‹ Les origines du lycée de Saint-OmerChapitre 19 sur 38 · AN., F · texte numérisé non relu

AN., F

4 Art. V.

5 A.D., corresp. du sous-préfet, n° 1.062. A.N., F, 63.001.

de remplir les conditions prescrites par l'arrêté du 30 frimaire. Article II. Le ministre de l'intérieur est chargé de l'exécution du présent arrêté qui sera inséré au Bulletin des Lois1 ».

Aussitôt, la municipalité s'occupe des mesures à prendre pour ouvrir le plus tôt possible la nouvelle école. C'est une impatience fébrile, une hâte joyeuse pour posséder bien vite le collège regretté, souhaité pendant dix ans. Le préfet de son côté désire que l'on prenne les mesures les plus actives pour que l'établissement soit promptement organisé. Le souspréfet, en annonçant qu'il visitera les bâtiments, demande que l'ouverture de l'école puisse se faire le 1er messidor2; il ordonne même, toute autre besogne cessante, de prendre les mesures pour une prompte organisation3. Mais des difficultés financières se présentent : l'ancien préfet, Podevin- Maissenez, avait réduit de 2.000 francs le crédit de 6.000 francs volé pour les réparations au collège. Le moment est venu d'activer les travaux, travaux urgents, travaux d'une nature telle qu'ils ne souffrent pas la remise d'un moment. Le maire écrit en toute hâte au sous-préfet : « Vouloir la fin, citoyen sous-préfet, c'est aussi vouloir les moyens. Eh bien ! le but ne peut évidemment pas être atteint avec 4.000 francs; les plus grosses réparations même ne pourront être couvertes avec cette modique somme4 », et il le prie de solliciter le rétablissement du crédit de G. 000 francs. Les 3.600 francs de traitement des professeurs ont aussi été rayés du budget par l'ancien préfet, qui ne prévoyait pas un rétablissement aussi prochain. Or, un tiers du traitement des professeurs doit figurer au budget de l'an XI puisque la municipalité « a l'espoir et le désir d'ouvrir cette école dès le 1er prairial prochain, ou au plus lard le 1er messidor5 ». Le 15 germinal, les commissaires, chargés de l'examen du lycée de Douai, viennent visiter les bâtiments de l'école secondaire t;. Le sous-préfet fait une enquête sur les principes, l'honorabilité et les talents des futurs professeurs, et dans son rapport au préfet, il leur rend ce la justice que leur accordent les amis du bien »; il est convaincu « qu'ils se rendront dignes de la bienveillance du préfet el mériteront sa confiance7 ». Cependant pour Poillion, il faut obtenir un

2 A.D., corresp. du sous-préfet, 13 floréal, n° 2.S31.

3 A. M., CM., 15 floréal, no 1.035.

4 A. M., CM., 15 floréal, n» 1.036.

5 A. M., CM., 15 floréal, n° 1.036.

8 A.D., corresp. du sous-préfet, 11 germinal, n° 2.377. 7 A.D., corresp. du sous-préfet, 27 floréal, n° 3,146.

certificat d'amnistie; le grand juge, ministre de la justice, le signe le 7 prairial '.

La publicité n'est pas négligée ; on fait de la réclame pour l'école secondaire qui va s'ouvrir; des exemplaires d'une adresse du maire de Saint-Omer sont envoyés par les soins |du sous-préfet aux maires d'Hazebrouck9, d'Aire, d'Ardres, Id'Audruick, de Tournehem, d'Arqués, de Calais, d'Hesdin, de IFauquembergues, de toutes les communes voisines3, avec prière de leur donner la plus grande publicité possible. ' On cherche à rendre solennelle l'inauguration du collège4, et f le 29 prairial, le maire adresse aux membres du conseil municipal et du bureau du collège, aux commissaires de police et aux principaux magistrats une invitation à se réunir le 1er messidor à l'hôtel de la mairie à neuf heures et demie du malin pour assister à l'installation des professeurs de l'école secondaire5. Grâce à la diligence de la municipalité, tout était prêt le 1er messidor. La proclamation du maire, Brùlé-Baubert, rendait exactement les sentiments de tous : « Ils n'ont été que trop longs les regrets que nous avons donnés à l'extinction de ces établissements que nos aïeux avaient élevés au milieu de nos murs pour l'éducation publique. Depuis nombre d'années, ils ont été fermés pour la jeunesse ; elle allait autrefois y puiser les principes de la science et de la morale qui constituent l'honnête homme, et forment le citoyen précieux et utile à la mère patrie. Le temps dévastateur les avait presque fait disparaître au milieu de nous ; il avait exercé sur les édifices tous ses ravages... » Enfin, pour reprendre des expressions de l'époque, les bienfaisantes lumières de l'instruction allaient de nouveau éclairer les murs de la cité de Saint-Omer.

1 A.D., corresp. du sous-préfet, 20 prairial, n" 3.525.

2 A.D., corrcsp. du sous-préfet, 20 prairial, n° 3.521.

3 A.D., corresp. du sous-préfet, u° 3.528.

4 A. M., CM., no 1.104.

5 A. M., CM., no 1.114.

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