‹ Les origines du pangermanisme (1800-1888);Chapitre 21 sur 98 · V. — Le pangermanisme antibismarchien · texte numérisé non relu

V. — Le pangermanisme antibismarchien

Peut-être ïreitschke a-t-il dévoilé de la sorte l'arrièrc-pensée de Bismarck. Mais peut-être aussi n'était-

il qu'une extrême pointe d' avant-garde, qui gardait dans l'exploration de l'avenir une initiative propre dont Bismarck n'eut pas approuvé toutes les témépités. L'effort propre de Bismarck a été d'assurer par la force à la politique allemande les points d'appui dont elle avait besoin pour l'avenir. Il s'est arrêté sur ces points d'appui. Il n'y a pas de témoignages qui attestent qu'il méditât pour la Prusse et pour l'Allemagne une marche offensive par delà les frontières fixées par les traités de 1864, de 1866 et de 1871. C'est pourquoi il fut attaqué, sa vie durant, par les publicistes et les partis qui lui reprochaient d'avoir recommencé la « faute frédérieienne ». Bismarck faisait une Allemagne militairement plus forte, mais politiquement diminuée. Il n'était pas sur ({ue les rancunes de l'Autriche ne seraient pas Icnaees. Eùt-elle été réduite à l'impuissance, eiit-ellç été une amie conciliante, le seul fait de l'avoir exclue rendait désormais impossibles des ambitions (pii pour la « (irande Allemagne » ancienne n'étaient j)as cliimériques. Le pangermanisme nouveau a pour soubassement l'ancien parti « grand allemand », pour qui l'Autriche devait rester partie intégrante de l'Allemagne, (l'est bien le Saint-l'-mpire romain (|u'il compte restauier, et il pense (pi'il ne sultil pas, pour le ressusciter, (ju'on donne le nom d'Empire allenuind à la Prusse agrandie. Deux publicistes (h' gniiid tah'ul, Paul(l<> Lugardc et ('oiislantii) V'ianl/, ont re|)résenlé, du vivant <le Bismarck, (-(^tle ainbilieiise pensée; et parce (pie la polit i<nie brutale, inaÎB pru<lente, du cliancelier leur paraissait trahir et rapetisser la mission allenuindc^, ils ont |)assé leur

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