Cf. plus haut, p. 322, note
tés par les trois documents se complètent. Ardon, qui s'intéresse surtout à l'observance monastique, n'a parlé avec précision que de l'établissement d'une liste de monastères où l'abbé, lui aussi, suivra la règle et la fera observer ; c'est à ce propos qu'il signale la confirmation impériale et l'apposition du sceau. Le rédacteur de la Notice se préoccupe, non pas de l'observance et des élections régulières, mais des charges publiques imposées aux monastères; il ne note même pas qu'il s'agit d'établissements où les religieux vivent suivant la règle, gouvernés par un abbé de la même profession; il résume ou copie la portion d'un document qui lui paraît présenter un intérêt d'ordre très utilitaire et dont il songe sans doute à tirer parti pour défendre contre les exigences du fisc les maisons qu'il affectionne. Des différentes dispositions que la cédule contient, c'est la seule qui puisse être opposée aux exactions des souverains et c'est la seule qu'il reproduit; la confirmation accordée à toutes est restreinte par lui à celle-là. Pour le fond et pour la forme, le contenu de la Notitia correspond si bien avec ce que nous savons de la scedula que l'annaliste en a eu nécessairement le texte sous les yeux. Ce n'est pas le biographe de Benoît qui a pu lui donner l'idée de dresser une liste de monastères répartis suivant leurs charges, puisque la seule liste dont parle Ardon avait une tout autre destination. Le chroniqueur ignore l'initiative de Benoît, qui n'est pas signalée davantage par aucun des documents officiels que nous possédions sur la réforme, et ne devait pas l'être par la scedula. Enfin, on a vu que la Notitia, qui, au sujet de la confirmation, accuse des divergences au moins apparentes avec le récit d' Ardon, s'accorde au contraire parfaitement sur ce point avec le sommaire de la cédule. Notre annaliste n'a donC pas fait usage de l'œuvre d' Ardon ; son unique source était la pièce officielle.
C'est de celle-ci qu'il a extrait la liste des monastères répartis suivant leur serçitium. Si la cédule n'avait contenu et si l'auteur de la Notice n'avait eu à sa disposition, comme le pense M. Pûckert ^, que les noms des