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2. Mounier oubliait, parmi les personnes contre lesquelles avait été rendu le décret du Châtelet, Nicolas, dit l’Homnie à la Grande Barbe, modèle à l’académie de peinture, qui, le 6, vers six heures du matin, avec une hache, avait tranché la tête à deux gardes du corps tués par la foule. Nous avons d’ailleurs inutilement cherché le nom de Thé-
THÉROIGNE DE MÉRTCOURT
Les coupables que la Constituante aurait sauvés, c’étaient le duc d’Orléans et Mirabeau. Le Châtelet avait demandé à l’Assemblée l’autorisation de les poursuivre. Le 2 octobre, sur le rapport de Chabroud, l’Assemblée refusa, parce que la demande, quoi que prétende X Appel , n’était pas fondée. Mais l’instruction du Châtelet, « tribunal aristocrate », ainsi que disaient les Révolutions de Paris du 15 août 1790, n’avait eu secrètement qu’un but : arriver à représenter l’insurrection d’octobre comme le résultat d’un complot tramé par Mirabeau et le duc d’Orléans pour assassiner la reine et enlever la couronne à Louis XVL C’est même pourquoi le Châtelet, à qui le Comité des recherches de Paris avait dénoncé seulement les faits dont le château de Versailles avait été le théâtre dans la matinée du 6, enveloppa dans son information l’insurrection entière.
Mais, quand bien même il aurait eu raison de vouloir impliquer dans le procès l’Altesse patriote et le tribun, comment Théroigne, pour revenir à la page de Mounier, eut-elle été un des agents du complot ? Certainement, elle ne connut pas le duc1; et Mirabeau — on le sait par Beaulieu, â croire ici, car il parle de l’époque où il fréquentait chez elle — lui était antipathique. « Lorsqu’on lui demandait grâce pour Mirabeau, en
roigne dans les brochures du temps sur le mouvement d’octobre; brochures dont une : Evénement de Paris et de Versailles est d’une femme, «Marie-Louise Lenoël, femme Cheret». Nous l’avons inutilement cherché dans les Forfaits du 6 octobre ou Examen approfondi du Rapport de la procédure du Châtelet... fait à l'Assemblée nationale par M. Charles Chabroud. Enfin on le chercherait inutilement dans les journaux, en dehors des Actes des Apôtres.
1. Voir, à ce propos, les Confessions , pp. 133-134. Le chevalier de La Valette voulait que le duc fût le «grand et principal ami» de Théroigne. Elle ne prit même pas la peine de répondre sérieusement,
considération de son empressement pour les femmes, raconte Beaulieu, elle témoignait son dégoût par les signes les moins équivoques ». (. Essais historiques) 1 . Mounier dit, il est vrai : agents subalternes ; et c’est donc que, selon lui, il y avait ou des intermédiaires. Mais il n’aurait pu les nommer. La vérité, enfin, ce n’est pas seulement que l’émeute ne sortit pas d’un complot ; ni même qu’elle ne fut dirigée à aucun moment par le duc ou par Mirabeau, ou par des émissaires de l’un ou de l’autre; c’est qu’elle n’eut réellement qu’un objet : le transfert des pouvoirs publics à Paris. La presse révolutionnaire et les orateurs du Palais-Royal avaient lancé et développé l’idée qu’il fallait ramener à Paris le roi et l’Assemblée : que de ce coup d’Etat populaire dépendait le sort de la Révolution; bien mieux : dès les 30 et 31 août, une tentative avait été faite pour entraîner la foule à Versailles dans le but précisément d’en ramener Louis XVI et les députés; le mouvement d’octobre ne fut que la reprise triomphante du projet malheureux de ces derniers jours d’août. C’est ce qu’a mis en lumière récemment une Etude critique sur les journées des 5 et 6 octobre 1789 2, où l’auteur, M. Mathiez, aboutit même à cette vue : qu’elles « furent la conséquence inévitable de la nuit du 4 août », comme cette nuit « avait été la suite logique de la révolution de juillet »3.
Du reste, M. Mathiez n’a pas dissimulé ce qu’il y eut d’instinctif dans l’insurrection. Spontanée, quoique