CHAPITRE TRENTIÈME
L'Ere révolutionnaire.-—Srile,
SOMMAIRE
PAGES I. LE DIRECTOIRE (AN IV.—18 BRUMAIRE AN VIIT)..., 2:34 II, LE ConsuLAT (18 BRUMAIRE AN VIII, —AN XIT)...., 237 DEL OODIRIOAMION EE te reed can domanetnnie 239
1. Le Directoire est un régime de transition qui, placé entre la Convention et le Consulat, conduit la révolution de l'esprit destructif à l'esprit organisateur. Grâce à l'élément modéré, les idées de modération et d'ordre se firent jour. Ces idées eurent pour représentants, Portalis, Pastoret, Tronchet, etc, ete. Les nouveaux directeurs élus furent Rewbell, Larevellière-Lépeaux, Letourneur, Barras et Sieyès, (ce der-nier remplacé par Carnot appelé l'organisateur de la victoi re.)
Du sein de la corruption qui gangrenait toutes les classes, des voix nobles et généreuses s'élevaient à la tribune pour protester au nom de la morale, de la religion et de l'humanité.
Dans son rapport sur la liberté des cultes, Camille Jordan évoquait dans les termes suivants le souvenir de la religion catholique : “ Il n’est pas, disait-il, une religion qui ne reconnaisse l’obéissance aux autorités établies, qui ne la consacre en la rapportant à l’autorité de Dieu même; c’est le caractère spécial de la religion catholique ; elle se concilie avec toutes les formes de gouvernement, mais elle respecte avant tout le gouvernement établi; elle y attache ses sectateurs par les liens les plus forts ; de là leur répugnance à s’en séparer, de là le caractère passif qu'ils conservent d'ordinaire à l’origine des révolutions : mais lorsqu'elles sont consommées, ils transportent au nouveau gouvernement toute l’obéissance religieuse qu'ils rendaient à l’ancien: ils n’en ont pas été les plus
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ardents fondateurs, mais ils s'en montrent les plus fidèles sujets. Que tous ceux qui connaissent l'esprit du catholicisme attestent la vérité de cette explication! Qu'elle serve de réponse aux alarmes de quelques uns, qui affectent de la représenter comme incompatible à notre République.”
Un autre orateur, Dubruel, eut le courage de dire à lu tribune : “Il n'y a point de liberté là où il n’y a point de bonnes mœurs, il n’est point de mœurs sans morale, Nous n'avons pas de morale sans religion, nous n'aurons pas de religion sans culte: un culte ne peut exister sans ministres.”
La France du Directoire fut pauvre et misérable à l'intérieur, et ce fut à Napoléon Bonaparte que les directeurs firent appel pour comprimer l'anarchie.
Le 9 octobre 1799, Bonaparte rentrait en France et la révolution du 18 Brumaire amena la suspension des deux Conseils. Trois consuls furent chargés d'élaborer une nouvelle constitution. La révolution était finie.
L'ensemble de la iégislation du Directoire est la peinture fidèle de la faiblesse des pouvoirs constitués. Point de réformes importantes, point d'améliorations sociales. L'opinion politique lui dicta quelques actes réparateurs qu’il accomplit au fur et à mesure que les exigences se montraient. Son action ne fut jamais spontanée.
L'acte législatif qui caractérise le mieux cette époque d'immoralité et de corruption, est l'établissement de la loterie nationale “cet impôt immoral levé sur la passion du jeu et “le désir d’une fortune facile.”
L'armée française seule, soutenait à l'étranger l'honneur de la France. Une loi (6 Brumaire an V), fut votée au profit des soldats.
Des hommes probes et éclairés devaient les défendre gratuitement devant les tribunaux : la prescription fut suspendue en leur faveur depuis leur départ jusqu'à leur retour dans leurs foyers. Leurs propriétés furent placées sous la garde de l'Etat. Leurs veuves recueillaient des rentes viagères.
Une loi de l'an VIT permit, (sage retour au principe de la
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