‹ Les origines du féminisme contemporain; trois femmes de la Révolution; Olympe de Gouges, Théroigne de Méricourt, Rose LacombeChapitre 39 sur 69 · Demarteau · texte numérisé non relu

Demarteau

se trouver compromises par ses aveux, et n’ayaut plus aucun intérêt à ménager celles dont elle pouvait attendre des avantages ultérieurs, elle ne taira rien de ce qu’elle peut savoir ...L

On sait déjà les interrogatoires, l’autobiographie, la confrontation avec La Valette, et comment, peu à peu, M. de Blanc fut persuadé de l’innocence de Théroigne. Il n’admit pas un instant qu’elle eût pu vouloir assassiner Marie-Antoinette; et l’estime et la sympathie qu’elle lui inspira s’accrurent d’une pitié trop naturelle quand, à la fin de juin, il la vit sérieusement malade. Il fit venir le médecin de la petite ville, qui la purgea consciencieusement, mais ne la guérit pas. Alors il appela un médecin illustre, le Dr de Médérer. Celui-ci « reconnut que, si le mal physique était grand, l’àme était bien autrement atteinte... L’intelligence, le cœur de cette femme exigeaient de prompts secours ». ( Les Confessions , p. 172). M. de Blanc n’hésita pas : il écrivit au prince de Kaunitz pour lui demander « l’autorisation de transférer la prisonnière, qui en exprimait le désir incessant, à rproximité de la Cour ». [Ibid.). L’empereur averti ordonna que Théroigne fût transférée à Vienne. Elle y était avant la fin d’août, avec son juge et le grand médecin. Seulement elle avait dû encore une fois changer de nom, et ce n’est pas Mme Théobald, mais Mme Lahaye, qui pénétra un soir dans la maison des époux Schlosser que la police secrète lui avait élue pour demeure.

Le 15 septembre, elle écrivait à Perregaux :

Je ne puis rien dire, sinon que mes affaires ne sont pas encore finies, que je ne suis pas encore libre, et qu’en attendant

Page 1