N» XXIII SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE
RAPPORT
SUR LA COLLECTION ETHNOGRAPHIQUE DE M. LaMARE-PiCQUOT,
Par une commission spéciale*.
Depuis que les connaissances géographiques sont appréciées
1) Voir aussi sur la collection Lamare-Picquot le rapport fait clans V Assemblée générale de la Société asiatique, le 28 avril 1831, reproduit ci-après, pièce
no XXIV, 2e note.
2) Bulletin de la Société de géographie, t. XVIi, n» 106. Février 1832, p. 86-96.
par un plus grand nombre de personnes, el ont obtenu dans l'opinion le rang qui leur appartient, on a mieux conçu le but et l'objet de la science, et Ton s'est fait une plus juste idée des branches dont elle se compose. Ce n'est pas tout de connaître les dimensions exactes d'un espace donpé sur le globe, la distance mathématique d'un lieu à un autre, le gisement des côtes, les profondeurs des eaux ou le relief du sol, les directions et les formes des chaînes de montagnes. Toutes ces notions sont précieuses et indispensables pour la navigation, pour les communications de terre et demer,pourla direction à donner aux rivières artificielles, et une multitude d'applications à la vie sociale. Mais ce n'est encore là qu'une partie des connaissances que doit procurer la géographie. C'est surtout ce qui est à la superficie du sol et qui habite sur cette surface qu'elle doit étudier et nous faire connaître. Or, parmi les êtres innombrables qui la recouvrent, aucun n'est plus digne de notre attention que l'homme, et les races humaines, si diversifiées pour l'intelligence et les habitudes, les qualités physiques et les signes extérieurs. Connaître à fond les différentes branches et tribus de la famille humaine est même la véritable fin de la science géographique, puisque, des rapports futurs entre elles toutes^, dérivera pour chacune la plus grande somme de bien-être et de prospérité. L'ethnographie se lie ainsi à la science, ou plutôt elle ne fait avec elle qu'une seule et même science, qu'il faudrait appeler désormais ethno-géographie. C'est pour cela que les savants navigateurs à qui nous devons les dernières explorations dans les contrées ignorées ou peu connues, ont mis et mettent tant de soin à décrire les races diverses, leur physionomie physique et morale, les produits de leurs arts et les ouvrages de leur industrie, imparfaite mais originale. Ceux qui, aujourd'hui, négligeraient de nous peindre les traits, de nous retracer le langage des peuplades lointaines, seraient lus avec moins de faveur qu'autrefois, et leurs relations n'exciteraient qu'un intérêt médiocre. Nous n'avons pas ce reproche à faire aux chefs des expéditions scientifiques dont s'honore la France, notamment les voyages de ÏUranie, de la Coquille, de l'Astrolabe. Leurs relations sont enrichies de re-
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marques sur tous ces points, qui caractérisent les peuples et leur degré de civilisation. Les voyageurs qui parcourent l'intérieur des continents sont appelés à faire des travaux semblables, à recueillir les observations du morne genre, et à rassembler aussi les objets qui se rapportent à Y ethnographie. C'est ce qu'a fait avec succès, surtout sous ce dernier rapport, M. Lamare-Picquot, dont la Société nous a chargés d'examiner la collection.
Nous devons commencer par payer un juste tribut d'éloges au zèle de ce voyageur. Il a fait plusieurs excursions dans l'Inde; d'abord avec le dessein d'enrichir les musées d'histoire naturelle, mais les circonstances où il s'est trouvé lui ont donné l'idée et fourni les moyens de former un autre genre de collection, non moins intéressant pour la science. Pendant le cours de son premier voyage au Bengale, qui a duré trois années, il lui fut impossible de tirer beaucoup de fruit de ses recherches. Mais le second, qui date de 1823, fut entrepris dans le but spécial d'observer avec soin, et de recueillir tout ce qu'il trouverait d'intéressant pour l'histoire des peuples. C'est en 1826 qu'il revint sur les bords du Gange. Après un an de séjour à Calcutta, employé à préparer ses relations, M. Lamare-Picquot s'établit à dessein à Chandernagor, lieu propice comme point de départ et centre d'observation. De là ses excursions ont été dirigées : 1° en 1827, au nord par l'Hougly et le Gange, sur Patna et les lieux voisins, sur Gazipoor, etc.; 2° en 1828, à l'ouest, dans les forêts et les environs de Rogonat-Gung, Rogonapour et à la rive droite du Damoudour. En quittant Chandernagor, il se dirigea sur Burdwan par la rive de Mirzapour, et revint par le Damoudour, traversant le canal à Oulberia, qui communique depuis quelques années avec l'Hougly, et revint par cette rivière à Chandernagor; 3* à l'est, côté moins fréquenté ou peu connu des Européens, le voyageur s'est dirigé par le canal de Keedrepour, qui sert de communication avec les branches orientales du Gange et de l'Hougly. Ici , pour mieux faire connaître l'exploration de M. Lamare-Picquot, nous allons donner un extrait des notes qu'il nous a communiquées : il contribuera, nous l'espérons, à augmenter l'intérêt qu'elle inspire par ses résultats, et à recom-
mander la personne et les services de ce voyageur, dont on ne saurait louer assez le dévouement désintéressé.
« Le dernier voyage de M. Lamare-Picquot a eu lieu pendant les mois de décembre 1828 et janvier 1829. Il avait avec lui vingthuit personnes, tant marins que chasseurs, préparateurs et deux domestiques. Ces contrées sont dangereuses par la nature des fièvres qui y régnent toute l'année, et des animaux sauvages qui peuplent ces vastes solitudes, que les Anglais appellent siindries ou simder-bands. Les îles renferment plusieurs petits endroits habités portant le nom de bazars et non désignés sur les cartes. Il a visité la ville de Dacca et les grands bazars de Culna, Satalury, Baker Gange. Après avoir suivi la rive droite du grand Gange, il est revenu vers le sud aux branches diverses de ce fleuve, telles que Harengotta et autres peu connues. C'est vers ces lieux et au centre d'immenses forêts désertes qu'il a rencontré trois petits bazars, ou réunion de plusieurs cases appelées Tchampaye, Coëlha;, Campoor, tous au sud de Culna. La position en est difficile à préciser, tant ces îles sont entrecoupées de canaux. Ce sont des lieux de rendez-vous, oii les bûcherons viennent acheter des bambous et du poisson, ainsi que du riz que les Indiens du nord y apportent. On vient y chercher le bois pendant une partie de la mousson nord-est, du mois de novembre jusqu'en février. Le sol est fangeux et l'insalubrité de^ ces îles est funeste; presque toutes ces îles sont submergées dans les grandes marées et lors des débordements du Gange; cependant quelquesunes sont assez élevées pour servir d'asile aux malheureux qui ont la témérité d'y passer la mousson sud-ouest, du mois de mars au mois de septembre.
<' Les individus qui y résident sont musulmans, d'un caractère doux ; quelques-uns sont adonnés au vol, et vont attendre, vers le nord, les voyageurs qui se rendent à Dacca et à Châtigan ; les cauries sont la seule monnaie qui soit à leur usage et qu'ils acceptent. Dévorés par la fièvre, la misère ou les bêtes farouches, ils vivent peu. Ces îles sont infestées, comme les bouches du fleuve, par les crocodiles, les requins et les dauphins. La végétation y est très riche^ et le sol garni de beaucoup d'arbres et
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arbustes particuliers qui se plaisent sur ces rives inondées. Peu d'Européens ont pénétré dans ces solitudes. Autrefois la Compagnie anglaise y envoya quelques pilotes comme explorateurs ; mais, depuis très longtemps, elle a cessé de le faire, ayant reconnu qu'aucune de ces rivières n'était navigable. Le voyageur raconte qu'il était pour les habitants, à cause de la couleur de son teint, un objet de surprise et même d'effroi.
« A Chandernagor et à Calcutta, les amis de M. Lamare-Picquot avaient voulu le détourner de ce voyage, à cause des difficultés et des dangers qu'ils croyaient insurmontables. C'est en usant de moyens hygiéniques pour sa nombreuse caravane, et avec des mesures bien combinées, qu'il est venu à bout de son entreprise et sans grand accident. En avril 1829, il a quitté le Bengale. A la hauteur du cap de Bonne-Espérance, le tonnerre est tombé à bord du navire, a détruit tout le gréement, et il a fallu aller à l'Ile de France pour réparer les avaries. Enfin le voyageur est rentré dans sa patrie au printemps de 1830, rapportant, après quatre années d'absence, la précieuse moisson qu'il avait faite, déposée dans près de cent caisses de toute grandeur. »
C'est de ces objets qu'il nous reste à parler. Déjà les savants naturalistes auxquels est confiée la riche collection du Muséum d'histoire naturelle ont signalé, dans des rapports officiels, l'importance et la nouveauté des objets de ce genre que l'on doit au voyageur. Nous n'avons pas à nous en occuper ici, et nous renvoyons au rapport de MM. Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Duméril et Latreille. L'Académie des belles-lettres et la Société asiatique ont également fait connaître leur opinion sur les objets relatifs à l'archéologie et aux religions de l'Inde'. Sans entrer ici dans de grands détails sur les antiquités indiennes de la collection, sujet traité à fond par ces deux compagnies savantes, nous nous appliquerons plus particulièrement à ce qui regarde les sciences géographiques et ethnographiques.
Les circonstances favorables auxquelles nous avons fait allusion au commencement de ce rapport, consistent en ce que les
1) Voyez plus haut n"^ XXI et XXII. (E. H.)
soldats anglais revenus de la conquête du pays des Barmans, faite en 1825, en rapportèrent au Bengale une multitude d'objets curieux. M. Lamare-Picquot s'empressa d'en faire l'acquisition. La plupart sont relatifs au culte de Bouddha. Ils sont, selon lui, l'ouvrage des habitants des parties orientales du Tibet. Depuis trois siècles que les Européens occupent l'Inde, ils n'y avaient pas encore porté la guerre. En 1825, les temples furent pillés par l'armée anglaise, et c'est ainsi que ces objets précieux tombèrent pour la première fois au pouvoir des Européens. Les statues et statuettes de la collection représentant le personnage de Bouddha sont aussi nombreuses qu'elles sont variées pour les matières, parmi lesquelles nous citerons le bronze, le cuivre, le marbre doré, le plomb, l'argent, l'albâtre, le bois de tek doré, etc. Un de ces Bouddahs en marbre a plus de treize décimètres. On remarque des bas-reliefs en bois où estfiguré l'animal fabuleux des bas-reliefs de Persépolis, et d'autres objets travaillés aussi par les Barmans.
Le culte de Brahma a fourni au voyageur plus de trois cents statues, statuettes, figurines ou bas-reliefs en marbre, en terre cuite, etc. On y distingue le Dieu forestier^ divinité inférieure, protecteur des bûcherons et des pêcheurs contre la fureur des tigres et des crocodiles : cette figure a été trouvée dans l'île la plus méridionale des bouches du Gange. On remarque encore de grands modèles ou imitations des temples ou pagodes, en plâtre et en terre cuite, ayant deux mètres de haut ; d'autres sont en cuivre.
Les nombreux vases recueillis par M. Lamare-Picquot sont destinés, les uns aux cérémonies religieuses, et les autres aux usages domestiques. Ils sont en cuivre, en terre cuite, en pierre : dans le nombre sont des lampes et des réchauds servant aux offrandes, aux sacrifices et aux cérémonies funèbres.
On trouve dans la collection des tableaux sur toile, représentant les sujets divers de la mythologie des Indous ; plus quarante-cinq figures représentant des personnages chinois des deux sexes, travaillées en terre, en bois et autres matières, et qui se rapportent aux différentes professions civiles, sans parler de
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quatre-vingts autres fragments chinois très diversifiés, en marbre et en porcelaine.
Nous citerons des instruments appelés laipoor, à l'usage des bayadères ou danseuses ; des roullys ou bracelets en cuivre, en laque; des modèles de palanquins, des pankas (éventails), à l'usage des dames mongoles, et formés d'une grande feuille de mika transparent, des boîtes à parfum, des instruments de musique et de gymnastique à l'usage des Mongols et des Tibétains, des gourgoulis (houka) à l'usage des deux sexes, semblables aux narguilé ou caliun (pipes persanes), des instruments à corde rappelant le grand rehab des Arabes ; les armes diverses à l'usage des soldats mongols et des Tibétains^ telles que lances, arcs, flèches, le dhall (bouclier), le tarouar (sabre), le tore dar (fusil à mèche), le katak (poignard) ; plus des poignards tibétains formés de deux cornes, à l'usage des montagnards, et des instruments de jeux jusqu'ici inconnus.
Parmi les objets d'amusement, on distingue des règles longues et assez larges, travaillées à jour et en spirales. Des pièces mobiles y sont ajustées, et quand la règle est debout, ces pièces abandonnées à la pesanteur descendent le long de l'hélice avec bruit. C'est probablement pour récréer ou distraire les enfants que ce jeu a été imaginé.
Enfin il y a dans la collection différents meubles et ustensiles domestiques à l'usage des Indiens, des Mongols et des Tibétains.
Il faut insister ici sur le dunkara, sorte d'arc très grand, dont la corde est une chaîne en fer extrêmement pesante, mais cette chaîne est composée de grands anneaux et plaques sonores : il est à l'usage des Tibétains et des Mongols. C'est un instrument de gymnastique^ non pour tirer de l'arc, mais pour exercer les jeunes gens, et donner de la force et de la souplesse à leurs membres. En efl'et, celui qui s'exerce doit passer la tête entre l'arc et et la corde, ce qui exige une très grande force.
Mais une des suites les plus curieuses de la collection est une cinquantaine de figures en terre cuite représentant les différentes castes des Hindous des deux sexes. Cette série de figures, de trois à quatre décimètres d'élévation, est précieuse sous tous les
rapports. Non-seulement elle est faite dans le pays même et par la main des indigènes, ce qui lui donne bien plus d'autorité que les dessins des voyageurs, faits plus ou moins rapidement, avec plus ou moins de fidélité, et ensuite toujours un peu altérés par la gravure ; mais encore elles sont exécutées avec une adresse qu'on n'aurait pas supposée dans les artistes du pays. Les physionomies surtout sont étudiées avec une délicatesse toute particulière ; les traits du visage, la couleui" du teint, la chevelure et tous les traits de la conformation extérieure sont retracés avec un soin minutieux. Ajoutons-y les poses et les attitudes des personnages des deux sexes, les instruments et les attributs des professions diverses et des conditions civiles, domestiques ou religieuses ; p^r exemple, les brahmes, les fakirs, les magistrats, les artisans, les militaires, et jusqu'au porteur d'outre à eau^ qu'on prendrait pour le sacca dÉgypte. En outre, les costumes sont de la forme exacte et de l'étotïe même du pays. On remarquera encore ici, sous le rapport de l'art, le progrès qu'ont fait les artistes indigènes pour l'expression des muscles du corps et de toutes les parties de la figure humaine.
Voilà pour ce qui regarde les objets recueillis dans les Indes orientales, en supprimant un grand nombre de détails minutieux. Mais M. Lamare-Picquot n'a pas négligé de se procurer au Cap des objets semblables provenant de l'intérieur de l'Afrique. On sait que l'industrie des Africains est plus grossière : cependant il était bon de recueillir quelques ouvrages de leurs mains. Le voyageur a rapporté des figurines représentant des Cafres et des Hottentots des deux sexes avec les costumes du pays, ainsi que des tabliers ornés de perles, des costumes plus ou moins riches, des talismans appartenant à des princes de la partie orientale, tels que le fanfoidi^ attribut royal que le prince porte à la ceinture; il est d'une forme compliquée, bizarre et richement garni en argent ; ensuite des armes et des armures de la partie nordest, des boucliers en peau d'hippopotames, et beaucoup d'autres objets qu'il serait trop long d'énumérer ; plusieurs viennent de Madagascar. Quoique d'un aspect peu brillant et peu flatteur à l'œil, tous ces ouvrages de l'industrie orientale et africaine sont
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bons à rassembler. Ils rempliront des lacunes et trouveront place dans une bonne disposition méthodique.
L'utilité scientifique d'une collection d'objets de cette espèce est la première chose qu'on doit avoir en vue. Il ne s'agit pas seulement de les rassembler sans ordre ou d'en augmenter le nombredeplusenplus; ilfaut encore qu'ils soient placésàla portée des sources d'instruction géographique, c'est-à-dire les relations des voyages auxquelles on en est redevable, la description des lieux d'où ils viennent et des peuples qui les ont façonnés, les cartes du pays d'oii on les a transportés et des routes qu'il faut suivre pour en recueillir de semblables, ou rapporter des objets moins connus. Tel est l'ensemble des moyens d'instruction qu'il faut rapprocher l'un de l'autre. C'est par là seulement que le public recueillera quelque fruit de ces collections, et c'est alors aussi seulement que les gouvernements seront disposés à faire des sacrifices pour acquérir les objets d'ethnographie. En effet, tant que ces morceaux ont passé pour être de simples pièces de curiosité, sans aucun rapport avec une application quelconque aux besoins civils, au commerce ou à l'industrie, on conçoit et on excuse l'indifférence avec laquelle ils étaient considérés. Aussi ceux que les voyageurs ont rapportés avec eux depuis un siècle ont péri pour la plupart,, ou ont été disp'ersés sans aucun résultat. Nous citerons un seul exemple : c'est la triple collection que feu Leschenaut de la Tour a transportée à Paris et dont il ne reste rien dans les établissements publics. Les seuls instruments de musique auraient dû déterminer à prendre alors une mesure pour conserver et recueillir les objets de cette nature.
Il suit de ces réflexions que l'on doit saisir les occasions qui se présentent de former des collections d'ethnographie, autant pour le progrès de la science et des études géographiques et historiques que pour l'avantage et l'accroissement de nos relations avec les contrées lointaines. Nous pensons que la collection de M, Lamare-Picquot doit être placée au premier rang de celles qu'il est désirable de posséder , pour en faire jouir la science et le public français. Nous pensons aussi que ce voyageur
a bien mérité de la géographie, et qu'il est digne des éloges de la Société pour le zèle qu'il a déployé, le dévouement dont il fait preuve et les heureux résultats qui ont couronné ses efforts.
Paris, le 23 février 1832.
Signé : Bianchi, J.-B. Eyriès ;
JOMARD
Rapporteur.