ODE COMPOSÉE ET DÉCLAMÉE PAU LEULLEUX
Élève de Rhétorique
Tremble Albion ! le jour s'avance Où l'univers de sa vengeance Va te porter les derniers coups.
Le ciel gronde : vois la tempête Qui s'amoncelle sur ta tète.
Tremble Albion, luis son courroux.
J'aperçois le Dieu de la guerre Qui vient, armé de son tonnerre, Pour l'anéantir à jamais :
Mais le protecteur de la France, S'abandonnant à sa clémence Veut bien encore l'offrir la paix.
Tu peux, sous sa main protectrice, Eviter l'affreux précipice Où t'entraîne un orgueil sans frein; Rends grâce à son cœur secourable Qui l'arrache au sort effroyable Que le préparait le destin
Que vois-je ! ô ciel ! quoi, tu refuses, Peuple insensé !... Mais tu t'abuses.
Tombe plutôt à ses genoux.
Non ! c'en est fait, lu veux la guerre? Eh bien ! ton orgueil téméraire Va ressentir ses plus forts coups.
Vois les peuples de la Russie
A l'exemple de l'Ibérie
Fuir à l'aspect de leur vainqueur.
Il s'avance ! et dans la poussière
A disparu la ligue altière
Qui venait braver ses fureurs.
Depuis la fertile contrée Dont le 'l'âge d'une eau dorée Arrose les sables brûlants, Jusqu'aux glaces du Boryslhènc Vois les lins cnlants de la Seine Planter leurs drapeaux triomphants.
Tremblez, ennemis de la France.
Le roi des rois de sa puissance Sur elle répand les torrents.
Que ppurrez-vous voir de la terre?
Contre le maître du tonnerre, Aurez-vous des retranchements ?
Celui qui commande aux armées,
Aux empires, aux destinées
Des plus superbes potentats,
Qui de son bras lance la foudre,
Peut, quand il veut, réduire en poudre,
Ce qui lait l'orgueil des Etats.
C'est par un ordre pacifique Qu'il a du pouvoir monarchique Fixé le siège dans Paris :
« Paris, dit-il, commande au monde VA que de la terre et de l'onde Tout l'empire te soit soumis ».
Tel est d'un Dieu l'arrêt suprême.
Anglais, tu frémis en toi-même
Quand lu regardes l'avenir !
Kl dans ta vaine résistance,
Tu ne vois plus qu'un gouffre immense
Où bientôt tu vas l'engloutir.