‹ Les origines du féminisme contemporain; trois femmes de la Révolution; Olympe de Gouges, Théroigne de Méricourt, Rose LacombeChapitre 21 sur 69 · Portraits intimes du xvnr siècle , p · texte numérisé non relu

Portraits intimes du xvnr siècle , p

parents dans le commerce. « J’aurais besoin de trois mille livres », avait-elle écrit, « pour acheter une place de contrôleur à mon frère aîné, afin que le revenu de cette petite place fournisse à ses besoins pendant qu’il étudiera dans un comptoir ». Le 22, elle priait Perregaux d’envoyer la somme à son correspondant liégeois, qui aurait « la bonté de payer lui-même » la « petite place ». Elle craignait qu’on ne fît « trop payer » à Pierre-Joseph ou qu’on ne lui conseillât « d’employer l’argent moins solidement ». « Je ne puis craindre autre chose », s’empressait-elle d’ajouter, « le jeune homme est très sage ». Ici, un mot curieux : Théroigne s’excuse de demander au banquier « tant de services », car, dit-elle, « vous ne me connaissez point », et « je ne puis donc réclamer près de vous que la générosité d’un cœur sensible ». Ce « cœur sensible » donnera dix louis au futur contrôleur, qui n’a pas l’argent de son voyage de Paris à Liège ; de plus, il le munira d’une bonne lettre de recommandation pour le correspondant liégeois, afin que celui-ci « le prenne dans son bureau pour apprendre ». — On verra ce que devint Pierre-Joseph Terwagne.

Quant à Perregaux, nous le retrouverons, jusqu’après le 10 août 1792, aussi dévoué pour l’amazone qu’il l’avait été pour la voyageuse.

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