G<* C , IX
4 Particulièrement (tans les travaux préparatoires à la VI' session.
5 Les humanités avant 1510 étaient enseignées à Saint -Orner par les Dominicains. Thomas Turpin dans son manuscrit (782, bibliothèque de Saint-Oiuer, page 48) dit qu'en eetle année le chapitre provincial de Valenciennes supprima les écoles séculières En 1042, le conseil d'Artois exerça la justice dans le local qui avait continue à porter ce nom « d'école »; plus lard en 1709 on y enseigna la philosophie.
Orner, remercia le Seigneur qui l'avait éclairé par son Esprit- Saint, et résolut de céder à ses inspirations Mais en tout la précipitation peut être funeste : « feslina lente » disait sagement la devise du prélat. Gérard se rendit au Couvent des Dominicains auprès de Ballazar Textor, inquisiteur de la province, dont il aimait à prendre conseil. Textor le confirma dans sa résolution et l'engagea à appeler près de lui les compagnons de Loyola. Dès lors Gérard n'hésita plus ; l'abbé d'Anchin, I). Jean Leutailleur était un des fondateurs de l'Université de Douai : il pouvait le guider dans son projet. Gérard lui écrivit et la Providence voulut que, lorsque son messager parvint a l'abbaye, il y trouvât le Provincial de Belgique, le Père Evrard Mercurian qu'une retraite prêchée par Baudouin l'Ange, membre de la Compagnie, avait amené à Anchin. En réalité, dès février 1565, Jean Leutailleur était à Saint-Omer : et le Père Mercurian profilait d'un séjour à Bruges, où il était venu recevoir la profession de quelques religieux, pour se rendre auprès de l'Abbé de Saint-Bertin. Durant les six jours que le prélat le retint, il eut le loisir de lui exposer ses projets et de lui confier son ardent désir d'avoir près de lui quelques membres de la Compagnie. La mort du Père Lainez rompit les négociations engagées, en obligeant le Père Mercurian à rentrer soudain à Tournai pour y convoquer la Congrégation provinciale, en vue de l'élection d'un nouveau général. Cependant, à son départ, il promit, aussitôt son retour de Rome, de s'occuper de l'affaire et il laissa à Saint-Bertin son compagnon Baudouin de l'Ange. Celui-ci, très habile, commença son œuvre d'apostolat auprès des religieux de Saint-Bertin ; il leur donna les exercices spirituels d'Ignace de Loyola que Gérard d Haméricourt suivit avec une merveilleuse ponctualité. L'exemple de l'Abbé et l'éloquence du Jésuite entraînèrent les moines bénédictins à faire une confession générale de toute leur vie et ramenèrent à l'orthodoxie Nicolas Dupuisch, quatrième prieur et aumônier, qu'on suspectait d'hérésie ; il abjura ses erreurs dans le cachot où il était gardé.
Cependant les exercices du carême ne pouvaient détourner l'évêque du projet qu'il méditait : dans la retraite il n'oubliait pas la jeunesse diocésaine que le Calvinisme guettait et qu'à tout prix il entendait sauvegarder. Toutefois le prélat ne s'était pas d'abord fait une idée assez exacte des conditions imposées par les règles de l'ordre pour la fondation des collèges. Dans sa pensée, l'établissement déjà réalisé d'un séminaire en faveur des pauvres écoliers lui paraissait suffisant, et, si la société de Jésus acceptait de prendre en main cette institution, rien, selon lui, ne nécessiterait une nouvelle fondation; c'était une
erreur. Le Père de Lange le lui fit observer en lui rappelant les objections faites à l'abbé d'Anchin par le Père Mercurian luimême, lors de l'arrivée des Jésuites à Douai ' : l'usage de la Compagnie n'était pas que les Pères vécussent dans la même maison que les étudiants ; la société de Jésus n'aimait pas à se charger d'un pensionnat : il faudrait donc acquérir pour la communauté quelque maison nouvelle et « lui laisser le loisir de vaquer à enseigner et instruire en bonnes mœurs et lettres, non seulement les enfants du séminaire de Saint-Bertin, mais aussi tous autres qui voudraient venir à leurs leçons ». En fait les Pères voulaient avoir un collège qui fût bien à eux et ne dépendît d'aucune autorité étrangère. Mais de Lange n'ayant pas autorité pour traiter, invita l'Abbé à faire part de ses desseins au Provincial avant son départ pour Rome.
Docile aux conseils du Jésuite, poussé par l'ardent désir qu'il avait de confier aux Pères de Jésus ses jeunes ouailles, de plus en plus persuadé que la lutte contre l'hérésie était un fardeau trop lourd pour ses épaules -, dans ces temps de guerre, et que la Providence l'avait certainement secouru en lui envoyant les Jésuites 3, Gérard d'Haméricourt manda au Provincial son intention de constituer sur les plus clairs deniers de ses épargnes personnelles une rente inaliénable de 900 florins.
Déjà la conclusion de l'affaire semblait prochaine. Mais la devise de Gérard n'a-t-elle pas pesé sur tous les actes de sa
(vie ? Le P. Mercurian avait été retenu à Rome auprès du nouveau général François de Borgia, et le P. Coster l'avait *. remplacé à la tête de la province de Belgique. Celui-ci avait ! vite compris l'importance pour la société d'un collège dans l une ville aussi fréquentée que Saint-Omer, dans une région n voisine de la France et de l'Angleterre, fortement entamée M'déjà par le protestantisme. A peine entré en charge, François Coster se rendit à Saint-Omer en compagnie du P. Henri ! Somma le; il apportait à l'Abbé des lettres patentes venues de .Rome qui autorisaient la création du collège. Selon l'accord [{intervenu entre les parties contractantes, le P. Sommale était i chargé de l'organisation matérielle et de l'acquisition du mobij lier nécessaire à la nouvelle communauté.
Les malheurs de l'année 1561) arrêtèrent l'entreprise.
1 V. Cardon. — La fondation de l'Université de Douai, p. 412. 8 V. Acte de G. d'il., 28 janvier 1571 et Bref de Pie V considérons omis humeris suis perturbatissimo hoc tempore.
3 V. Acte de G. d'H.,28 janvier 1571 et Bref de Pie V nui diuino oa.vilioribus labentibus succui ratur.
Tandis que les gueux parcouraient le pays, pillant Clairmarais, rompant à Watten les images el les tables d'autel, déterrant chez les cisterciennes de Beaupré le corps du confesseur des nonnes ; tandis qu'à Brouckerque le curé, aidé de quelques factieux, saccageait l'église avant de l'abandonner, qu'à Saint- Omer même devant le grand portail de l'église cathédrale l'évêque dégradait un dominicain du couvent de Bergue avant de le livrer aux bras séculiers, le P. Henri Soininale avait quitté la ville, et la fondation projetée demeurait inachevée. A la faveur du calme, les négociations reprirent ; plus que jamais, après les excès de la funeste année qui venait de s'écouler, Gérard d'Haméricourt comprenait la nécessité d'appeler à son aide la Société de Jésus. 11 pria donc le provincial de lui envoyer un homme de son choix. Celui-ci vint, mais ce fut d'abord pour que l'Evêque lui proposât une maison peu convenable « iniquiore loco ». Avant de retourner à Louvain, le négociateur demandé par Gérard, lui fît comprendre qu'une maison plus décente indiquée par un de ses amis, le chanoine Adrien Pruvost, serait facile à transformer en collège : justement elle était à vendre. Jehan Dambiïcourt et damoiselle du Bois sa femme l'avaient achetée à haut et puissant seigneur Jean de Croy, comte de Boueulx. Pour être appliquée à la demeure des maîtres gouverneurs et régents du séminaire de sa maison et abbaye de Saint-Bertin, Gérard l'acquit moyennant la somme de 1.300 florins '. Peu après, il mandait au P. Coster son désir de conclure rapidement une affaire qui lui tenait au cœur. En conséquence bientôt trois pères, Beaudoin de Lange, Jean Gapanus et Hermann arrivent à Saint-Omer, Gérard les accueille avec beaucoup d'humanité dans son abbatial et, en attendant que les bâtiments destinés à la communauté s'achèvent "2, il les fait recevoir par le magistrat de la cité et les introduit ensuite au collège Saint-Bertin. Le 9 avril M. Florent, Jean Jacobeus et Jean Dumoulin commencent à y enseigner la rhétorique, les humanités et la grammaire : Me Roger donne des leçons de dialectique et de grec 3. En même temps, l'Abbé place sur les Etats d'Artois un capital dont le revenu devait être destiné à assurer l'entretien des nouveaux professeurs. Le nouveau collège était fondé.
Dans sa hâte, Gérard n'avait pas attendu l'autorisation des autorités ecclésiastiques et civiles ; n'était-il pas sûr d'être approuvé en haut lieu ? Le concile de Trente avait suscité un réveil
1 AD., Cart. des Jésuites, 3 déc. 1566.
2 Gd C-, IX, p. 427.
catholique et donné le signal de la contre-réforme ; l'enseignement qui semblait à tous dune importance capitale avait été partout confié aux disciples d'Ignace de Loyola. L'Eglise et l'Etat s'unissaient dans un eflort commun contre le protestantisme. Philippe II, confondant son propre intérêt avec l'intérêt de l'Eglise, se posait en adversaire déclaré du protestantisme, en champion de la papauté ; pour lutter contre les rebelles des Pays-Bas qui trouvaientdes secours chez les Anglais et les huguenots français, il s'appuyait sur la Compagnie de Jésus. Sur le conseil du P. Jérôme Natal, alors visiteur, Gérard d'Haméricourt avait sollicité de la Cour des lettres patentes pour faire passer ses donations en main morte et rendre ainsi son œuvre définitive et durable. Le 22 mars 1567, les lettres arrivèrent. Le roi ' approuvait rétablissement et érection du collège nommé « de la société de Jésus » et ensemble sanctionnait les achats de rentes pour être employés à la nouvelle érection du collège des Jésuites. Les religieux étaient tenus de vaquer endoctriner en bonnes mœurs et lettres les cinquante pauvre enfants du séminaire de Saint-Bertin et tous autres qui voudraient ouïr leurs leçons, et de prêcher et annoncer la parole de Jésus-Christ par tout le diocèse de Saint-Omer. Philippe prenait en sa sauvegarde spéciale la fondation, et recommandait le collège et les personnes qui le composaient à la protection de tous les officiers du roi et particulièrement du bailli et mayeur de Saint-Omer.
Cependant Gérard, s'occupant de plus en plus du sort des Jésuites, augmentait sans cesse leur patrimoine de nouvelles acquisitions. Le 19 janvier 1568 2, Flour Martel, héritier de défunt Jean Magiet son oncle, lui vendait une maison, chambre et jardin touchant vers mer à Grégoire Tisserand, vers soleil à la grange des Jésuites, et par derrière à leur jardin. Pour 24 livres de gros monnoye de 6 florins, plus une charge de 22 sols de rente parisis à la ville, l'Abbé devenait propriétaire du nouveau bâtiment destiné à la demeure de messieurs les gouverneurs et régents du collège ou séminaire Saint-Berlin. Le 6 août 1569 3, une nouvelle maison, aboutant par derrière à l'héritage des Jésuites et appartenant à Grégoire le Veau tisserand de toile, bourgeois de la ville, et à Marguerite Lefèvre sa femme, venait arrondir le patrimoine des Pères. D'année en année la rente que Gérard avait d'abord limitée, suivant ses ressources actuelles, à 900 florins, tout en promettant mieux
1 Gd C, IX, p. 508 - A.I). B, 31, * A.D., Cart. des Jésuites.
:t A.D., Cart. des Jésuites.
selon l'état des finances du monastère, grossissait et s'élevait à 1600 florins x. De plus en plus, les Jésuites gagnaient la confiance de l'Evêque : celui-ci, redoutant Louvain pour les séminaristes de son diocèse, les avait même décidés à faire, dès 1568, quelques cours de théologie, sans d'ailleurs pouvoir les amener à s'engager par un contrat.
Déjà, à cette époque, étaient venues de Rome des lettres signées de François de Borgia, général de la Compagnie 2 ; le collège était autorisé, et Gérard d'Haméricourt était formellement reconnu fondateur, en sa qualité d'abbé de Saint-Bertin ; par ce titre, le prélat participait à l'avenir aux bonnes œuvres et aux mérites de l'ordre, comme s'il en avait fait partie, et ce titre, qu'il avait voulu partager avec ses moines, était transmissible à tous ses successeurs. Bientôt le pape Pie V 3 envoyait à Gérard des lettres de congratulation pour la nouvelle' fondation, en même temps qu'il l'engageait à « consommer l'ouvrage commencé ».
Enfin l'Evêque de Saint-Omer était rassuré: la jeunesse de son diocèse n'irait plus au loin chercher une science dange- . reuse; l'hérésie reculerait devant les nouveaux apôtres de la foi. Et « pour mettre le comble à ses pieux désirs4», pour garder le souvenir de sa mémorable fondation, sur un large parchemin authentiqué par les paraphes de deux notaires royaux et scellé des larges cachets de l'Abbaye, de l'Evêché et du Chapitre du monastère, Gérard fit, dans les amples périodes d'un élégant latin, tracer ces lignes qui devaient à toujours rappeler ses angoisses passées, son estime pour les membres de la compagnie de Jésus et ses libéralités pour les | nouveaux gouverneurs de la jeunesse :
« Au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Ainsi-soit-il.
« Nous, Gérard d'Haméricourt, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège apostolique, évêque de Saint-Omer et abbé de Saint-Bertin.
« A l'heure singulièrement troublée où nous fut imposée la charge d'administrer le monastère de Saint-Bertin et l'église de Saint-Omer, au temps où il nous semblait que dans presque le monde entier et particulièrement en notre Belgique, le pays chrétien était infesté des innombrables maux des hérésies, et à ce point mis à mal par les machinations d'hommes pervers que dans les états et les cités il courait un grand danger, et
1 Plus tard elle atteignit un chiffre plus élevé.
2 G-» C , IX, n" 316, Ann. Bert., 316.
3 Bibl. de Saint-Omer, Ms 817, f° 6, n° 6. Ms841, f« 5.
4 G<< C., IX, 28 janvier 1571, n» 412.
que, Dieu nous en préserve, on avait les plus graves raisons de craindre contre la patrie un assaut de jour en jour plus terrible, à moins que, aidés de la grâce de Dieu, nous ne mettions à temps ordre à de telles calamités, nous n'avons eu garde de ne pas apporter tous nos soins, et tout notre zèle pastoral à essayer, dans la mesure de nos forces et de nos moyens, d'organiser ce qui nous semblait capable de conserver la foi chrétienne dans le présent et pour l'avenir. Il nous semblait difficile de trouver les remèdes à apporter aux malheurs actuels, parce que les troubles religieux et civils avaient brisé l'antique union entre les peuples catholiques, lorsque la divine Providence exauça nos vœux en nous offrant le meilleur remède dans le ministère, particulièrement approprié aux circonstances présentes, des religieux de la compagnie de Jésus, compagnie qui a fait ses preuves en divers pays chrétiens ou infidèles, pour le bien des âmes et en particulier pour l'instruction et l'éducation de la jeunesse, mais cela à condition qu'elle fût convenablement établie. Ses pieux offices nous paraissaient concourir d'autant plus à la gloire de Dieu et au bien des âmes que, suivant la règle de leur Institut, les Jésuites les rendent gratuitement et par pur dévouement.
« C'est pourquoi, nous Gérard d'Haméricourt, évêque de Saint-Omer et abbé de Saint-Bertin, nous instituons, érigeons et dotons dans cette ville de Saint-Omer, le collège de la Compagnie de Jésus où, à perpétuité, pourront vivre ceux qui vaquent à l'enseignement des belles-lettres latines et grecques jusqu'à la rhétorique inclusivement et aux autres exercices accoutumés, et ce, conformément à leurs règles approuvées par le Saint-Siège, ne leur demandant en retour que d'instruire dans les belles lettres tout d'abord les pauvres de notre collège Saint-Bertin, puis tous autres se présentant à i leurs écoles. » Et lentement, au rythme monotone des périodes latines, Mgr Gérard rappelait la maison qu'il avait acquise de Jehan Dambricourt et que, sans fraude ni condition, ainsi qu'il ressort du texte et du contrat, il avait donné aux Pères en propriété réelle, avec les granges, le jardin, la cour, les appendances et les dépendances ; il rappelait les deux petites maisons déjà démolies pour faciliter l'édification d'une chapelle. Et lentement, soigneusement, Monseigneur notait la donation franche et perpétuelle de 1000 florins, monnaie de Flandre, chaque florin valant 40 gros, pour que les religieux en usent et jouissent à leur gré pour l'accomplissement de leurs fonctions en conformité avec les règles de leur Institut ; il signalait que, bien que le Pape l'eût autorisé à prendre ces revenus sur les rentes du collège Saint-Berlin, cependant,
préférant pour le plus grand bien du pays laisser intact le patrimoine de cette première fondation, il avait acheté les 1600 florins de rente des deniers dont il pouvait personnellement disposer par la permission de Dieu et du Saint- Siège ; il pensait ne pouvoir faire de ses épargnes meilleur placement (pie de l'affecter à une œuvre si pleine de promesses pour le bien du diocèse et du peuple qui lui était contié ; il se réjouissait de n'avoir rien aliéné ni distrait du patrimoime du diocèse et de l'abbaye. Et gravement, Monseigneur, songeant à la mort et aux vicissitudes de la fortune, promettait de ne pas s'en tenir à cette somme de 1600 florins si Dieu lui prêtait vie, si les ressources ne lui faisaient pas défaut ; il souhaitait, avec l'aide de Dieu, d'ajouter à ce capital pour augmenter le nombre des religieux afin que plus aisément et plus efficacement, pour le plus grand bien des âmes, et suivant la règle de leur Institut, ils pussent remplir leur précieux ministère.
Comme l'indiquait enfin l'Evèque, la donation, faite du consentement du chapitre de l'abbaye, avait été acceptée par le P. Baudoin de Lange parlant au nom de François de Borgia, général de la Compagnie.
Quelques mois plus tard, le 5 juin 1571 ', un bref apostolique, obtenu à la recommandation de François de Borgia ; confirmait en termes chaleureux la nouvelle création. Pie V y témoignait sa joie du zèle de Gérard pour le maintien de l'orthodoxie et le développement de l'instruction ; il y félicitait l'abbé et les moines associés par lui à la fondation ; il approuvait ce que les fondateurs avaient déjà fait, et tout ce qu'ils pourraient encore faire pour étendre leur œuvre. Le Saint-Siège attachait une telle importance au développement du collège des Jésuites que, voulant le mettre à l'abri de toute attaque et de toute critique, à la requête de Grégoire XIII, Adrien Fuscouy, correcteur des archives de la cour romaine, et constitué juge et exécuteur des dites archives, lançait contre les opposants au bref de Pie V une sentence d'excommunication s ; après avoir notifié les lettres apostoliques afin quelles reçussent leur exécution dans les dix jours, sans souffrir que personne ne leur donne aucun empêchement ni trouble, Fuscouy déclarait excommuniés ceux qui les voudraient troubler. Il suspendait leurs lieux, églises, monastères et chapelles et proférait sentence d'interdit ecclésiastique; et si les contrevenants étaient ceux auxquels il porte plus
1 Gd C, IX, f° 532. — Ms. 817, n° 7. '2Gd C, IX, 538 - Ann. Bert., 343.
d'honneur comme patriarches, archevêques ou évêques, il leur défendait l'entrée de l'église et, après six jours de résistance, les suspendait de l'office divin.
Quelques années plus tard le pape Sixte-Quint témoignait à son tour sa bienveillance pour le collège des Pères. Dans une bulle datée du 31 juillet 1586 ', il proclamait hautement « les précieux avantages qu'on pouvait tirer de cet établissement, pour administrer les sacrements, pour enseigner la parole de Dieu et surtout pour élever catholiquement et instruire dans les lettres divines et humaines, la jeunesse du pays ». Aussi, considérant les différends, les procès et les scandales continuels que l'éloignement de l'abbaye propriétaire 2, située en terre de France, occasionnait à Cohem, se rendant aux prières des Jésuites, Sixte-Quint profitait de la cession de son bénéfice faite par le prieur Julien Jamot ; il sécularisait le prieuré, assurait le service paroissial de l'église par la nomination d'un vicaire perpétuel et mettait le collège de Saint-Omer en possession des revenus de Cohem. Ainsi protégés par l'autorité du Saint-Siège, soutenus par le Roi et par le Pape, encouragés par l'Evoque et le Magistrat de Saint- Omer, riches des libéralités sans cesse grandissantes des Abbés et des Moines de Saint-Bertin, les Jésuites se sentaient, et allaient se sentir chaque jour davantage tout puissants dans la ville. Par leur habileté à profiter des circonstances, par leur ardeur à étendre au loin leur influence, par leur zèle pour le service de Dieu et la gloire de l'Eglise, ils devaient bientôt briser les barrières que leur avait assignées le généreux Gérard d'Haméricourt, soixante-neuvième abbé de Saint- Bertin, premier évêque de Saint-Omer, fondateur vénéré du Collège Wallon J.
2 Abbaye de Molesne.
r""" 3 Le Collège des Jésuites Wallons, devenu plus tard collège français lorsque Saint-Omer eut été rendu à la France, eut ses armoiries. Dans leur histoire sigillaire de la ville de Saint-Omer, A. Eiermand et L. Deschamps de Pas en signalent trois pour la période jésuitique, différant par les dimensions et la forme. Les trois cachets portent au centre le monogramme du Christ.
Au temps des prêtres séculiers, les ex-libris ou programmes de séances publiques qui nous restent nous les représentent : o D'azur à une main sortant d'une nuée mouvante du chef, tenant en main un livre fermé, arc de 3 Heurs de lys 2 et 1, le tout d'argent » ou encore « de France à une main sortant d'une nuée mouvante du chef et tenant de sa main un livre terme, le tout d'argent, l'un surmonté d'une couronne étoilée ». Sur un cachet du temps des Doctrinaires on voit a la croix accostée des instruments de la passion et entourée de la légende a Colley. Audom. docl. christ, »