‹ Les origines du féminisme contemporain; trois femmes de la Révolution; Olympe de Gouges, Théroigne de Méricourt, Rose LacombeChapitre 43 sur 69 · SECONDE PARTIE DE LA VIE POLITIQUE DE THÉROIGNE · texte numérisé non relu

SECONDE PARTIE DE LA VIE POLITIQUE DE THÉROIGNE

A. — Jusqu'au 10 août

La loi d’amnistie du 15 septembre 1791, qui abolissait toute procédure relative à la Révolution, permettait àThéroigne de rentrera Paris. Aussi ne demeura-t-elle pas longtemps à Bruxelles.

Le 26 janvier 1792, Dufourny disait aux Jacobins : « Je dois vous annoncer un triomphe pour le patrio-

tisme. M,Ie Théroigne, célèbre par son civisme et les persécutions qu’elle a éprouvées,... est ici, dans la tribune des dames. » Aussitôt plusieurs Jacobins s’y transportent et font descendre l’héroïne dans la salle, «où elle est reçue avec tout l’intérêt que peut exciter son sexe et ses malheurs ». On l’invite, et elle s’engage à faire par écrit « l’exposé de ses persécutions » et à le venir lire à la prochaine séance. [La Société des Jacobins, par Aulard, t. III). Incident que le Petit Gautier du 3 février narrait en ces termes :

A Tune des dernières séances jacobines, mademoiselle Théroigne de Méricourt, fille très connue, a paru lout à coup dans l’antre, et y a reçu les claquements universels de la respectable Société. Elle ressemblait comme deux gouttes d’eau à une de ces dames aux trois couleurs que l’on voit courir lestement dans les rues, étant poursuivies et flairées par une bande de sans-culottes de tout poil et de toute grandeur, amants et maîtresses crottés depuis les pieds jusqu’à la tête. Un certain Dufourny a adressé à l’héroïne de bonne volonté un compliment très poli et très tendre, accompagné de gestes analogues. Mais, comme l’honorable membre est vieux1, laid, puant et sale, la citoyenne a évité de son mieux de humer les vapeurs de son encens.

D’autre part, le 28 janvier, la Correspondance littéraire secrète avait dit : « Les patriotes s’empressent de lui faire la cour. Celui qui l’a revue avec plus de plaisir est l’abbé Sieyès. Elle conte avec beaucoup de fran chise ses aventures. Elle se loue beaucoup de Léopold, mais il n’en est pas de même de son premier ministre. (. Kaunitz ) ».

C’est seulement le 1er février qu’elle lut à la tribune

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