‹ Les origines du lycée de Saint-OmerChapitre 4 sur 38 · UD · texte numérisé non relu

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,s D., 1607, val. 320 0.

16 D., 1607, val. 418 fl.

17 D., inauguré lpr dimanebe de juillet 1607, val. 15 fl.

d'argent1, une lampe d'argent8, des burettes3, des grands candélabres pour encadrer N.-D. de Montaigu4, des calices5, des statues0, viennent successivement enrichir le mobilier de la sacristie et de la chapelle, qui s'augmente d'un nouvel autel7, de nombreuses images pour la décoration des murs8, de reliques de saint Disole, de saint Recesse9 et du bienheureux Ignace de Loyola10. Entreprise par les Jésuitessans presque savoir avec quoi ils paieraient les ouvriers, cette chapelle du collège avait fini par être une des plus riches de la ville tant chacun s'était employé à l'orner. Peut-être la décoration manquait-elle de goût, mais la richesse n'y faisait assurément pas défaut.

Cependant les Pères ne négligeaient pas les bâtiments cfûT \ collège, et le soin de leur chapelle ne leur faisait pas oublier ce qu'ils devaient à leurs écoliers. Pour rehausser la beauté des écoles, ils plantent trois arbres en avant de la porte du collège11, ils pratiquent dans le voisinage des classes un passage plus facile entre la cour de devant et celle de derrière12. On clôt de murailles la cour du fond13; on sépare par une cloison de bois le jardin de l'allée qui sert d'entrée aux élèves14; et on prolonge la palissade jusqu'au mur du fond15; pour mettre les visiteurs à l'abri du vent et de la pluie on érige un porche en avant de la porte d'entrée16. En 1575 on établit une

1 D., 1608, don de M<^ Taylor, 27 fl. .

2 H., Ms 808, 2 février 1610.

3 D., fin août 1623, sur un plateau avec les images de saint Ignace et de saint Xavier.

* D., 1608 et 1630, 864 fi.

5 D., 1608, 142 fl. et 1er septembre 1635.

6 9 mai 1621, 2 stat. d'arg. des saints martyrs ciselées à Lille, 1200 fl.

7 D., 26 juillet 1611.

8 H., Ms 808, dernier de juillet 1612, 4 tableaux en plate peinture de la vie du béat père Ignace de Loyola et dernier de juillet 1614, l'image de Beat Louis de Gonzague relevé en boche d'albâtre fort enrichie d'or et autres peintures.

9 D., 10 mai 1618. G<* C, 1618, don à Saint-Bertin d'une partie de la mâchoire et d'un ossement oblong de ces reliques.

10 Juin 1621, reliques : morceau du cercueil en plomb et bois — cendre du cercueil — étoffe — 2 morceaux de la chasuble dans laquelle il avait été enterré.

12 D., 25 janvier 1573.

13 D., 25 janvier 1573.

14 D., fin de mars 1574. Vers la fin de mai on fait tomber le mur qui séparait le jardin de la cour du fond ce qui permet d'aplanir celui-ci.

15 D., 5 octobre 1574.

10 D., 22 août 1574.

cheminée dans la classe de théologie et d'humanités1. Les toits de chaume sont soigneusement entretenus2, une cave en mauvais état dans le fond du bâtiment est condamnée3, une écurie est construite1. Bientôt une brasserie5 permettra d'être mieux servi en bière et à meilleur prix, surtout depuis que Saint-Bertin ne fournit plus la boisson0; une cuisine sera adjointe au nouveau bâtiment.

Malgré tous ces aménagements, les Jésuites ne sont pas satisfaits de leur œuvre ; leurs élèves commencent à se trouver à l'étroit dans les classes ; la prospérité croissante du collège, l'augmentation constante du nombre des écoliers qui approche de 600, ne permet plus de se contenter des anciens bâtiments. Les régents, privés d'espace, doivent presque tous loger sous les toits", et par des hivers aussi rigoureux que celui de 1572, pendant lequel on dut allumer deux brasiers dans la cour de récréation8, leur rustique installation devient inhabitable. De plus les Pères aimeraient à être chez eux ; ils voudraient séparer leur maison d'habitation du local de leurs écoles. Heureusement une occasion favorable se présente et sans hésitation, escomptant les ressources que pourront leur fournir le magistrat, l'évêque, l'abbé de Saint-Bertin ou les habitants de la ville, bref, comptant sur la Providence, ils entreprennent de construire un nouveau bâtiment pour les classes.

L'entreprise n'alla pas sans de multiples difficultés que l'ordinaire ténacité des Pères parvint seule à surmonter ; il est même intéressant de noter que chaque obstacle nouveau est un stimulant qui pousse les Jésuites à faire mieux; de chaque ruine sort un bâtiment mieux conçu que le précédent. Pour atteindre leur but, rien ne leur coule; ils empruntent sans savoir comment ils s'acquitteront; ils adressent au magistrat requête sur requête; ils font sortir de toutes les maisons l'argent nécessaire à leur entreprise; l'évêque, les villes voisines, l'abbé de Saint-Bertin, le roi, viennent à leur secours et le bâtiment s'élève enfin pour la plus grande gloire de Dieu.

Au moment où le collège commençait à se sentir à l'étroit

1 D., 18 juillet.

» D., juin 1576.

3 D., 25 janvier 1573.

* D., juin 1582.

5 D., 27 avril 1589.

6 D., 1577. Le monastère après la mort de Gérard d'IIamcricourt continua pendant quelque temps à fournir le pain et la bière comme de son vivant, cf., novembre 1578.

7 D., janvier 1593.

entre les limites que lui avait données Gérard d'Haméricourt, la Providence fit naître une occasion favorable de briser les murailles qui l'étouffaient. En 1583 Jean Six avait acheté à l'angle oriental de la rue de la Luresse, en face de la propriété des Jésuites, la demeure de M1 de Resmes et celle des religieuses hospitalières de saint Winoc, pour y établir le séminaire. Les Pères convoitaient ces maisons et ces jardins que l'évêque n'avait pas eu le temps d'utiliser ; sur le conseil des amis de la maison, ils résolurent donc d'en faire l'acquisition, ou plutôt l'abbé de Saint-Bertin se chargea de les racheter pour eux aux exécuteurs testamentaires de Jean Six : damoiselle Marie Six, Barbe et Jeanne ses sœurs « en considération des bons et agréables services que les Pères ont déjà faits et espèrent qu'ils feront à toute la république de Saint-Omer », vendirent pour 3000 florins au P. Chrestien Dolmerius toute la maison, jardin et héritage1. Aussitôt maçons et charpentiers se mirent a l'ouvrage pour les approprier à leur nouvelle destination. On se contenta de transformer une des maisons. Au-dessus des classes une place devait servir de chapelle pour y dire la messe et de salle pour les assemblées des confréries et les déclamations dialoguées des écoliers.

Tandis qu'on achevait l'installation, peu de jours avant la rentrée, vers les neuf heures du soir, au milieu d'un grand fracas, et comme si la terre avait tremblé, tout s'écroula5. Sans se lais-ser décourager par cet accident qui n'avait pas causé mort d'homme, les Jésuites se remirentà l'œuvre; maçons et charpentiers reprirent truelles et marteaux pour relever des décombres le bâtiment détruit. Mais les Pères n'eurent garde de ne pas crier bien haut leur détresse auprès du Magistrat de la ville' ; humblement ils lui remontrèrent que pour redresser ce dommage merveilleux ils se trouvaient insuffisants, attendu les dépends qu'ils avaient faits tant à l'achat qu'à l'accommodation d'icelle maison », ils prouvèrent la nécessité de cette réparation pour le progrès de leurs écoles, et se retirant vers les échevins « pour être assistés, en cette affaire parleur faveur libérale, laquelle ils espéraient d'autant plus encline que leurs devoirs et exercices se rapportaient au bien public et à l'avancement de la jeunesse, qu'ils aiment d'instruire selon la grâce que Dieu leur a donnée, partant pleins de bonne espérance ils les supplièrent de les aider en chose si urgente et occasion si

1 Chartes de Saint-Bertin, IV, n<> 4, 225. — D., A.D., Car. des Jés.

2 D., septembre 1587.

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