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Leys d'Amors, I, pp. a3-a

et corrigeât les dites Lois d'Amour. » Et celte fois-ci, la Compagnie, devenue formaliste et protocolaire, ne se contente pas d'une commission verbale1, comme la première fois; une commission, écrite en un rythme rare, fut adressée à Guilhem Molinier « pour mettre les Leys en bonne forme ».

La lettre en vers, qui est due probablement à Cavalier Lunel de Montech\ troubadour, nous apprend que le chancelier a été choisi pour cette tâche à l'unanimité3. Guilhem Molinier répondit en vers, avec humilité et componction; il reste un peu effrayé de la mission qu'on lui confie et il demande qu'on lui adjoigne des conseillers.

On les lui accorda; il eut des conseillers (acosselhayres) , et même des coadjuteurs (coadjulors) : parmi eux Bertholi Izalguier4, Johan de Seyra, bachelier en

i. De boca; cf. supra, p. n, et Leys, 1, i4-

2. Ghabancau a fait observer (Hist. Gén. Lang., X, 187, n. 2) que, en dehors de la lettre de commission, on ne connaît en ancien provençal que deux autres exemples de poésies écrites dans ce rythme; l'une est précisément de Lunel de Montech. Les poésies de ce dernier ont été publiées plusieurs fois, en dernier lieu par Ed. Forestié, Montauban, 1891. (Extrait du Recueil de l'Académie des Sciences, Lettres et Arts du Tarn-et-Garonne, 1891, 2e série, t. VII.)

3. Guilhem Molinier est appelé nostre cancelier antic, ce qui prouve qu'en i355 il était chancelier depuis longtemps; mais à combien d'années peut-on évaluer ce temps? On pourrait admettre une vingtaine d'années, ce qui nous mènerait vers i335, en tout cas avant i34i. Un Guilhem Molinier est syndic de la ville de Toulouse en i352; cf. Roschach, in : Toulouse, Hist. arc'a., volume publié par l'Association fr. p. l'avancement des sciences, Toulouse, 1887.

l\. Les Izalguier étaient une famille célèbre de Toulouse. Celui-ci est probablement le même que Barthelemi Izalguier, qui est mentionné dans Lafaille, parmi les capitouls de i35a à i35g.

lois et connaisseur averti du Gai Savoir « qu'il possède à fond » ; maître Rainion Gabarra1 et Germa de Gontaut; ces quatre personnages sontmainteneurs en i355. Les deux derniers étaient poètes , ou du moins bons connaisseurs en poésie, comme on le voit par un passage des Leys (I, 28).

Enfin, un cinquième personnage fut pris en dehors du Consistoire : c'était un homme très connu et d'un grand savoir, mais fort occupé2. Molinier lui écrivit une épître en vers pour lui demander son concours. Le personnage accepta, malgré ses occupations (lotz uffafs e negocis layssatz), ne voulant pas suivre la a secte » de ceux qui disent du mal du Gai Savoir3.

Molinier se déclara « armé » (guarnilz) pour accomplir sa mission; maintenant, dit-il, je puis avoir « des seigneurs mentionnés avis, conseil et secours ». 11 semble bien, d'après ce qui a été dit jusqu'ici, que le chancelier fut seul chargé de la rédaction proprement dite; peut-être les conseillers et coadjuteurs l'aidèrent

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