Demarteaui
de l’écouter. « Je donnerais tout ce que j’ai pour parler à l’empereur, car je suis sûre qu’il n’a point donné l’ordre de me prendre. » Et, certes, ce vœu impatient d’arriver jusqu’au frère de Marie-Antoinette peut sembler extravagant. Dans quelques mois, pourtant, elle sera conduite à Vienne, reçue par Léopold II, et non seulement, à la suite de cet entretien, il la renverra en Belgique, mais il paiera les frais du voyage.
Sans trop gémir, elle avouait cependant : « L’idée que je vais coucher dans une affreuse prison... m’accable » ; et elle se plaignait d’avoir, le matin même, « craché beaucoup de sang ».
Quand cette lettre parvint à Pierre-Joseph, il n’ignorait plus que sa sœur avait été emmenée en Autriche. Sur sa prière, M. de Sélys avait fait « quelques démarches » et « appris qu’elle avait pris la route du Brisgau ». (Lettre du baron de Sélys du 6 mars 1792) L Mais, convaincu sans doute qu’il ne serait pas reçu par l’empereur, Pierre-Joseph n’alla point à Vienne.
Il écrivit de nouveau à Pcrregaux. La lettre, inédite1 2 est trop longue pour que nous la donnions tout entière. En voici le principal :
Il y a environ quinze jours, j’ai reçu une lettre de ma sœur. C’est la première depuis son enlèvement... Pour vous mettre au courant de toute son affaire, comme j’espère que vous me rendrez service pour son élargissement, je m’en vais vous envoyer ses lettres telles qu’elles sont. Mais vous saurez que, depuis le jour de son enlèvement, j’ai poursuivi vivement son affaire avec une tante que j’ai à Liège ; mais toutes nos peines ont été infructueuses ; et... ses ennemis ne