit., col. 304). Mais on verra plus loin (p. 466, n. 6) que l'emploi de la scedula a pu faire modifier la formule. Quoi qu'il en soit, l'hypothèse préférée par les éditeurs de l'histoire du Languedoc (loc. cit.) au sujet des chroniques de Moissac et de Ripoll-Aniane, qu'une même chronique en est la source commune, peut être appliquée encore à celle de Saint-Gilles et aussi à une autre qui, comme on le verra plus loin, renfermait aussi la Notice.
1. « Notitiam infrascriptam quam ex monasterio S. ^gidii apud Septimanos olim deprom^^tam, vel cum his quibus scatet mendis, donec emendatius exemplar se ofîerat, non indignam luce arbitrati sumus » {Conc. anliqua Gallise, t. ii, p, 684-685).
2. Hist. Franc, scriptores coetanei, t. ii,. p. 329-334. Du Chesne donne la leçon Fariniacum au lieu de Flaviniacum (Sirmond), sans marquer qu'il s'agit d'une variante ; il a lu autrement, semble-t-il, un mot du manuscrit de Sirmond. Le Cointe, qui déclare en 1678 se servir exclusivement des éditions de Sirmond et de Du Chesne [Ann. eccles. Francorum, t. vu, p. 449, 457), songe évidemment à ce dernier quand il écrit (p. 450) à propos de Flaviniacum : « Quidam legunt Fariniacum. » A plusieurs reprises, n'étant sans doute pas sûr de la lecture, Du Chesne indique en marge, sous la formule aliis, une autre leçon, qui n'est jamais celle de Sirmond : Creauza, al. Crenuza ; Brantosmurii, al. Brantosmense, etc. Faite vraisemblablement d'après le même manuscrit, l'édition de Du Chesne est par conséquent indépendante de celle de Sirmond. S'il avait utilisé celle-ci, il n'eût pas manqué de la signaler. C'est donc bien à tort que Le Cointe écrit (p. 449) : « Sirmondanam editionem sccutus est Andréas Duchesnius, ne uno quidcm apice addito vel cxpuncto. »
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duire le texte publié par Sirmond et Du Chesne, en le corrigeant quelquefois et en l'interprétant, mais sans le secours du manuscrit utilisé par ces deux érudits ni d'aucun autre ^. Sirmond et Du Chesne ont publié seulement la Notice ; nous ne savons pas si elle était isolée déjà dans le codex^ qu'ils avaient en mains, ou s'ils l'ont extraite eux-mêmes, sans nous en avertir, d'une chronique qu'ils n'ont pas jugé utile de reproduire comme l'a fait Ménard. Nous ignorons aussi l'âge du manuscrit.
La leçon que nous a fournie Ménard diffère suffisamment de celles de Sirmond et de Du Chesne, même si l'on néglige plusieurs variantes de pure forme ^, pour qu'on soit assuré que les érudits du xvii^ siècle n'avaient pas sous les yeux le manuscrit qu'utilise l'historien nîmois. Dans le préambule du manuscrit de Sirmond et de Du Chesne, on lisait la date de 817, qu'ont reproduite tous les éditeurs sauf Ménard. De la part de cet érudit, qui date la pièce de 818, il n'y a certainement pas eu faute de lecture. Dans la chronique qu'il édite, la notice consacrée à l'année 818 suit en effet une autre note annalistique rapportée par l'historiographe à l'année 817. Ménard
1. Delalande, dans le supplément qu'il donne, en 1666, aux Concilia antiqua de Sirmond, édite à nouveau la Notice (p. 104-105), mais en tenant simplement compte de l'édition de Du Chesne; le plus souvent, il en reproduit la leçon ou adopte la correction donnée en marge par cet érudit. Baluze, en 1677, dans ses Capitularia (t. i, col. 589-592), reproduit mot pour mot l'édition de Sirmond. Comme Le Cointe (cf. note précédente), Mabillon en 1704 (Ann. O. S. Ben., XXVIII, lxiv, t. ii, p. 436-439) et dom Bouquet en 1749 [Histor. de France, t. vi, p. 407-410) utilisent simplement les éditions de leurs devanciers ; à la connaissance du dernier, aucun manuscrit meilleur que celui de Sirmond n'a été découvert (p. 407, note a). La seconde édition des Capitularia de Baluze, publiée par de Chiniac en 1780, indique (col. 589-592) les variantes de l'édition de Delalande. Pertz, au t. i des Leges (p. 223-225), s'en tient aux éditions de Sirmond et de Delalande ; les leçons différentes qu'il fournit sont, comme le marquent ses notes, de simples corrections faites par lui. Boretius, au t. i des Capitularia (p. 350-352), se contente de reproduire le texte édité par son devancier.
2. Du Chesne déclare tirer la Notice « ex veteri codice monasterii sancti Egidii apud Septimanos » (p. 323). Il s'agit donc non d'un simple feuillet, mais d'un volume. Ce codex pouvait renfermer une chronique dont faisait partie la Notice, mais peut-être aussi différentes œuvres et notes, et, parmi elles, la Notitia isolée.
3. Voir à l'appendice. Dans le préambule, l'édition de Ménard introduit i>ero, remplace totius par et. Hic, des éditions de Sirmond-Baluze, est déjà remplacé par Ifis dans colle de Du Chesne.
prend soin d'ailleurs de noter la divergence des dates et tient pour fautive celle que lui fournit sa chronique ^. Si, d'autre part, Sirmond avait mal lu la donnée chronologique de la Notice, Du Chesne,qui a revu le manuscrit, aurait redressé l'erreur.
Dans toutes les éditions de la Notice, en tête de chacune des trois séries entre lesquelles sont distribués les monastères, un titre indique le chiffre total des établissements inscrits. Or, au sujet des monastères de la première classe, Ménard a lu le chiffre 16, Sirmond et les autres éditeurs, celui de 14 ; les monastères de la troisième classe sont, d'après l'édition de Ménard, au nombre de 54 ; ils sont 18, d'après celle de Sirmond. L'accord n'existe qu'au sujet du chiffre des monastères delà seconde classe.
A la vérité, abstraction faite du titre, Sirmond, Du Chesne et tous les éditeurs qui les ont fidèlement suivis^ donnent bien une. liste de 54 monastères de la troisième classe qui concorde avec celle de Ménard ; mais le manuscrit de l'historien nîmois, conformément au titre placé devant la liste des monastères delà première classe, donne des noms supplémentaires que Sirmond et Du Chesne n'ont pas lus dans le leur. On en peut conclure que certainement deux manuscrits différents ont servi de base, d'une part, aux éditions du xvii^ siècle et, d'autre part, à celle de Ménard.
La Notice a donc subi des remaniements, soit dans l'un, soit dans l'autre des deux exemplaires qu'en a possédés le monastère de Saint-Gilles. De ces deux leçons, quelle est la plus pure? laquelle a chance d'émaner le plus directement de la source où l'on peut conjecturer qu'a puisé le premier rédacteur ?
C'est, croyons-nous, le manuscrit connu de Sirmond et Du Chesne qui conserve le texte primitif de la Notice. Dans les deux exemplaires, les monastères de chacune des trois classes sont répartis par régions. Ceux de la
1. Notes^ 22^ p. 97. Ménard déclare que 818 est urxe faute de copiste et renvoie à l'édition de Baluze et aux Annales de Mabillon. La date indiquée par le texte qu'ils publient correspond seule, à son sens^ au rapport fait par la Vita Hludowici de la « célèbre assemblée » de réforme du mois de juillet 817.
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première et de la deuxième section appartiennent à la Francia occidentale, y compris Bourgogne et Provence ^, à la région sise par delà le Rhin, à rAlémanie,à la Bavière. Dans l'édition de Sirmond comme dans celle de Ménard, le nombre des noms alignés correspond ici exactement à l'énoncé du titre, bien que, pour la première classe, l'édition de Ménard indique des unités supplémentaires et un total plMS élevé. Au sujet de la troisième classe des monastères, les conditions sont différentes. A la suite de noms d'établissements appartenant aux mêmes régions et rangés dans le même ordre, on trouve énumérés dans l'une et l'autre édition des monastères d'Aquitaine, de Septimanie, du Toulousain et de Gascogne. Mais,
1. Peut-être^ toutefois, l'un des monastères ajoutés à la liste des établissements de la première classe par la chronique de Saint-Gilles, monasterium Prub... Mediolano, doit-il s'entendre, comme le pense M. Piickert {loc. cit., p. 47, note 3), d'un monastère d'Italie (Saint-Protais de Milan?). M. Pûckert estime que Mediolano ne peut être corrigé en Mediolaco et s'entendre de Mettlach, attendu que cet établissement religieux n'est pas un monastère royal, mais appartient à l'évêché de Trêves. Mediolano ne désignerait-il pas Moyenmoutier? Dans une lettre de Frothaire de Toul, ce monastère est dit « Mediolanense monasterium » (xxi, Epist., t. v, p. 290, cf. plus haut, p. 332, note 2). L'éditeur estime qu'il s'agit d'une corruption du mot Medianense ; le mianuscritdes lettres de Frothaire appartenant à la fin du ix® siècle (p. 276), il se peut qu'à une époque ancienne Moyenmoutier ait été dit Mediolanum, comme Prûm était dit Prumiacum. La notice de l'édition de Ménard ou bien conserverait la forme ancienne, ou bien contiendrait la même faute. Prub... renferme les trois premières lettres du nom de Prumiacum. L'ordre suivi dans cette liste serait ainsi conforme à la géographie, comme c'est, semble-t-il, le cas dans toute la Notice. En telle hypothèse, les trois monastères Prûm, Moyenmoutier, Saint-Jean de Réôme auraient figuré dans la scedula, et la chronique de Ménard conserverait la Notice originale, dont le manuscrit de Sirmond ne fournirait qu'un texte de moins bonne marque. Mais Moyenmoutier ne devait pas figurer dans la liste, puisque la communauté est pourvue d'une mense sous un abbé séculier. Priim jouissait de privilèges en matière de contributions (cf. plus loin, p. 478, note 1) qui rendent douteuse l'insertion de ce nom dans la liste des monastères les plus chargés. Comme nous le montrons ci-dessus, c'est vraisemblablement l'annaliste de Saint-Cîilles qui, écrivant à une basse époque sa chronique, a retouché la Notice, dont il avait pris peut-être connaissance dans le même ancien manuscrit que Sirmond aurait retrouvé. Enfin le chiffre de 16, indiqué par le manuscrit de Ménard, serait à ce compte inexact; avec le monastère de Saint-Jean, le total s'élèverait à 17. Quelle que soit l'interprétation donnée à ce passage d'un text»' sans doute en mauvais état dans le manuscrit de Ménard et qu'il n'a pu déchiffrer qu'en partie, l'hypothèse la plus vraisemblable est celle d'une addition faite à la liste par le chroniqueur de Saint-(iilles, «pii ajoute arbitrairement des noms de monastères italiens ou autres dont il a tni connaissane»'.
tandis que le titre de Ménard annonce 54 monastères, chiffre exact des établissements énumérés, les éditions de Sirmond et de Du Chesne indiquent seulement 18 monastères, chiffre qui ne se vérifie qu'à condition d'arrêter la liste après les monastères bavarois ^. Cette coupure paraît d'autant plus indiquée qu'elle établit une parfaite concordance entre les listes des monastères des trois classes, qui toutes renferment ainsi exclusivement des mionastères de Francia orientale et occidentale et de Bavière.
Si, dans la source où a puisé l'auteur de la Notice, le titre qui précédait la liste des monastères totalement exempts avait indiqué le total de 54, le rédacteur n'eût pas eu l'étrange pensée de réduire le chiffre à 18, alors qu'il transcrivait exactement 54 noms. Le document dont il a fait usage renfermait donc, semble-t-il, exclusivement des listes de monastères sis en Francia, ultra Rhenum, en Alémanie et en Bavière ; le rédacteur de la Notitia les a reproduites telles quelles. Sans prendre garde au démenti que lui donnait le chiffre conservé par lui en tête de la troisième série, il a ajouté une liste de monastères appartenant aux régions méridionales de l'Empire. Le manuscrit de Sirmond nous a conservé vraisemblablement son ouvrage. Un copiste a eu plus tard souci de faire disparaître cette contradiction, il a fait concorder le total avec l'énumération de tous les monastères et a écrit 54 au lieu de 18, de même qu'ajoutant probablement pour son compte quelques noms à la première liste, il portait à 16 le chiffre primitif de 14. C'est cette copie remaniée de l'œuvre originale qu'a trouvée dans une chronique de basse époque et qu'a éditée Ménard.
La Notice publiée par Sirmond et Du Chesne est vrai-
1. Boretius prend soin de séparer au moyen d'un trait les monastères du Midi de la liste précédente ; il voit dans la dernière partie du rôle une addition {CapituL, t. 1, p. 349). Aucun des éditeurs anciens n'a fait cette coupure; le manuscrit de Sirmond et de Du Chesne ne l'indiquait évidemment pas. Suivant Le Cointe (p. 452), ces deux premiers éditeurs considéraient les monastères méridionaux comme hors cadre; le texte de leur édition ne le marque en aucune manière. Le Cointe ajoute que ces monastères ne devaient certainement, eux aussi, que des prières et il propose de substituer le chiffre 54 à 18. Il se rencontre ainsi avec le scribe du manuscrit de Ménard.
semblablement aussi extraite d'une chronique ; mais celle-ci n'était pas, semble-t-il, la même que la précédente. Dans le manuscrit de Sirmond, la date est différente ; la Notice n'occupait donc pas, dans les annales d'où est extrait le texte de Sirmond, la même place que dans la chronique de Saint-Gilles qui a été conservée; les notes annalistiques y étaient disposées autrement, comme le fait se produit, on l'a vu ^, dans toutes les œuvres historiques apparentées à la chronique de Moissac. Au reste, le texte rnême de la Notiiia présente d'autres divergences qui accusent la main de metteurs en œuvre difïerents.
Puisque la chronique d'où provient la leçon éditée par Sirmond se distingue de celle de Ménard, elle ne renfermait pas nécessairement comme cette dernière des signes de composition tardive. On ne peut élever contre le contenu de la Notiiia aucun soupçon, du fait qu'au manuscrit de Ménard elle est insérée dans une chronique de basse époque ^. Elle a dû appartenir aussi à une autre chronique qui ne prête sans doute pas le flanc aux mêmes critiques. Même dans le manuscrit de Ménard le texte de la Notice a été épargné ; on n'y rencontre aucun des termes qui, dans le reste de la chronique de Saint-Gilles, dénoncent une rédaction tardive. L'annaliste du xiii® siècle, n'y trouvant pas de termes inintelligibles à ses contemporains, l'a reproduite sans changements de forme et de style. On est donc autorisé à penser qu'elle a figuré d'abord et à peu près telle que nous la possédons, dans une chronique d'âge antérieur aux annales que Ménard a trouvées à Saint-Gilles, chronique dont le manuscrit de Sirmond conservait peut-être le texte primitif et qui était d'époque carolingienne. Le style de la Notice est celui des autres chroniques méridionales de ce temps ; elle renferme les expressions qui caractérisent les œuvres conservées à Moissac et à Ripoll ^. Peut-être l'ancienne
1. M. Pùckert [loc. cit., p. 49 et 71) estime que la Glaubivurdigkeit du document est par là fortement atteinte.