Numéro 127 (17 décembre
2. Petite feuille royaliste citée plusieurs fois clans notre <>< Olympe de
gouges »,
du faubourg* Saint-Antoine voulait lui infliger. Elle avait été, la veille, proposer aux femmes de s’armer des piques que les hommes refusent de porter; elle y retournait, accompagnée de quelques prostituées. Dès qu’elle fut reconnue, on n’entendit qu’un cri : La voilà ! il faut la fouetter. Elle se réfugia dans l’église des Enfants-Trouvés, où elle trouva les commissaires de la section, qui délibérèrent de l’envoyer, comme ils auraient dû le faire, à la police correctionnelle. Ils finirent cependant parla congédier impunie, et pour la soustraire à l’indignation de ceux qui l'avaient poursuivie, on la fit escorter jusqu’à un un fiacre par douze gardes nationaux 1 .
Le numéro, non daté, est du lendemain ou surlendemain de la fête des soldats de Château-Vieux (dimanche 15 avril) ; le jeudi où Théroigne aurait dû fuir la colère des citoyens du faubourg Saint-Antoine est donc le jeudi 12. Et sans doute on ne peut se fier au haineux récit2, mais un document sûr — et fort instructif — est l’exposé suivant d’un incident qui se produisit aux Jacobins le 13 :
La Société des défenseurs des droits de l’homme et ennemis du despotisme, tenant ses séances au faubourg Saint- Antoine, envoie une députation pour dénoncer à la Société [des Jacobins) M1,e Théroigne.
La députation accuse cette citoyenne d’avoir excité du trouble dans le faubourg Saint-Antoine, en voulant réunir en club, trois fois la semaine, les femmes de ce quartier, et en les engageant à un repas ou banquet civique, entreprises à la suite desquelles elle avait cru devoir employer, sans doute sans leur participation, les noms de MM. Robespierre, Collot d’Herbois et Santerre. Cette députation accuse encore Mlle Théroigne d’en avoir imposé aux femmes de ce faubourg