COLONISATION DE L ASIE
Enfin, j'attirerai de nouveau rattention sur un point qui nous a plusieurs l'ois déjà arrêtés et qui frappe tout liomme politique soucieux d'examiner l'état actuel des choses. Admettons que la j^aix se maintienne dix ans, qu'aucune épidémie, peste ou autre mal jusqu'alors inconnu, ne s'abatte sur les populations qu'elle décimerait, et maints pays d Europe, notamment l'Allemagne, la France et l'Italie regorg^eront d'habitants. De ces trois peuples, l'Allemand est celui qui s'expatrie le plus volontiei*s pour des destinations diverses et surtout, pour l'Amérique.
Mais il est possible qu'un jour s'arrête cet écoulement de forces vers le Mouveau-Monde. Déjà le fait se produit l>our les Franyais t[ui ne jmssèdenl plus en Amérique que de rares colonies. Et uloi^s, où se répandra donc l'essaim Inninlimnant de ces émigi'anls franvais (jui s'éparpillent, tout couime les Alleuiands, dans le vaste monde? Ch'i faudra-t-il (ju'ils aillent et où voudront-ils se lixer? Mai», en Allemagne! en Allemagne! Les Français ne se gênent pas pour nous le dire et nous le saurions, quand bien même ils n'eu souilleraient mot.
Telle est la jierspective qui nous allend. Certes, nous n'allonn pas trcmblci*, hésitants, à letle pensée. Il n'y a pour nous aucun «langer, si une concorde fraternelle res- Hcrre Icit li<>n8 qui nous unis.sent ; mais il n'en est pus moinH vrai (|ue celte perspective d'incessantes querelles an Mujet de riens ne |»eut guère nous causer de joie.
l'nc nécessité à lu fois religieuse cl polit i(|uc nous coiitmini donc à trouver un nouvciui cliamp de travail
ERNST-MORIT/. ARNDT 9<)
OÙ l'Europe pourra utiliser de manière plus noble l'excès de sa population. Il est temps maintenant d'abandonner l'Ouest, et il nous faut diriger nos regards vers l'Est; que l'Europe se souvienne de ces terres qui furent le berceau de sa civilisation. Quelle belle et noble tAclie là-bas pour la Sainte-Alliance! Il faut que le flot européen s'écoule vei's l'Asie et l'Afrique, afin de rajeunir par le christianisme et par l'humanité ces peuplades que la barbarie la plus grossière a perdues pour le travail et la civilisation. D'ailleurs elles habitent des contrées merveilleuses. C'est la Barbarie, l'Egypte, la Syrie, l'Asie- Mincure et la Grèce toute frangée d'îles charmantes. Si la Chrétienté entreprenait sous forme de croisade ce grand acte d'humanité, si des ai-mées et des flottes européennes allaient s'emparer à l'avance des forteresses et des ports et si, les suivant, de joyeux colons allaient occuper le pays, l'Asie et l'Afrique redeviendraient enfin chrétiennes et l'Europe glorifiée de ce côté de la mer cesserait d'être inquiétée là aussi. L'exécution d'un tel plan serait facile, l'Egypte Ta bien prouvé, puisque avec 'io.ooo hommes un général français en fit la conquête en quelques semaines et s'y installa si solidement que les Européens seuls purent l'en chasser.
Là du moins notre sang serait répandu pour des fins hautes et sacrées, pour la civilisation et le christianisme. Mais ne l'aut-il pas comi)ter avec la politique, l'égoïsme, la jalousie et les passions jwirticulières des diflérentes ymissances? Si simple que cela puisse être avec un peu de ])onne foi, jamais la concorde libre et chrétienne des j)euples ne pourra opérer cette grande œuvre.
(}eist der Zeit, IV, 43.
lOO LES ORIGINES DU PANGERMANISME