‹ Les origines du féminisme contemporain; trois femmes de la Révolution; Olympe de Gouges, Théroigne de Méricourt, Rose LacombeChapitre 41 sur 69 · Lettre inédite (Bibliothèque nationale, Manuscrits · texte numérisé non relu

Lettre inédite (Bibliothèque nationale, Manuscrits

ment même, excepté le collier de brillants dn 9 décembre ; d’autre part, elle avait emporté de la Boverie, puis joint à sa première lettre à Pierre-Joseph les trois reconnaissances de 1790, et, sans doute, c’est des boucles d’oreilles et de la bague représentées par ces reconnaissances, comme du collier de brillants, qu’elle voulait parler le 15 septembre 1791. — Quant au collier de diamants qui avait ébloui les gens de Marcourt, elle l'avait engagé au Montde-Piété de Liège. On lit dans la lettre du baron de Sélys du 6 mars 1792 : « Sur la fin de l’année 1791, madame ( la baronne de Sélys ) put voir ce collier,... et à la prière du sieur Théroigne elle voulut bien le dégager. Mais, comme le sieur Théroigne ne put produire la reconnaissance, madame dut fournir une caution de reproduire le collier au Mont-de-Piété, si on venait le répéter la reconnaissance à la main. J’appris à mon retour d’un voyage que le collier était retiré et chez moi, ce qui ne me fit guère de plaisir. » C’est à Perregauxque M. de Sélys racontait cette aventure du collier. Il ajoutait qu’en dépit de son mécontentement, et bien à contre-cœur, il s’était chargé des reconnaissances envoyées à Pierre-Joseph et qu’il avait retiré du Mont-de-Piété de Paris les deux boucles d’oreilles et la bague. On verra qu’il en fut assez mal récompensé. D’ailleurs, en 1791 , Pierre-Joseph n’ayant plus sa sœur pour fournir à sa « sustentation » assaillit de demandes d’argent le pauvre baron qui n’osa point toujours refuser. Ecrivant à la prisonnière (octobre 1791), M. de Sélys se plaignait d’avoir dû, la veille même, prêter encore cinq louis, et il priait l’excellente sœur de lui envoyer l’autorisation de vendre pour Pierre-Joseph ce qu’il avait retiré du Mont-de-Piété de

Liège et de celui de Paris. Avec le produit de la vente, il achèterait une petite charge au frère si dépourvu.

Théroigne était restée, en effet, la sœur au cœur maternel que nous avons montrée. Sa lettre du 29 juillet, notamment, est curieuse à ce point de vue. On y sent bien un peu d’habileté, un léger cabotinage, pour toucher les deux « messieurs » si « honnêtes » chargés de la garde de l’héroïne, et qui, certainement, n’expédiaient pas ses lettres sans les avoir lues. Mais Théroigne ne faisait, en somme, que soigner l’expression de sa profonde sollicitude et de sa pensée quand elle disait : « Prenez courage, mon frère. Etudiez nuit et jour, ainsi que mon jeune frère. Armez-vous d’une noble fierté dans la moindre de vos démarches et pensez que la vertu est l’unique bien. » — Elle demandait si son jeune frère, son petit frère , était toujours à Xhoris; elle voulait « des nouvelles » de ses sœurs; puis : « J’espère que nous finirons par rester tous ensemble comme nous V avions projeté lorsqu’ onm’ a saisie . »

Pierre-Joseph eut un moment l’idée d’aller la trouver à Ivufstein, ou plutôt le baron de Sélys conseilla le voyage au quémandeur dont il est évident qu’il aurait bien voulu se débarrasser. Gomme podestat de la principauté de Stavelot, il lui signa le 14 septembre un passeport où se lit ce signalement : « D’une taille svelte au-dessus de la médiocre, cheveux châtains ». Mais des patriotes liégeois persuadèrent à Pierre-Joseph que le baron avait eu la plus grande part à l’enlèvement de Théroigne et que le passeport était un piège pour « faire coffrer » — «lestement» — le frère après la sœur. ( Lettre du baron de Sélys , lep octobre 1791).

THÉROIGNE DE MÉR1COLRT

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