Bibliothèque nationale, Le
lance, à l’instruction, ont la douce satisfaction de se voir doublement utiles... L
Les Républicaines révolutionnaires n’avaient pas à professer un féminisme qu’elles vivaient si énergiquement. Ce qui ne veut pas dire qu’on ne trouvera point quelque jour un imprimé ou un manuscrit féministe émané de leur club, mais seulement que leur féminisme en action pouvait se passer d’illustrations verbales.
D’autre part, un fait à noter, c’est que l’antiféminisme montagnard s’accrut de s’être affirmé législativement par la suppression des Sociétés de femmes. On a vu beaucoup plus haut que des Républicaines révolutionnaires allèrent le 5 novembre protester, à la Convention, contre le décret du 30 octobre. L’oratrice put à peine faire entendre quelques mots. De plusieurs côtés, raconte le Moniteur , on cria : « L’ordre du jour ! » et la Convention ayant « unanimement » passé à l’ordre du jour, la salle « retentit d’applaudissements ». Les pétitionnaires se retirèrent « avec précipitation de la barre ». Cependant la ci-devant Société ne voulut pas encore se tenir pour définitivement vaincue. Nous avons sous les yeux deux récits de la séance de la Commune du 27 brumaire an II (17 novembre 1793), où des femmes coiffées du bonnet rouge — donc des Républicaines révolutionnaires — se présentèrent à la tête d’une députation. Que venaient-elles dire ? Les deux récits celui du Moniteur et celui des Révolutions de Paris les montrent accueillies par de si violents murmures qu’il fut impossible à aucune d’elles d’essayer même de par-