‹ Les origines du droit franco-canadien [microforme]Chapitre 135 sur 154 · VOIR · texte numérisé non relu

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ment anglais. Lorsqu'il se leva pour parler, son trouble ne lui permit pas, pendant quelque temps, de se faire entendre.

“J'espère, dit-il, que les incidents de cette nuit n’ont pas “tout-à-fait changé le cœur de mon ami, quoi qu’il en puisse “dire. Il ne serait trop pénible de me séparer d’un homme “auquel je dois tant : et, malgré la sévère âpreté de ses paro- “les, je ne puis renoncer à l'estime et à l'amitié que je lui “porte et qu’il me rendait.”

Fox rappelu tous les souvenirs du passé: il n'était qu'un enfant qu'il avait déjà pris l'habitude de recevoir les conseils de celui qu'il ne voulait pas cesser d'appeler son honorable ami. Leur intimité avait duré vingt-cinq ans: elle avait survécu à d'autres dissentiments : ne pouvait-elle résister à celui-ci? Il s'excuse avec modestie, il supplie avec dignité. Mais peu à peu il rentre dans la discussion, défend son parti, ses idées, et est plus énergique, plus spirituel, plus amer, plus blessant.

La rupture était bien réelle. L'effet d'une telle journée fut grand dans le public. Ces deux hommes, qui avaient combattu durant près d'un quart de siècle l’un à côté de l’autre, étaient devenus d'irréconciliables adversaires.

Tous deux avaient beaucoup de cœur. Fox avait peut-être plus d'abandon, plus de vive bienveillance, plus de cordiale franchise: mais son génie d'orateur l’emportait même contre son ami. Burke avait plus de gravité morale, plus de vertu sévère, et par cela même était plus disposé à rompre avec hauteur et inflexibilité.

Lorsqu'après ce débat mémorable sur le bill de Québec la séance fut levée, le parti whig demeura profondément et irrémédiablement divisé, et le génie de Pitt vit arriver à ses côtés pour le seconder et le servir, la brillante imagination de Burke.

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