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472 REVUE d'histoire de l'église de FRANCE

alors qu'il était roi d'Aquitaine ^. Aussi, à supposer même que, dans la première liste de la scedula, aient été inscrits tous les monastères de l'empire pourvus des libertés électorales, et par conséquent ceux de l'Aquitaine et de la Gothie comme ceux de la Francia, les monastères aquitains ne figuraient pas, semble-t-il, dans la seconde, celle qui fait état seulement des monastères précédemment astreints aux dons et à la milice et qui succombent sous cette charge. Plus probablement, aucun des décrets rendus de 816 à 819, au sujet des monastères de réguliers, n'intéresse les régions méridionales où tout était déjà remis en place. Aussi la partie authentique de la Notitia ne renferme, semble-t-il, et la scedula de Louis le Pieux ne devait en effet contenir aucun nom de monastères des régions d'Aquitaine, de Septimanie, du Toulousain et de Gascogne.

C'est pourquoi aussi on n'y rencontrait davantage aucun nom de monastères italiens. L'empereur Louis n'a chargé Benoît que de la Francia. L'Italie, où d'ailleurs l'institut monastique a moins souffert que dans les régions transalpines, n'est pas plus que l'Aquitaine l'objet des décrets de réforme. Le rédacteur de la Notice s'intéressait à l'Aquitaine et il a ajouté vraisemblablement une liste de monastères qu'il affectionnait; mais les monastères d'Italie lui étaient indifférents et il ne s'est pas soucié de leur faire place. Si peut-être on trouve dans l'un des manuscrits de la Notice le nom d'un établissement milanais, il n'a été introduit, semble-t-il, dans le document que par un copiste du xiii^ siècle ^.

1. Capit. de monasterio S. Crucis, ii : « Ut a neminc temporale servitium exterius ullo modo quœratur, nisi quantum ab eis quœsivi postquam cas sub regulari norma vivere constitui » [CapituL, t. i, p. 302), Dans la liste des monastères réformes par Louis au temps où il était roi d'Aquitaine (cf. plus haut, p. 162, note 1), figure le monasterium puellare sanctx Radegundis. Le biographe entend probablement désigner Sainte-Croix, car à Sainte-Radegonde, qui en dépend, vivait une communauté masculine de canonici (cf. Capit. cit., VII, p. 302).

2. Cf. plus haut, p. 454, note 1. La liste de Sirmond, Du Chesne ne renferme aucun nom de monastères italiens. Novalèse en effet est bien un monastère des pays francs. Le val de Suse a été détaché du diocèse de Turin après la conquête franque et soumis à l'évêque dont le ressort comprend les deux vallées de Maurienne et de Suse [GalL christ., t. xvi. p. 010). Suivant le

Un petit nombre seulement d'établissements de la Francia orientale et occidentale pouvaient être inscrits dans l'article de la scedula dont la Notitia nous conserve les dispositions. La pièce officielle renl'ermait deux listes: l'une, où étaient enregistrés les monastères réguliers pourvus de libertés électorales ; l'autre, où quelquesuns des précédents étaient inscrits dans trois classes différentes de contribuables.

Très nombreux déjà sont les monastères qui ne peuvent figurer dans la seconde liste, celle de la Notitia, puisqu'ils n'ont pu être portés dans la première, que nous ne possédons plus et qui en contenait certainement un plus grand nombre. Les monastères qui, à cette date de 819, sont occupés par des canonici, où la réforme de Benoît d'Aniane n'a pas pénétré, ne pouvaient prendre place ni dans l'une ni dans l'autre. Tels Saint-Pierre-au- Mont-Blandin i, Saint-Marcel de Chalon, Saint-Lézin, Saint-Serge et Saint-Aubin d'Angers ^, Saint-Martin de Tours ^, Saint-Denis, où Benoît a vainement tenté de rétablir l'observance ^, Saint-Wandrille, réformé seulement en 823 ^, Montiérender en 827 ^.

Tous les monastères réguliers n'ont pas été inscrits sur la première liste. D'abord un certain nombre de monastères où la communauté vit sous l'empire de la règle et sous le gouvernement d'un profès, n'ont pu figurer sur ces listes, parce qu'ils appartenaient à un autre qu'au roi. L'empereur n'était en droit de décider qu'une commu-

Cronicon N ovaliciense [ii, 6^ Script., t. vu, p. 85), le fondateur du monastère a stipulé que les moines demanderaient le saint chrême à l'évêque deMaurienne.

1. Au temps de l'abbé Einard, les religieux sont des clerici {Liber trad., éd. Fayen, p. 7).

2. On constate que ces monastères sont occupés par des canonici : Saint- Marcel (dipl. de Louis le Pieux, 27 juin 835 : Histor. de France, t. vi, p. 601), Saint-Lézin [Form. imper., vi, Form., p. 291), Saint-Serge (dipl. de Charles le Chauve : Histor. de France, t. viii, p. 486), Saint-Aubin (charte de Lambert, 846, et dipl. de Charles le Chauve, éd. Giry, Mém. de VAcad. des inscript., t. XXXVI, 2e part., p. 219).

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