‹ Les origines du droit de régaleChapitre 75 sur 87 · Gesta abb. Fontan., xvii. Script., t. ii, p · texte numérisé non relu

Gesta abb. Fontan., xvii. Script., t. ii, p

6. Dipl. de Louis le Pieux, 12 févr. 827 {Regesta, n^ 839 ; Histor. de France, t. VI, p. 552). Sitôt la réforme faite, le roi concède à Cette communauté la liberté électorale.

nauté élirait l'un des siens comme abbé, que si elle habitait un monastère d'empire. S'il ne s'agit pas d'un monastère royal, mais d'une maison possédée par un évêché, une abbaye, un simple particulier, le roi peut, à la prière du propriétaire, confirmer la liberté électorale octroyée par celui-ci, mais il ne la concède pas lui-même de sa seule autorité ^. Seuls, des monastères royaux ont pu obtenir du moriarque la promesse de n'être pas cédés en bénéfice par lui à un séculier. Les établissements qui ne relèvent pas immédiatement du roi n'étaient pas davantage astreints directement vis-à-vis de lui à des charges pécuniaires ou militaires. L'évêque, l'abbé, ou le laïque propriétaire est seul frappé de contributions, dont il fera retomber le poids sur ses monastères dans la mesure où il le juge à propos 2. Il n'appartient pas à l'empereur de fixer la part qui leur revient des charges imposées à leur propriétaire. Par conséquent, ni Cormery, ni Nouaillé, où Benoît et Atton ont rétabli l'observance, n'eussent pu figurer sur ces listes, même si les monastères aquitains y avaient trouvé place, puisque ces cellœ appartenaient à Saint-Martin de Tours et à Saint-Hilaire de Poitiers^. L' Ile-Barbe et Saint-Mesmin, peuplés aussi par les dis-

1. Le 17 février 826^ Louis le Pieux confirmait simplement à Saint-Mesmin d'Orléans le privilège de libre élection accordé par l'évêque Jonas {Regesta^ n° 825). Le 7 mars 820, il accordait aux moines de Cormery libre élection « ex bis », mais sous réserve de l'assentiment de l'abbé de Saint-Martin (ibid.^ n° 713). C'est dans les mêmes conditions que, le 11 novembre 815, Louis le Pieux confirme aux moines de l'Ile-Barbe la libre élection de leur abbé [ihid.^ n° 595). Voir autres exemples dans Lévy-Bruhl, Les élections abbatiales, p. 163^ et suiv. Il n'aurait été fait exception à cette règle qu'en faveur de Nouaillé, monastère régulier qui dépend de Saint-Hilaire de Poitiers (p. 167).

2. Un évêque prélève sur les monastères de son évêché des redevances en raison de la campagne qu'il doit entreprendre. Frothaire de Toul stipule que le monastère de Saint-Epvre devra lui fournir « tempore militiae angariam », corvée qui sera exécutée par des hommes et par des bœufs. L'évêque se chargera de leur entretien, et si on ramène les équipages, les bœufs seront rendus aux moines (Gall. christ., t. xiii, Instr., col. 448). Aux termes d'une charte de 833, d'ailleurs interpolée, d'Aldric, archevêque de Sens, s'il reçoit ordre de partir pour une expédition, le monastère de Saint-Rcnii de Vareilles lui fournira deux chariots, l'un de vin, l'autre de farine, et dix moutons (Quant in. Cart. de l'Yonne, xxi, t. i, p. 42).

3. Cf. plus haut, p. 161, n. 1 et p." 162, n. 2. Une charte de l'abbé de Saint- Ililaire, confirmée par Pépin l^' d'Aquitaine, exemptait d'ailleurs Nouaillé « ab omni functione et obsequio ». L'abbé ne pourra exiger « ullam rcipublicae exactionem » (dipl., 24 juin 827 : Redet, Z>of. Saint-Hilaire, iv, p. 61).

ciples du réformateur, sont la propriété des évêques de Lyon et d'Orléans ^. Saint-Aignan appartient à cette même Église, Saint-Epvre fait partie de l'évêché de Toul, Gorze et Saint-Arnoul de l'évêché de Metz, Bèze et Saint- Bénigne de l'évêché de Langres, Saint-Vanne de l'évêché de Verdun. Aucun de ces monastères épiscopaux, que la règle y soit ou non en vigueur, qu'ils aient ou non un abbé régulier, ne pouvaient figurer sur l'une ou l'autre des listes 2. Il en est de même du monastère d'Hornbach^ où l'abbé observe comme les religieux la stricte observance, mais qui, à cette date, est la propriété du comte Lambert ^.

La première liste signalait seulement les monastères royaux où la communauté qui vit régulièrement est autorisée à choisir à l'avenir librement et en son sein l'abbé de même profession qui la gouvernera. Vraisemblablement les monastères de réguliers qui, à cette date de 819, sont aux mains d'un séculier n'ont pas été inscrits sur ces listes. Tels Lobbes, Saint - Quentin, Saint-Bavon, Saint-Riquier, Jumièges, Saint-Maximin de Trêves, Saint- Vaast d'Arras, Meung, Luxeuil, Flavigny, Saint- Jean de Réôme, qui ont alors, soit certainement, soit vraisemblablement, pour abbé, un canonicus, voire même un laïque ^ ; tels encore Saint-Amand, Moyenmoutier, Sainte-

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