N° LVI
DIVISION Des Sciences et MINISTÈRE DE L INSTRUCTION PUBLIQUE
^^^ ^^^^^- Paris, le 20 avril 1833.
Monsieur le directeur, J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire en réponse à celle que je vous avais adressée, au sujet de la
réclamation, formée par M. le ministre de la Marine, de plusieurs objets de curiosité et d ethnographie, qui lui paraîtraient devoir être restituées à son département, pour concourir à la formation du Musée naval du Louvre.
J'examinerai, avec la plus grande attention, les observations et les renseignemens que vous me présentez dans cette lettre, mais, avant de rien décider à cet égard, il me semble indispensable de discuter préalablement une autre question, que je vous prie de soumettre au Conservatoire.
L'ordonnance royale de 1828, en créant à la Bibliothèque royale un 5" département, avait réglé qu'on y réunirait les objets que rapporteraient les voijageurs ; cette disposition n'a pas été abrogée par l'ordonnance de 1832, qui fait du 5« département une annexe de celui des estampes.
Depuis lors, une commission spéciale a été nommée, en 1831, par M. le ministre du Commerce et des Travaux publics, pour examiner si la création d'un musée ethnographique serait utile et, dans le cas de l'affirmative, indiquer quel emplacement devait être adopté de préférence à tout autre pour l'établissement de ce musée.
Cette commission fut d'avis que la fondation d'un musée de ce genre serait une mesure utile ; quant au choix du local le plus convenable, elle pensa que ce musée serait bien placé à la Bibliothèque royale.
Au moment où, d'une part, la réclamation de M. le ministre de la Marine, à laquelle je voudrais pouvoir répondre le plus tôt possible ; de l'autre, le projet de translation de la Bibliothèque royale et l'examen des plans soumis au conseil des bâtimens civils, me fournissent l'occasion de vous rappeler la disposition de l'ordonnance de 4 828 et Tavis de la commission créée en 1831, je désire être éclairé d'une manière précise sur les avantages et les inconvéniens qui pourraient résulter : 1° de la formation d'un musée ethnographique ; 2° de son établissement auprès de la Bibliothèque royale.
Je voudrais savoir si la réalisation d'un tel projet n'entraînerait pas, non seulement de grandes dépenses de personnel et de
matériel pour la Bibliothèque, mais encore une modification considérable dans les plans qui doivent être examinés par le conseil des bâtimens civils.
Je vous prie, Monsieur le directeur, de vouloir bien communiquer au Conservatoire, dans l'une de ses plus prochaines séances, les questions que j'ai l'honneur de vous proposer. Je désire être mis à portée de prendre à cet égard une décision définitive et motivée, dans le plus bref délai possible.
Agréez, etc.
Le mijiistre- secrétaire d'Etat au département de l'Instruction publique.
GUIZOT