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Venturi conclut lui aussi de ses expériences «que les phénomènes galvaniques ont lieu sans l'intervention d'aucun corps extérieur el qu’ainsi la cause qui ie produit réside dans l’économie animale vivante. »
Humboldt admit que «des contractions musculaires
très marquées se produisent en rapprochant sur un
plan horizontal les cuisses d’une grenouille de ses membres thoraciques,mêmeen prenant toutes les précautions qui ne permettent pas de soupçonner que les nerfs aient éprouvé une secousse mécanique comme dans les expériences que Galvani opposa à Volta. »
De la Méthérie, dans ses réflexions sur l'électricité médicale (53), conclut des expériences auxquelles il s’élait livré, que la chair fraîche est & un moins bon conducteur de l'électricité que le charbon et que si l’on peut, avec les substances animales, obtenir des contractions on ne peut produire les effets des métaux, de la plombagine et du charbon. »
Ces phénomènes sont trop complexes pour que l'interprétation ait pu en être faite par ces auteurs et la discussion nous entraînerait hors du cadre de ce .
sujet.
11°Les effets du galvanisme sur les organes des sens. — Nous avons vu que parmi les précurseurs de Galvani se trouve Sulzer, qui avait observé les phénomènes sensitifs produits par Papplication de deux métaux sur la langue. Le fait était très connu, ai-je dit, au temps de Galvani, mais il n’était pas compris. Berlinghieri, par exemple, à Pise; en
1792, fit plusieurs communications au sujet de cette observation de Sulzer qu'il avait repétée et essayé d'interpréter. Mais Volta, en combattant les idées de Galvani, reprit toutes ses expériences une à une, les étudia sur toutes leurs faces et les retourna de cent manières pour arriver à connaître tous les détails de l'influence exercée sur les muscles et les nerfs de la grenouille par l’are métallique. Il découvrit ainsi que l’on pouvait produire tantôt la sensation de lumière, tantôt une sensation de saveur en agissant avec un are métallique sur les nerfs de l'œil ou sur ceux de la langue. Cette découverte importante est une des principales qui lui permirent d’étayer solidement son hypothèse.
Humbolt fut très intéressé par les communications de Volta ; il répéta à son tour ses expériences et, après en avoir confirmé les résultats, il fit cette remarque : « Tous ces essais n'ayant présenté aucune « contraction dans la langue, ils semblent constater « parfaitement la vérité de cette ancienne asserlion « de Gallien nouvellement confirmée par Scarpa : « que le nerf fourni à la langue par la troisième « branche de la cinquième paire sert exclusivement « au sens du goût et que la neuvième paire est exclu- « sivement destinée au mouvement de la langue. »
alli et De la Méthérie confirmèrent aussi « l'expérience singulière de Volta », ils constatèrent tous que l'expérience de Sulzer est identiquement. la même mais qu'elle ne peul en aucune façon être
considérée comme la découverte du galvanisme,
mi
12° Les applications à la thérapeutique. — L'électricité comme agent thérapeutique avait été utilisée dès l'antiquité au moyen des poissons électriques d’abord. Les commotions produites par le contact de ces animaux devant naturellement et immédiatement donner l’idée de les essayer chez les paralytiques. Les applications de l’électricité à la médecine ont ainsi précédé de longtemps toutes les autres applications, soit physiques, soit chimiques de cet agent. Cette évolution s'explique très bien par l’action de l'électricité sur les muscles et par la manière dont on a pu en percevoir les manifestations lies plus apparentes.
Falcower (62) raconte que Aristote, Pline, Plutarque, Oppien, Claudien avaient observé les phénomènes d’engourdissement et les commotions produits par le contact direct ou indirect avec la torpille. Après avoir parlé des inévitables paralytiques sur lesquels on fit les premiers essais thérapeutiques, il ajoute : &« On doit remarquer que la « commotion électrique procurée au moyen d'une « torpille vivante était un remède très usité (a). Vos- « sius, dit, d'après qüelqu'ancienne autorité, qu'on « guérissait un mal de tête invétéré en appliquant « une lorpille vivante sur la partie endolorie. On « employait le même remède pour la goutte, le malade « devait se rendre au bord de la mer et, les jambes
a. De nos jours encore certaines peuplades de l'Afrique, dit-on, emploient encore cette thérapeutique,
ne
« dans l’eau, mettre les pieds sur une torpille vivante « jusqu’à ce qu'il éprouvât un engourdissement, non « seulement dans le pied mais dans toute la jambe « jusqu’au genou. On dit que ce remède guérit « Anthero, affranchi de Tibère. Dioscoride indique le « même remède pour les maux de tête opiniâtres et « pour les chutes du rectum ».
Les ctincelles et les effluves de statique furent d'un emploi courant en thérapeutique à la suite des essais de Jallabert que j'ai relatés au début de ce travail. Les décharges de la bouteille de Leyde furent à un moment très en vogue et c’est, comme je l'ai déjà dit aussi, à cette époque (1790) et de cet emploi de la bouteille de Leyde en thérapeutique, que naquit notre expression « se faire électriser ». Le galvanisme obéit aux mêmes lois dans ses applications à la thérapeutique et suscita les mêmes premières idées que les autres modalités de l'électricité connues avant lui. |
Galvani, admettant l’idée d’une électricité qu'il appelle animale, et considérant que l'arc provoque des contractions en amenant une décharge analogue à celle de la bouteille de Leyde, eut tout de suite l’idée d'utiliser sa découverte pour diagnostiquer les maladies que l’on considérait à cette époque comme « dues à la présence d’un excès d'électricité dans le corps » de celles dues à « un défaut d'électricité » : les premières devant provoquer chez ceux qui en étaient atteints des décharges et par conséquent des
contractions plus fortes que les secondes.
L'oSÉ
ELLE, 6 à 70