Histoire de la Révolution de France
3. C’est aussi ce que disent les Révolutions de Paris (n° 13),
THÉROIGISE DE MÉRICOURT
alors ouverte ». Enlin, en laissant de côté, dans la Procédure criminelle, deux dépositions où il est dit seulement que le « peuple » ou la « populace » fit fermer la grille ou arrêta les voitures1, il y a le témoignage de « Pierre-Maximilien Bêche fils, ingénieur géographe », montrant, parmi le peuple qui courait «après les voitures», « des garçons bouchers »2; et surtout il y a le témoignage de Hugues-Philippe- George Santerre, officier dans la garde nationale de Versailles en octobre 1789, déclarant qu’un « fripier, soldat de la compagnie de lui déposant », est venu dire à cette compagnie, vers sept heures, que c’était lui qui avait arrêté les voitures du roi. « Croit le déposant que ce fripier s’appelle Dornoy et demeure rue de l’Orangerie, à Versailles3. »
Une autre tradition recueillie à Marcourt par M. Fuss est que Théroigne «montrait un fragment de collier de diamants qui devait avoir appartenu a Marie-Antoinette ». Qui devait ? Il s’agit bien, cette fois, non pas d’un propos qu’aurait tenu la prétendue héroïne d’octobre, mais d’une légende née dans le pays et aussi timide que malveillante ; légende n’osant point affirmer que Théroigne avait volé ce collier de diamants, mais le donnant à entendre ; légende absurde : car enfin, quand donc Théroigne eût-elle commis ce vol? Serait-ce le 6 octobre, lorsque, vers six heures du matin, une foule furieuse envahit le château, tuant ou blessant des gardes du corps? Mais les récits les plus royalistes de cette irruption tragique, — nous parlons, bien entendu, des récits contemporains ou émanés de