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3. Cf. plus haut, p. 471. Saint-Maixent, qui figure dans cette partie de la Notice, a bien été affranchi de toutes charges (cf. plus haut, p. 335, note 1), mais en raison des circonstances très particulières et à la suite d'une restauration accomplie sans doute très peu de temps avant la date du 13 janvier 827 [loc. cit., et p. 162, note 2).

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dans la première moitié du ix^ siècle. Les textes contemporains mentionnent aussi les quatre régions entre lesquelles le rédacteur de la Notice distribue les monastères méridionaux ^. La carte des établissements religieux de ces pays, leur condition et l'observance qui y est pratiquée à cette époque lui sont parfaitement connues. Il ne cite aucun monastère fondé postérieurement au temps de Louis le Pieux ^, n'insère aucun nom de monastères de canonici ^ ; peu soucieux des collégiales, ce moine ne faisait état que des monastères réguliers, suivant d'ailleurs en ce point la ligne que lui marquait la liste empruntée à la scedula.A part Saint-Gilles, il ne signale aucun monastère qui, dans la première moitié du ix^ siècle, appartienne à un évêché ou à une abbaye ; il s'agissait exclusivement, à ses yeux, des monastères royaux, seuls soumis directement à des charges vis-à-vis du souverain dans la législation de l'époque carolingienne. Nombre des monastères aquitains qu'il cite, au gré sans doute de ses sympathies, sont signalés par le biographe de Louis le Pieux comme réformés au temps où celui-ci était roi d'Aquitaine ^. En tête de la liste est inscrit le monaste-

1. Ordinatio imperii, 817, i : « Pippinus habeat Aquitaniam et Wasconiam et markam Tolosanam et... in Septimania Carcassensem » [Capitul., t. i, p. 271). Cf. Dwisio regnorum, 806, i, ihid., p. 127 ; Dwisio imperii, 839, ibid., t. II, p. 58 ; Vita Hludow., xix, Script., t. ii, p. 617.

2. M. Pûcke/t estime {loc. cit., p. 55) que Brantôme ne pouvait pas être inscrit dans un règlement de Louis le Pieux de l'année 819, parce que, suivant Adémar de Chabanncs {Liber histor., III, xvi. Script., t. iv, p. 120), ce monastère fut fondé, sur l'ordre de Louis, par Pépin P^ d'Aquitaine. L'argument ne porte pas, puisque, le 26 août 816, avant même d'avoir reçu le gouvernement de l'Aquitaine (note précédente), Pépin fondait le monastère de Sorèze (R. Giard, Catalogue des actes des rois d'Aquitaine, l,dans Bibl. de l'École des chartes, 1901, t. lxii, p. 510). Puisque Brantôme a été fondé sous Pépin I^ (838), le monastère pouvait en tout cas figurer dans le supplément ajouté, en l'hypothèse, par le rédacteur de la Notice à la liste extraite de la scedula.

3. Saint-Julien de Brioudc, qui est un monastère de canonici, n'y figure pas, non plus que Saint-llilaire de Poitiers, Saint-Martial de Limoges où la règle n'est pas observée.

4. La liste des monastères d'Aquitaine de la Vita Hludowici et celle de la Notitia donnent également Saint-Philibert, Charroux, Conques. Saint- Maixent, Menât, Manlieu, Moissac, Saint-Savin, Massay, Notre-Dame de Limoges, Sainte-Croi et Sainte-Radegonde de Poitiers. La Notitia inscrit en plus Brantôme et Saint-Antoine; la Vitji, Saint-Florent, Nouaillé (dépendance de Saint-llilaire), Sohgnac, trois monastères inconnus et Donzère (pays d'Orange). Le biographe de Louis s'intéresse plus spécialement à

riuîH sancti Philiberti. Or les moines de Saint-Philibert ont émigré au milieu du ix® siècle en Bourgogne, emportant les reliques du saint, et n'ont jamais pu prendre le chemin du retour ^. A partir de 875, aucun chroniqueur du Midi n'eût placé en Aquitaine, à Noirmoutier, le monastère de Saint-Philibert ; ce nom appartient dès lors au monastère bourguignon de Tournus ^. La liste des établissements aquitaniques a donc été dressée antérieuremient à cette date et peut-être avant que commencent les pérégrinations des moines de Saint-Philibert.

La liste des monastères du Midi, qu'elle provienne ou non de la scedula, suffit par conséquent déjà à dater la rédaction de la Notice. Il est inadmissible en effet qu'elle ait pu être écrite par un chroniqueur de basse époque à l'aide de la scedula, dont il aurait mal compris ou dénaturé les données ^. Comment, après l'époque carolingienne, cette pièce inutilisée jusqu'alors eût-elle pu tomber entre les mains d'un historiographe aquitain? A supposer même qu'il ne dispose pas d'un document officiel, la liste des monastères qu'il dresse embrasse si parfaitement l'aire géographique de l'empire carolingien du vivant de Louis le Pieux, à l'exception de l'Italie, qu'un annaliste du xi^ siècle n'aurait pu l'imaginer. Les régions et les noms signalés nous reportent au ix^ siècle *. Le style

l'Aquitaine. L'auteur de la Notice fait une place beaucoup plus large au Toulousain et surtout à la Septimanie, car l'historien de Louis le Pieux indique seulement pour le Toulousain un monastère inconnu et pour la Septimanie Aniane, Gellone, Saint-Laurent, Notre-Dame de l'Orbieu, Caunes, « et cetera plurima « (xix, Script., t. ii, p. 616, 617). Nous ignorons pourquoi l'annaliste se désintéresse de Saint-Florent, de Solignac, des monastères Saint-Jean d'Angély et Saint-Cyprien de Poitiers fondés comme Brantôme par Pépin d'Aquitaine, de Saint-Cybar d'Angoulême, réformé en son temps (Adémar de Chabannes, loc. cit.).

1. De Noirmoutier, régulièrement visité par les Normands, les moines transportent le corps du saint sur le continent, à Déas, en 836. Ils s'établissent à Cunauld en Anjou, en 858 ; à Messay en Poitou, en 862 ; à Saint-Pourçain en Auvergne, en 871 ; enfin à Tournus en Bourgogne, en 875. Dès lors ils renoncent à retourner jamais à Noirmoutier (cf. R. Poupardin, Monuments de l'histoire des abbayes de Saint-Philibert, Introd., p. xxix-xxxix).

2. Voir l'analyse des actes postérieurs à 875 dans le catalogue dressé par M. Poupardin, op. cit., p. 115 et suiv.

3. Telle paraît bien être l'opinion de M. Pûckert, loc. cit., p. 64-71.

4. On a vu plus haut que les contrées du Midi portent dans la Notice les noms sous lesquels on les désigne au temps de Louis le Pieux. Il en est de même

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date la pièce de cette époque ^ ; c'est celui des anciennes chroniques aquitaniques 2. La note entière provient évidemment d'annales contemporaines, ou peu s'en faut, de Louis le Pieux. D'autre part, comment s'expliquer que Saint-Gilles, qui fut jusqu'au temps de Jean VIII un monastère épiscopal ^, figure dans la Notice en tête des établissements septimaniens et qu'au contraire on n'y trouve pas Gellone, signalée par le biographe de Louis le Pieux parmi les monastères réformés? Au regard de tant d'indices qui rapportent le document à l'époque carolingienne, l'insertion du nom d'un monastère et l'exclusion d'un autre ne suffisent pas à prouver que la Notice ait été composée à une époque tardive, à Aniane, où, au xi^ siècle, on essaya de réduire Gellone à la condition de cella sujette ^. L'hypothèse d'une copie exécutée à Aniane au xi® de la chronique primitive, qu'un moine septimanien avait composée dès le ix® siècle, à Aniane ou ailleurs, copie qui serait passée ensuite à Saint-Gilles, peut suffire à expliquer l'absence ou la présence de noms qui auraient été alors retranchés ou ajoutés par les copistes. Ces transcriptions postérieures expliqueraient aussi qu'on ait parfois rajeuni les appellations données aux monastères méridionaux^. Ne serait-ce pas en raison de ces rema-

pour le pays ultra Rhenum (cf. plus haut, p. 456, note 3), pour la Bavière et l'Alémanic. A supposer que le rédacteur septimanien n'ait pas disposé d'une pièce officielle contenant les noms étrangers aux régions méridionales qui seules lui sont connues, il n'a pu en dresser la liste qu'à une époque où subsistait l'empire carolingien.

1. On a vu plus haut (p. 466) que maintes expressions paraissent empruntées à la pièce officielle. Ce sont en tout cas des termes usités au ix® siècle, comme aussi senatus (p. 456, note 3), salus imper atoris, stabilitas imperii (p. 468, note 1) et les noms de régions signalées (plus haut, p. 468).

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