Bibliothèque nationale, Lb
iHÉROIGNÈ DE MÉ RT COURT
La proposition n’eut pas d’écho.
Sans que la Gironde y fût nommée, le placard était manifestement girondin. L’apaisement eût sauvé la Gironde dont l’heure était proche. Théroigne rêvait l’impossible, et même sur les femmes des clubs et des rassemblements sa parole ne pouvait plus agir. Michelet se trompe quand il dit : « Elle était encore fort populaire, aimée, admirée de la foule... » ; et il se trompe bien davantage, et de façon même inexplicable, en imputant à des hommes P « injure barbare » qui, d’après la légende, l’aurait immédiatement rendue folle. C’est par des jacobines qu’elle fut fouettée le 15 mai. Tous les témoignages sont d’accord, sauf un, de Restif de la Bretonne. Encore Restif n’attribue-t-il pas l’ignoble injure à des « montagnards », comme l’a écrit Michelet, mais aux femmes royalistes de la Halle, que Théroigne aurait voulu forcer à porter la cocarde tricolore. Il place la scène à Saint-Eustache, par une évidente confusion avec ce qui arriva quelques mois plus tard à la présidente du club des Citoyennes républicaines révolutionnaires. Mais voici ce qu’on peut lire dans un rapport de police du 16 mai :
Les femmes qui s’ameutent autour de la Convention avaient placé hier un détachement d’entre elles aux portes des premières tribunes dès neuf heures du matin, pour empêcher les femmes favorisées par les députés de passer avec des cartes d’entrée. Elles ont mis dans cette mission toute l’insolence possible... La citoyenne Théroigne, fouettée par ces espèces de mégères, leur avait dit qu’elle leur ferait mordre la poussière tôt ou tard 1 .
Puis, dans le Courrier des départements du 17 mai :