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juste ». Le 1er décembre d, le cri de détresse des Jésuites avait été entendu ; en considération du bénéfice que la république recevait par l'instruction de la jeunesse, Messieurs de la ville accordaient en don gratuit aux suppliants 200 florins que l'argentier devait leur remettre. L'année suivante l une nouvelle requête des Pères décidait les échevins à leur accorder en don gratuit toute la chaux nécessaire à leurs ouvrages et à leur promettre de faire repaver la rue aux dépens de la ville. Le 28 avril, un moment après le départ des régents et des écoliers, les nouvelles classes s'écroulèrent pour la seconde fois3. Ces deux accidents ayant montré la nécessité d'employer désormais la pierre, le P. Recteur chercha le moyen de se procurer des ressources ; pendant près d'un an, il négocia pour l'entreprise qu'il projetait : il s'adressa à la cour qui rendit un arrêt favorable, le magistrat de son côté autorisa la nouvelle construction4 ; des comtes de Lille on obtint 12 arbres pour les charpentes ; le grand bailli de Cassel en promit trois5. Mais, avant de creuser la première tranchée, le P. Recteur voulait avoir la certitude que les deux maisons ne resteraient pas séparées par la rue de la Luresse, que la demande adressée en 1588° au magistrat serait favorablement accueillie ; pour réunir les deux parties du collège les Pères voulaient établir un passage souterrain ou une voûte au-dessus de la rue entre les pignons des deux maisons. Après Visitation de commune main des officiers du roi et des échevins, ceux-ci résolurent de faire besogner à la voulsure souterraine demandée par les Pères7 : les ouvriers se heurtèrent-ils à quelque difficulté imprévue ? l'année suivante le second projet était adopté8 ; les Pères étaient autorisés à faire * dresser une voulte sur la rue pour joindre l'édifice des nouvelles écoles au pignon de leur maison, à charge qu'ils feraient faire la dite voulte de telle hauteur et largeur que l'une des plus hautes portes de la ville, soit plus haulte et plus large sy l'ouvrage le permettait affin de ne donner empeschement à passer ou repasser par la rue d. Sûr de l'appui du magistrat, encouragé par les dispositions libérales des amis du collège, le recteur se décida donc à
1 A. M., D.M., L, 1587, fo 272.
* A. M., D.M., L, 1587, fo 272.
:i I)., 28 avril, 1588.
5 D., 11 juillet 1588.
8 A.M., L, G« d'avril.
7 A. M., D.M., M, v<>, 18 mai.
8 A. M., D.M., M, fo26, 13 mars 1589.
mettre la nouvelle construction sous la protection du Très- Haut. Le 6 juin1, à quatre heures du matin après la messe, il bénissait remplacement de la première pierre. Le 18,'Taffin, Jacques Pennier et les maîtres charpentiers dressaient un plan détaillé que les Jésuites acceptaient. Le nouveau projet est accueilli avec enthousiasme par tout le pays ; les villes voisines offrent leur concours au collège : la municipalité de Bourbourg envoie 100 florins et laisse espérer davantage. Du bois d'Eperlecques on amène 6 gros chênes, don de Mr de Courtebourne : la ville de Bergue donne 150 florins, Furnes 100 florins ; De la Motte3 que le recteur a ramené au catholicisme donne 3000 florins qui seront affectés au bâtiment des classes ; il stipule même que si la clause n'est pas exécutée le don sera restituable avec un dédit de 100 florins ; Waast de Grenet, successeur de Gérard d'Haméricourt fait « un versement de 210 livres appliquées aux nouvelles écoles de la société en la ville de Saint- Omer4 ». Le magistrat, piqué d'une généreuse émulation, multiplie ses dons. Outre un subside de 200 florins5, il permet aux Jésuites d'établir dans le jardin de leur maison un four à chaux ; en considération du grand nombre de matériaux nécessaires à la construction des nouvelles écoles il leur donne 80.000 briques à prendre dans les réserves de la ville. Deux mois0 plus tard une délibération leur accorde douze ouvriers pour être employés le temps d'un mois, à besogner au déblai pour le fondement de leurs ouvrages ; en même temps la ville prend à sa charge le charroi des 80.000 briques que les échevins ont données. Les Jésuites savent profiter de ces bonnes dispositions de la municipalité ; sans cesse ils présentent de nouvelles requêtes ; sans craindre les refus, ils « prennent la hardiesse » de s'adresser au magistrat dont ils ont expérimenté la libérale faveur, ce laquelle a surpassé de beaucoup leur expectation ». Pour se rendre7 à la chapelle de sodalité qui sera au-dessus des classes il conviendrait a d'avoir près de la maison du P. Vasseur une montée un peu plus large que ne le comporte l'allée qu'ils ont laissée » ; ne pourrait-on leur accorder un pied et demi ou deux sur la rue : ne pourraientils empiéter aussi sur la voie publique « pour ériger aucuns
* G* C, X, p. 66, no 37.
b A. M., D.M., M, f- 26, 13 mars.
6 A.M., D.M., M, fo 33, 2 juin.