‹ Les origines du féminisme contemporain; trois femmes de la Révolution; Olympe de Gouges, Théroigne de Méricourt, Rose LacombeChapitre 19 sur 69 · T. Il, pp · texte numérisé non relu

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poser, ce ne serait pas à dire, avant la connaissance d’une preuve, qu’elle fut sensuellement passionnée ; car, jusqu’ici, la vraisemblance est que l’amoureuse fut surtout une cérébrale. Très femme par ses facultés d’enthousiasme, mais par là seulement, ou à peu près, elle aurait naturellement trouvé dans la Révolution l’emploi total et supérieur de ces facultés; la Révolution les aurait absorbées en les développant; et les surprises du cœur ou les amours de tête dont n’aurait pu se défendre la possédée de la musique, — exemple sa passion pour Tenducci, — l’envoûtée du patriotisme en eût été superbement à l'abri.

Sans doute, à cette psycho-physiologie, il y a deux objections possibles : l’une générale, l’autre cT espèce... ou relative à la liaison avec le castrat. On pourrait, à propos de cette liaison, insinuer que Théroigne était peut-être en amour... une excentrique: soit de nature, soit que des amants de l’âge du marquis lui eussent peu à peu faussé le goût ; mais, vicieuse de complexion ou dépravée, elle fût allée quelque jour, fatalement, jusqu’où allèrent tant de courtisanes, d’actrices et de cantatrices, ses contemporaines, qui cependant retrouvaient le chemin de Cythère entre ces fugues à Lesbos. Or Théroigne n’eut d’amitiés connues que masculines. Surtout, elle n’aimait pas « les femmes françaises » : Te mot est d'elle, cité par Dulaure1 ; et, s’il peut surprendre quand on sait le féminisme militant et militaire de l’amazone de 1792, on reconnaîtra que n’avoir pu découvrir encore, même à celle-ci, une amie, c’est un résultat négatif fort significatif. Autour de la citoyenne Lacombe, nous montrerons un état-

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