On lit en marge du manuscrit : de Condom
Un Raimon Gabarra fut aussi capitoul (Lafaille, Annales, Í, p. 108) en i364; c'est probablement le môme que le main teneur. Germa de Gonlaut, marchand, doit appartenir à la même famille que Guilhem de Montaut, marchand, un des sept fondateurs.
•2. Il s'appelait Johan de Sant-Serni, comme nous le font savoir les six vers en acrostiche qui sont au début de la lettre (suscription non comprise). Il était docteur es lois et fut conseiller du duc d'Anjou. Il était capitoul en i35o. (Ghabaneau, Hist. Gén. Lang., X, p. 189, n. 2.) En 1374 il est cite parmi les chambellans du duc d'Anjou (Hist. Gén. Lang., X, ire partie, p. n5).
3. A remarquer le vers : Compas de rims la Gleyza no refusa; l'Église n'est pas hostile à la poésie, car elle l'emploie dans ses hymnes ; elle l'était cependant, au treizième siècle, car Guiraut Riquier et Folquet de Luncl nous disent qu'elle traitait la poésie de péché. Cf. J. Anglade, Le troubadour Guiraut Riquier, p. 336.
OHlfíINES OU GAI SAVOIR. 20
dans la recherche matérielle des « gloses et des textes » ; probablement Bertholmieu Marc l'aida plus particulièrement. Quant aux mainteneurs, ils durent être souvent consultés; c'est peut-être à ces conditions, dans lesquelles furent composées les Leys, que sont dues les nombreuses corrections, notes ou additions qui surchargent certaines pages des deux manuscrits ; elles ne représentent pas toutes des oublis à réparer.
Les Leys furent « promulgées » en i356, au moyen d'une belle lettre missive adressée « par diverses régions et cités notables » aux majorais du temps, c'està-dire aux « rois, princes, ducs, marquis », etc.; les bourgeois n'y sont pas oubliés , ni les marchands a avenants et gais », ni même les artisans (menestairals) « libres et subtils ». « Le droit et le devoir nous poussent à publier loin et près les Lois d'Amour et le beau traité appelé les Fleurs du Gai Savoir1... Vous trouverez chez nous le texte des Lois et les Fleurs susdites; vous pourrez les y lire à loisir et commodément ou bien les faire copier ou transcrire2... C'est la fontaine publique qui donne son eau à tous, pauvres ou riches, pourvu qu'ils en désirent. » Le style obscur n'est pas condamné ; au contraire, il donne allégresse aux cœurs fins et subtils, pourvu qu'on puisse suivre
i. Raynouard (Lex. Rom., II, 390), a publié ces deux vers : Las Leys d'Amors... del Gay Saber, d'après la Crasca provenzale, f° 99, et il traduit lo bel procès par le beau progrès, ce qui n'a pas de sens. Nous prenons procès au sens juridique d'acte, pièce, écrit (cf. Levy, Prov. Suppl. Wœrterbuch) et nous voyons là une allusion à la rédaction rimce ou à l'autre manuscrit.
2. Gomme le remarque Chabancau (Hist. Gén. Lang., X, 192, n. 1), le Consistoire ne fit pas faire lui-même de copie des Leys, mais il invita ou autorisa ses correspondants à en prendre copie.
le sens et que les Lois d'Amour ne soient pas violées.
La lettre n'était adressée qu'aux laïques ; chemin faisant, Guilhem Molinier invite à boire à cette source vive les laïques et les clercs. Il énumère les récompenses qui seront distribuées aux Jeux : « le plus excellent poète » recevra pour un vers1 ou une chanson la violette d'or; pour une danse, un souci d'argent fin ; pour les sirventés, pastourelles ou vergières et autres compositions semblables, une églantine d'argent2.
Le sceau du Consistoire avait changé; il est rond; au milieu se trouve S, qui veut dire sagel; on y trouve ensuite dels VII manlenedors ; il y a encore le mot vialeta et Tholoza; et au milieu « est en figure dame de très noble nature, avenante et gracieuse et belle... Sur la tête elle porte une couronne; elle est ornée de très grandes (sobregrans) qualités; elle est appelée (intitulada) Amors. Elle est libérale et récompense son parfait amant et lui donne une violette d'or fin, car, d'un cœur humble et soumis, il lui présente un vers qu'il a composé. La noble Dame est debout avec une contenance très gaie (sobregaia). »
La lettre avait été « écrite et donnée » à Toulouse, « en un verger orné de fleurs avec diversité de couleurs, garni de nombreuses plantes rares3, jetant de merveilleux parfums, d'arbres fruitiers petits et grands et d'arbres, qui restent verts toute l'année, où nous
i. Il s'agit d'un genre poétique, sur lequel on peut voir les Leys, éd. Gatien-Arnoult, 1, 35o et notre édition, II, 175.
2. Pourvu, ajoute l'auteur, que le poème soit complet et qu'il ne s'éloigne pas de la mélodie (so) qui convient; nouvelle allusion à la musique dans les Jeux.